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En Couv’. Ces jeunes femmes qui font bouger le secteur de la tech

Depuis plus de dix ans, les femmes s’imposent dans le secteur de la Tech, occupant des postes de dirigeantes de start-up, développeuses de logiciels et investisseuses. En parallèle, de nombreux réseaux féminins se développent dans ce domaine.

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Lorsqu’on évoque les figures marquantes de la high-tech et du digital, ce sont souvent des visages masculins qui nous viennent à l’esprit. Pourtant, depuis plus d’une décennie, les femmes s’imposent progressivement dans cet univers. Désormais, elles dirigent des start-up, développent des logiciels ou investissent dans de jeunes pousses en tant que business angels.

Au Maroc, la révolution des technologies de l’information amorcée dans les années 2000 a permis à plusieurs femmes de se distinguer dans le secteur. Aujourd’hui, des dirigeantes émergent, à l’image de Malika Ahmidouch, co-fondatrice de la start-up Airshore.

Spécialisée dans les solutions d’intelligence artificielle, cette entreprise est devenue un partenaire clé pour les entreprises souhaitant naviguer dans le cloud et l’analyse de données. Ou encore, Salma Kabbaj, co-fondatrice et DG d’Impact Lab, un accélérateur africain d’innovation créé en 2015.

Depuis quelques années, elle milite pour le renforcement de l’écosystème des start-up africaines et le soutien de l’émergence de solutions novatrices face aux défis socioéconomiques du continent.

Son engagement pour le développement des entreprises innovantes l’amène à s’impliquer au sein de la Fédération marocaine de l’écosystème start-up MSEC en tant que membre fondateur, ainsi qu’à occuper le poste de vice-présidente de la Commission start-up et transformation digitale de la CGEM.

Une parité encore lointaine
Si certains progrès sont visibles, la route vers une véritable parité reste longue. Le secteur de la technologie, en plein essor depuis plusieurs décennies, continue de souffrir d’une sous-représentation féminine, notamment aux postes de direction.

À l’échelle mondiale, les femmes occupent environ 25% des emplois dans la tech, un chiffre qui reste en deçà de leur part dans la population active globale. Aux États-Unis, elles représentent 28% des effectifs, une proportion similaire en Europe avec des variations selon les pays et les sous-secteurs (intelligence artificielle, cybersécurité…).

Les écarts se creusent davantage pour les postes de direction. D’après une étude de McKinsey, seuls 15% des cadres dirigeants dans les entreprises technologiques sont des femmes, et ce chiffre chute à 5% pour les CEO de grandes entreprises cotées.

En 2023, sur les 500 plus grandes entreprises américaines, 10% seulement des CEO étaient des femmes, et encore moins dans la tech. Plusieurs raisons expliquent cette situation. La fracture commence dès les études supérieures : les filières STEM (Sciences, technologie, ingénierie et mathématiques) restent majoritairement fréquentées par les hommes.

En 2022, les femmes ne représentaient que 35% des diplômés en STEM à l’échelle mondiale. Sur le marché du travail, elles se heurtent à des stéréotypes de genre, à des environnements peu inclusifs et à des écarts de salaires.

Le phénomène du «plafond de verre» est particulièrement prégnant dans la tech. Même lorsqu’elles accèdent à des postes intermédiaires, les femmes peinent à atteindre les niveaux de décision les plus élevés. Les réseaux informels de mentorat, souvent dominés par des hommes, jouent un rôle crucial dans les promotions, excluant fréquemment les femmes de ces opportunités.

Au Maroc, le constat peut être similaire. Les femmes restent sous-représentées dans les secteurs de pointe, malgré des initiatives pour encourager leur accès aux filières STEM. Selon les données disponibles, elles représentent moins de 30% des étudiants en ingénierie et en informatique dans les grandes écoles marocaines.

Par ailleurs, une fois sur le marché du travail, les freins à la progression de carrière demeurent. Les stéréotypes de genre persistent, et les femmes rencontrent des difficultés à concilier vie professionnelle et vie familiale, souvent perçues comme des freins à leur ambition.

Encourager l’inclusion
Pour inverser la tendance, de nombreuses initiatives voient le jour, visant à renforcer la présence féminine dans la tech. Des programmes comme Girls Who Code, Women in Tech ou Digigirlz encouragent les jeunes filles à s’orienter vers ces métiers et soutiennent les femmes dans leur parcours professionnel.

Les géants du secteur, tels que Google, Microsoft ou IBM, s’engagent également pour la diversité. Ils mettent en place des politiques de recrutement favorisant l’équité de genre et des programmes de mentorat dédiés.

Ces efforts commencent à porter leurs fruits, bien que la progression demeure lente.
Au Maroc, plusieurs initiatives visent à renforcer la présence féminine dans le secteur technologique. Parmi celles-ci, Women in Tech Maroc se distingue par son engagement à promouvoir les carrières féminines dans les domaines de la technologie et du digital.

Ce réseau propose des programmes de mentorat, des formations et des événements pour créer des opportunités pour les femmes marocaines dans la tech. Il s’efforce également de connecter les étudiantes, professionnelles et entrepreneures avec des acteurs locaux pour encourager une plus grande représentation féminine dans ce secteur.

Une autre initiative notable est WoGiTech (Women & Girls in Tech), qui cherche à améliorer la diversité dans la tech en organisant des événements et en offrant des plateformes de visibilité aux jeunes innovatrices marocaines.

En participant à des rencontres internationales comme VivaTech, ce collectif contribue à l’émancipation numérique des jeunes filles au Maroc. Ces actions s’inscrivent dans un contexte plus global où la diversité et l’inclusion sont des enjeux centraux, notamment soutenus par de grands groupes internationaux, tels que Google et Microsoft, qui étendent leur impact à travers des partenariats locaux pour encourager les femmes dans les carrières technologiques.