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Crédit du Maroc : Une vente au public pour améliorer la liquidité
Avec la cession de 11,3% du capital en Bourse, le flottant passera alors à près de 22%, ce qui permettra de donner davantage de liquidité et de visibilité au titre. Une offre publique de vente est lancée, du 28 octobre au 1er novembre, et servira à financer la poursuite de CDM Boost, un important programme de développement initié par la banque.
Holmarcom Finance Company (HFC) a initié une offre publique de vente des actions Crédit du Maroc. Cette opération vient suite à l’acquisition par le groupe Holmarcom de 78,7% du capital et des droits de vote de son actionnaire de référence, Crédit Agricole France, en 2022. Désormais sous le giron de Bensalah, la banque vit un tournant décisif en ouvrant son capital au grand public.
Les ambitions sont claires et s’articulent essentiellement autour de l’autonomie de la banque, la diversification de ses métiers, ainsi que sa rentabilité.
Cette OPV concerne 1,2 million d’actions, soit l’équivalent de 11,3% du capital de la banque. Les titres sont proposés à un prix unitaire de 850 DH, pour un montant global d’un peu plus d’un milliard de dirhams.
Holmarcom détient actuellement 65,9% du capital de la banque, à travers HFC, et 12,8% via AtlantaSanad. À l’issue de cette OPV, la participation de HFC devra se situer à 54,61%.
Ainsi, en rajoutant la participation d’AtlantaSanad, qui demeure inchangée à 12,8%, le groupe Holmarcom devrait détenir 67,4% du capital et des droits de vote de la banque. Cette opération fera passer le flottant de 10,54 à 21,84%, soit quasiment le double.
En plus d’augmenter le flottant, contribuant ainsi à la liquidité du titre, l’OPV vise plusieurs autres objectifs. Elle entend ainsi faire bénéficier les actionnaires historiques mais aussi les nouveaux de la dynamique de développement dans laquelle s’inscrit la banque suite au changement de son actionnaire de référence, libérer des capacités additionnelles pour poursuivre le plan de développement de HFC, soutenir le développement de ses filiales, ainsi qu’associer l’ensemble des collaborateurs du CDM et de ses filiales au développement de la banque.
CDM Boost, la recette clé de la banque
Ces objectifs s’inscrivent dans le cadre des orientations stratégiques intégrées dans le plan CDM Boost à l’horizon 2028, dont le but est de hisser les performances commerciales et financières de la banque, tout en repositionnant son périmètre et en hissant son niveau au rang des banques universelles.
Quatre axes fondamentaux sont définis dans ce plan de développement, dont l’accélération de la dynamique commerciale de la banque.
L’ambition de celle-ci est alors d’élargir sa base clientèle pour toucher le cœur de l’économie marocaine. D’une banque élitiste, la banque vise une réorientation vers la large classe moyenne, tout en se tournant également vers les TPE et PME. À côté de cela, la banque s’attelle à améliorer l’expérience client, en diversifiant ses canaux de distribution à travers la création de directions régionales et en misant sur le digital comme moyen de réaliser les transactions et opérations quotidiennes.
Crédit du Maroc œuvre également à poursuivre les grands chantiers de transformation afin de construire un modèle opérationnel agile et compétitif.
À ce titre, en plus de la modernisation des infrastructures digitales, la banque a déployé bien des efforts pour mettre à niveau ses filiales, avec la création d’une nouvelle, CDM Capital Bourse, en octobre dernier.
En plus, il s’agit aussi de renforcer les standards en matière de gouvernance, de pilotage des risques et de conformité. Pour la réussite de ce programme, CDM investit notamment dans le capital humain, à travers des programmes de formation et de développement.
PNB en croissance de 10% à fin 2026
Ce plan de développement devrait se traduire par des performances commerciales et financières en augmentation d’une année à l’autre. À fin 2026, la banque compte situer l’encours de ses dépôts à 64,6 milliards de dirhams, en croissance annuelle moyenne de 7,7% depuis 2023.
L’encours des crédits, lui, devrait atteindre 68 milliards de dirhams, soit un taux de croissance annuel moyen de 10%. Ainsi, le Produit net bancaire devrait s’accroître de 8% entre 2023 et 2026, à 3,7 milliards, et le RBE de 12% à près de 2 milliards de dirhams. Les ratios de solvabilité, de leurs côtés, devraient rester conformes aux exigences réglementaires avec un Tier 1 de 11% et une solvabilité de 13%.
D’ici à fin 2024, l’activité commerciale de la banque devrait se solder par une hausse des dépôts de 12% et des crédits de 3,5%. Ce qui aboutirait à un PNB de 3,1 milliards de dirhams, en croissance de 7,8%, et des bénéfices qui devraient totaliser 664 MDH, en amélioration de 33%.
Par ailleurs, la valorisation de la banque se situe à un niveau intéressant par rapport au marché, avec un PNB de 1,3 contre une moyenne du marché de 1,5 et un PER de 13,9 au lieu de 16 en moyenne.
Au vu de ces croissances attendues, une internationalisation pourrait être envisagée. Niet, assure le top management de la banque. L’international n’est pas dans les objectifs du Crédit du Maroc ni dans la vision de Holmarcom Finance Company, que ce soit à court ou à long terme.
En revanche, le top management assure que la volonté de diversifier les marchés dans le continent africain est toujours présente et HFC devra poursuivre son développement dans ces pays.
L’OPV structurée en trois tranches
L’opération, dont la période de souscription s’étale du 28 octobre au 1er novembre, est structurée en trois tranches. La première est réservée aux investisseurs, avec un minimum de souscription de 3 millions de dirhams. C’est une part de 63,4% du montant global de l’opération qui est réservée à cette catégorie, soit 655 MDH, avec un nombre d’actions à céder de 770.737.
La deuxième, elle, ne requiert aucun minimum de souscription. Elle représente 31,7% de l’offre avec 327 MDH. La dernière tranche, elle, est au profit des collaborateurs du groupe, représentant ainsi 4,84% de l’offre, et est proposée avec une décote importante, au prix
de 680 DH.
