Vidéos
Carlinhos Brown met à l’honneur les liens musicaux entre le Brésil et le Maroc
Le musicien et percussionniste brésilien Carlinhos Brown a signé son retour au Festival Gnaoua et Musiques du Monde, où il a une nouvelle fois mis en lumière les passerelles culturelles entre Bahia et le Maroc.
La 27e édition du Festival Gnaoua et Musiques du Monde s’est achevée, dimanche soir, sur la place Moulay Hassan avec l’un des moments les plus marquants de cette édition.
Devant une foule compacte, le percussionniste et chanteur brésilien Carlinhos Brown a retrouvé la scène du festival pour une création exceptionnelle aux côtés de Maâlem Hamid El Kasri, offrant une fusion saisissante entre les rythmes afro-brésiliens de Bahia et les sonorités spirituelles de la tradition gnaouie.
Dès les premières notes, les deux artistes ont installé un dialogue musical d’une rare intensité. L’image de Carlinhos Brown donnant le rythme aux côtés de Maâlem Hamid El Kasri, porté par le guembri, a symbolisé bien plus qu’une simple rencontre artistique. Elle a incarné les liens historiques et culturels qui unissent les héritages africains du Maroc et du Brésil, séparés par l’histoire mais réunis par la musique.
Dans des déclarations accordées en marge du concert, l’artiste brésilien a souligné les nombreuses similitudes entre les traditions musicales des deux pays.
«Il y a beaucoup de ressemblances entre les deux cultures. Ici, c’est le rythme caracatu, au Brésil, c’est le maracatu. Le chant est très similaire au chant de la capoeira et au chant du Nordeste du Brésil», a-t-il expliqué, estimant que «la musique brésilienne est profondément africaine» et que les structures rythmiques et spirituelles du répertoire gnaoui lui sont immédiatement familières.
Pour Carlinhos Brown, cette rencontre dépasse largement le cadre artistique. «La famille séparée se retrouve ici», a-t-il résumé avec émotion, voyant dans le Festival Gnaoua un espace où les héritages africains dispersés à travers l’Atlantique renouent naturellement le dialogue.
L’artiste a également salué la vocation du festival, qu’il considère comme un lieu d’échange et d’apprentissage. «Ce festival est très important parce qu’il parle d’une culture profondément engagée avec le monde et qui cherche à préserver l’authenticité de la musique», a-t-il déclaré, insistant sur le fait qu’une fusion réussie repose avant tout sur « le respect et l’authenticité ».
Connu pour son énergie débordante et son rôle majeur dans le développement du samba-reggae et des musiques de Bahia, Carlinhos Brown a livré une prestation intense, mêlant ses propres compositions aux répertoires gnaouis. Après cette création, Maâlem Hamid El Kasri a poursuivi la soirée avec son groupe en interprétant plusieurs pièces emblématiques, notamment Lalla Aïcha et Baba Mimoun, transformant la place Moulay Hassan en un immense chœur populaire.
Déjà invité du festival en 2017, Carlinhos Brown a confié vivre un «moment exceptionnel» lors de ce retour à Essaouira. Il a révélé apprendre actuellement à jouer du guembri et nourrit l’ambition d’interpréter un jour un morceau gnaoui dans sa forme la plus traditionnelle, convaincu que la rencontre entre les cultures doit s’appuyer sur une connaissance profonde de leurs racines.
Cette soirée de clôture a parfaitement illustré l’esprit qui anime le Festival Gnaoua et Musiques du Monde depuis sa création : faire dialoguer les traditions, les mémoires et les patrimoines musicaux à travers des créations inédites où la rencontre ne relève pas de l’effet de mode, mais d’une histoire commune.
Réunissant près de 460 artistes marocains et internationaux du 25 au 27 juin, cette 27e édition a une nouvelle fois confirmé la place d’Essaouira comme capitale du dialogue interculturel et du métissage musical, où les rythmes africains, arabes et afro-brésiliens continuent de raconter une mémoire partagée et de construire des ponts entre les continents.