Start-Up
Retail-Tech : Le e-commerce au Maroc en pleine effervescence (2/2)
En 2023, le secteur du e-commerce marocain a explosé avec 28,1 millions de transactions en ligne pour 9,6 milliards de dirhams, en hausse de 35,6% en volume et 24,3% en valeur par rapport à 2021.
Marketplace qui connecte vendeurs et clients
Hoojan est une marketplace marocaine spécialisée dans la santé, la beauté, les vêtements de sport et la technologie sportive. Au départ, le jeune entrepreneur s’est concentré sur les suppléments sportifs avec sa plateforme Goprot. Quelques années plus tard, son parcours a évolué vers une marketplace plus diversifiée, Hoojan, qui connecte vendeurs et clients au Maroc. Actuellement, Hoojan se spécialise dans les catégories santé, beauté, vêtements de sport et technologie sportive. «Nous offrons à nos vendeurs un service complet à 360 degrés, en gérant tous les aspects physiques liés à leur boutique en ligne, de la logistique à la livraison en passant par le paiement, pour qu’ils puissent se concentrer sur l’amélioration ou la fourniture des meilleurs produits à nos clients», explique le fondateur. Cependant, l’aventure n’est pas sans défis. L’infrastructure du commerce en ligne reste à développer au Maroc, avec des frais de transaction et d’expédition élevés, un système fiscal rigide sur le paiement à la livraison, et plus de 70% des achats en ligne réalisés en espèces à la livraison. «90% des produits vendus en ligne sont importés, ce qui les rend coûteux», poursuit-il. Pour l’avenir, la start-up ambitionne de trouver des investisseurs pour lancer une application de shopping en ligne et ouvrir un nouveau centre logistique. Cela permettra d’augmenter le nombre de produits offerts sur Hoojan et de recruter de jeunes talents.
Transformer les épiceries en points de collecte
Mziya est une plateforme de déstockage pour les commerces de proximité, visant à structurer le réseau des épiceries et supérettes. Elle propose des services de relais de livraison et des campagnes de promotion ciblées pour augmenter la visibilité et les ventes des petits commerçants. Elle a été lancée début 2023 par deux frères, avec pour objectif principal de créer un écosystème où les fournisseurs locaux, les détaillants et les consommateurs collaborent de manière harmonieuse. «Notre objectif est de structurer le réseau des commerces de proximité (épiceries, supérettes…)», note Younes Sahsah. La start-up propose notamment un service de relais de livraison, transformant les épiceries en points de collecte. Cela permet aux commerçants d’attirer une nouvelle clientèle tout en offrant aux consommateurs une option de livraison pratique et rapide. La jeune pousse entend également leur proposer des campagnes de promotion essentielles pour leur visibilité et leur croissance. La plateforme fournit des outils pour lancer des campagnes de promotion ciblées, utilisant des données analytiques pour maximiser l’impact. Les épiciers peuvent ainsi mieux atteindre leur clientèle locale avec des offres spéciales et des réductions. Le défi est ambitieux : structurer un réseau de 100.000 commerces de proximité.
Programme de fidélité pour les enseignes
Tookeez est spécialisée dans la fidélisation client. Elle propose un système universel d’agrégation des points de fidélité de diverses enseignes au sein d’un même portefeuille numérique.
Elle a récemment levé 15MDH auprès d’Azur Innovation Fund et prévoit d’accélérer sa croissance au Maroc, à travers le continent africain et dans la région MENA, tout en investissant dans le développement technique, en particulier dans la technologie blockchain. L’entreprise prévoit de s’étendre dans un deuxième pays africain d’ici 2026. Elle ambitionne également d’atteindre 4 millions d’utilisateurs d’ici 2028, avec l’objectif de devenir un véritable écosystème d’inclusion économique et financière pour le continent.
“Boucheraoute” à l’heure de la tech
IDYR (qui signifie vivre en amazigh) valorise l’artisanat marocain en créant des accessoires de mode et de décoration à partir de chutes textiles. Basée à Tit Mellil, la start-up emploie des femmes rurales et vend ses produits aussi bien au Maroc qu’en France, avec une ambition de conquérir le marché américain. La marque revalorise la technique ‘Boucharouite’, qui consiste à utiliser des chutes de tissus provenant des usines de confection de Casablanca pour créer des objets du quotidien, tels que des couvertures, des sacs, des tapis et des accessoires de décoration intérieure inspirés des ambiances marocaines. Les fondatrices ont visité plus de 20 villages dans la région de Casa-Mohammedia, où des femmes artisanes utilisent habilement la technique ‘Boucharouite’ dans le tissage traditionnel marocain. Les produits IDYR sont écologiques et faits à la main, répondant au problème des déchets de l’industrie textile au Maroc, qui voit entre 4 tonnes par mois et 1 tonne par heure de chutes de tissus générées.
Booster la digitalisation des artisans
MyTindy a une mission simple mais puissante : mettre en lumière le talent des artisans marocains à travers le monde. Grâce à sa plateforme intuitive dopée à l’intelligence artificielle, les artisans, créateurs et coopératives peuvent vendre leurs créations, que ce soit au Maroc ou à l’international, même s’ils n’ont jamais touché un livre ou un clavier! Avec déjà plus de 350 artisans et 10.000 produits au compteur, MyTindy a expédié des trésors faits main dans plus de 40 pays. Et ce n’est que le début : la start-up vise à conquérir une vingtaine de marchés arabophones, comme l’Égypte, où l’artisanat est aussi riche et varié qu’au Maroc. Entre 2020 et 2021, le chiffre d’affaires a grimpé de plus de 200% et, cerise sur le gâteau, la start-up a signé un accord avec le ministère de l’Artisanat pour booster la digitalisation des artisans marocains, en les formant à la vente en ligne. MyTindy a été également sélectionnée pour rejoindre le prestigieux programme «Google for Start-up Accelerator MENA».
