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Start-Up

« Nous avons construit une plateforme utilisée par des milliers d’entrepreneurs dans le monde »

L’un des fondateurs de la start-up revient sur la genèse du projet YouCan, les clés de sa croissance et les choix stratégiques qui façonnent son développement.

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Comment est née l’idée de YouCan ? Quel problème concret avez-vous identifié au départ ?
YouCan est née d’un constat très concret : le commerce en ligne restait structurellement complexe dans les pays émergents. Un entrepreneur souhaitant se lancer faisait face à plusieurs obstacles simultanés : des solutions de paiement limitées, une forte dépendance au cash à la livraison, des défis logistiques, ainsi qu’un manque d’outils réellement adaptés au contexte local.

Les plateformes existantes étaient performantes, mais conçues pour des environnements où les infrastructures sont déjà matures. Nous avons donc choisi de partir de nos propres contraintes pour bâtir une solution capable d’absorber cette complexité régionale et permettre à chacun de passer rapidement de l’idée à ses premières ventes.

Après six ans d’activité, quel bilan tirez-vous de l’aventure YouCan ?
Le bilan est à la fois encourageant et révélateur du potentiel du marché. En six ans, nous avons construit une plateforme utilisée par des milliers d’entrepreneurs dans plusieurs pays. L’impact est particulièrement important: nous avons contribué à démocratiser l’entrepreneuriat digital, en le rendant accessible à un public beaucoup plus large, souvent sans formation technique ou entrepreneuriale.

Cela dit, nous restons lucides : ce que nous avons accompli n’est qu’une première étape. Les marchés africains et arabes restent encore largement sous-équipés en infrastructures digitales. Il est donc essentiel de continuer à innover, notamment en intégrant les évolutions liées à l’intelligence artificielle, qui prend une place croissante dans le quotidien.

Votre croissance a été particulièrement rapide. Quels en ont été les principaux moteurs ?
Notre croissance repose sur plusieurs facteurs clés. D’abord, le timing : le lancement en janvier 2020 a coïncidé avec la crise du Covid-19, qui a accéléré la digitalisation et renforcé la recherche de nouvelles sources de revenus.

Ensuite, notre positionnement produit: nous avons misé sur la simplicité et une forte adaptation au contexte local, ce qui a facilité l’adoption.
Enfin, notre proximité avec les utilisateurs a été déterminante. Nous avons développé la plateforme en interaction constante avec nos marchands, ce qui nous a permis d’évoluer rapidement. Cette approche a favorisé une croissance largement organique, portée par le bouche-à-oreille.

Comment expliquez-vous votre adoption dans plus de 160 pays, alors que YouCan est née au Maroc ?
Nous avons conçu YouCan pour répondre à des problématiques locales, qui sont communes à de nombreux marchés émergents. Ce que nous avons développé pour le Maroc s’est révélé pertinent en Afrique, au Moyen-Orient et au-delà.

Notre constat est simple : ces marchés partagent les mêmes difficultés, et donc les mêmes besoins. Par ailleurs, la nature même d’un produit technologique permet une distribution globale dès le départ.

Quelle a été la décision la plus difficile depuis la création de YouCan ?
Les décisions les plus difficiles ne sont pas toujours les plus visibles. Dans notre cas, il s’est souvent agi d’arbitrer entre croissance et focus. Autrement dit, savoir dire non.
Dans un environnement en forte expansion, les opportunités sont nombreuses (nouveaux marchés, fonctionnalités, partenariats), mais toutes ne sont pas stratégiques. La difficulté réside dans la capacité à rester discipliné et à se concentrer sur les priorités de long terme, même si cela implique de renoncer à certaines opportunités.

Comment gérez-vous la pression liée à une croissance aussi rapide ?
La pression fait partie intégrante du rôle, surtout lorsqu’on construit un projet ambitieux et durable. Une croissance non structurée peut générer plus de risques que d’opportunités.
Pour y faire face, je m’appuie d’abord sur une équipe solide et agile. La réussite dans la tech ne repose pas sur un individu, mais sur une organisation capable de s’améliorer en continu.
Ensuite, je veille à garder une vision à long terme. Cela permet de hiérarchiser les priorités, de relativiser les enjeux du quotidien et d’éviter de subir les contraintes du court terme.