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MTNRA/ADD : Agence double ?
Créée à l’ère du département de l’Économie numérique, devenu ministère de la Transition numérique, l’Agence de développement du digital ferait-elle doublon avec sa tutelle ? Confrontation institutionnelle…
Côté Hay Ryad, l’Agence de développement du digital (ADD). Créée en septembre 2017, à l’époque du ministère de l’Industrie, de l’investissement, du commerce et de l’économie numérique (MIICEN)…
À l’opposé, côté quartier administratif d’Agdal, le ministère de la Transition numérique et de la réforme de l’Administration (MTNRA). Nouveau-né dans l’architecture gouvernementale de 2021, le département a pris l’ADD sous son aile institutionnelle. Quoi de plus logique.
Mais alors, comment les deux structures coordonnent-elles leurs actions ? Ne se marchent-elles pas sur les pieds ? La main sur le cœur, cette source interne de l’ADD assure : «Il n’y a pas de redondance entre les deux entités, le ministère élabore la vision et fixe les priorités, tandis que l’ADD agit comme bras opérationnel pour déployer les projets et concrétiser cette vision sur le terrain».
Et d’ajouter : «Nous travaillons sous la tutelle du ministère et en toute synergie avec lui, afin d’assurer une mise en œuvre efficace et cohérente des stratégies nationales en matière de digitalisation.»
Il n’empêche que l’Agence, devenue opérationnelle en 2019 avec le recrutement des équipes et la nomination en Conseil des ministres de Mohamed Idrissi Melyani, avait pris une longueur d’avance sur son ministère. Surtout que l’effet booster de la crise sanitaire sur l’inclusion numérique a mis l’ADD au-devant de la scène pour développer des solutions adaptées pour le compte des administrations.
«A l’arrivée de Ghita Mezzour, la première à occuper le poste de ministre de la Transition numérique (avant remaniement), elle s’est rendu compte que l’Agence avait déjà initié tous les projets qu’elle-même envisageait. Cela avait produit une certaine crispation entre ses équipes et ceux de l’ADD», nous confie un ancien membre du cabinet. Rares ont été les fois où l’on pouvait voir Mezzour partager la scène avec le directeur d’une agence censée être le bras opérationnel.
Ce dernier, avec son caractère discret, préfère souvent s’effacer, laissant la politesse à sa ministre ou à d’autres responsables de communiquer au sujet de grandes réalisations numériques, dont la contribution de l’ADD a été pourtant déterminante.
Cohabitation numérique
Avec l’arrivée d’une nouvelle locataire au département de tutelle, Amal El Fallah Seghrouchni en l’occurrence, les tensions semblent se décrisper entre les deux entités. Même si l’on est loin des grandes accolades ou des signes de complicité entre les deux responsables, en public, ils cohabitent souvent sur des panels comme cela a été le cas lors de la Conférence de presse du Gitex Africa Morocco 2025.
Il n’empêche que l’architecture organisationnelle des deux structures reste relativement calquée. En face de la Direction des écosystèmes et entrepreneuriat digital au MTNRA, on retrouve la Direction écosystème digital au sein de l’ADD.
Pareil pour la Direction de l’inclusion numérique et développement des talents digitaux, dont l’alter ego est la Direction écosystème digitale.
Les deux soutiennent par exemple l’innovation et l’entrepreneuriat numérique et elles ont intérêt à être sur la même longueur d’onde, voire de mutualiser leurs efforts. Surtout que les moyens à la disposition des deux structures restent relativement limités.
L’ADD regroupe 75 collaborateurs et tourne avec un budget annuel de 65 MDH (hors Gitex), tandis que le budget de fonctionnement de son ministère de tutelle (incluant le gros morceau que représente le département de la Réforme de l’Administration) est de 187 MDH. Pas de quoi laisser une marge aux excès ni aux déperditions…
