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Mohamed Benboubker : «Une croissance axée sur l’open banking»

Le Maroc a des atouts pour devenir un leader fintech en Afrique grâce à une infrastructure solide et un système bancaire mature, mais reste en retrait par rapport à certains pays africains en innovation produit.

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Malgré des initiatives prometteuses, notamment en matière d’inclusion financière, plusieurs défis subsistent, freinant le dynamisme de ce secteur stratégique. Pourquoi cette lente progression et quels leviers pourraient permettre à la fintech marocaine de véritablement s’imposer ? Entretien.

Quelle analyse faites-vous de l’écosystème fintech au Maroc ? Pourquoi n’arrive-t-il pas à réellement décoller ?
L’écosystème fintech marocain est en pleine émergence, avec des initiatives qui témoignent d’un potentiel intéressant, notamment en matière d’inclusion financière. Cependant, plusieurs freins limitent son développement. Le cadre réglementaire, bien qu’en évolution, reste parfois rigide et insuffisamment adapté aux spécificités des start-up, ce qui complique leur déploiement. De plus, le manque de financements dédiés freine l’expansion des solutions innovantes, en particulier celles qui visent à réduire l’exclusion financière dans les zones rurales ou auprès des populations marginalisées.

Par ailleurs, la confiance des utilisateurs constitue un autre obstacle, car les habitudes culturelles et une certaine méfiance envers les solutions digitales ralentissent l’adoption. Enfin, la collaboration entre les fintechs, les institutions financières et la banque centrale nécessite d’être renforcée pour permettre un écosystème mieux intégré et capable de déployer des solutions réellement inclusives à grande échelle.

Comment le Maroc se positionne-t-il par rapport à d’autres marchés africains en termes d’innovation fintech ?
Le Royaume dispose d’atouts significatifs pour se positionner comme un acteur clé de l’innovation fintech en Afrique, notamment grâce à une infrastructure technologique solide, un système bancaire mature et un positionnement géographique stratégique reliant l’Europe et l’Afrique subsaharienne. Toutefois, comparé à des marchés comme le Kenya, le Nigéria ou l’Afrique du Sud, le pays reste en retrait sur certains aspects, tels que l’innovation produit, où les solutions proposées tendent à être des adaptations de modèles existants plutôt que des approches véritablement disruptives. De même, le Maroc peine à attirer autant de capitaux étrangers, ces derniers privilégiant des marchés perçus comme ayant un potentiel de croissance plus rapide. Par ailleurs, une meilleure intégration régionale à travers des partenariats intra-africains pourrait renforcer son rôle dans l’écosystème continental et accélérer son développement dans ce domaine stratégique.

Quelles tendances clés devraient marquer l’avenir de la fintech au Maroc dans les cinq prochaines années ?
L’avenir de la fintech au Maroc sera marqué par une croissance axée sur l’inclusion financière, l’expansion des paiements mobiles et l’open banking, facilitant de nouvelles collaborations entre fintechs et banques. L’adoption de technologies comme l’intelligence artificielle optimisera les services financiers, tandis qu’une régulation plus favorable stimulera l’innovation. Par ailleurs, les grands événements sportifs, notamment la Coupe du monde, agiront comme des catalyseurs, accélérant l’évolution et la modernisation du secteur pour répondre aux standards internationaux.