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Financement de l’innovation : La Banque mondiale salue le leadership régional du Maroc

Il y a dix ans, à peine 6 % des investissements en fonds propres parvenaient à des entreprises en phase de démarrage. Une décennie d’interventions publiques séquencées a permis de bâtir au Maroc l’un des écosystèmes de financement des start-up les mieux structurés de la région.

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Le paysage du financement des start-up au Maroc a connu une transformation remarquable au cours de la dernière décennie, à la faveur de l’un des écosystèmes de financement les mieux structurés de la région, souligne le groupe de la Banque mondiale (BM).

«Il y a dix ans, à peine 6% des investissements en fonds propres parvenaient à des entreprises en phase de démarrage. Une décennie d’interventions publiques séquencées a permis de bâtir (au Maroc) l’un des écosystèmes de financement des start-up les mieux structurés de la région», relève l’institution de Bretton Woods dans un article d’analyse publié lundi sur son site web.

Sous le titre «Comment le Maroc a mobilisé les capitaux privés vers ses start-up», la BM note que cette réussite «remarquable» s’explique par une stratégie d’interventions publiques séquencées, bien gouvernées et conçues pour attirer les investisseurs privés plutôt que de se substituer à eux.

L’État marocain, poursuit-on, a réussi à structurer et à développer un marché naissant grâce notamment au dispositif InnovInvest, lancé en 2016 par le ministère de l’Économie et des finances avec un financement de 50 millions de dollars de la BM.

Par l’intermédiaire de Tamwilcom, l’organisme public marocain spécialisé dans les garanties et les financements destinés aux entreprises, l’État a co-investi dans des fonds de capital-risque aux côtés d’investisseurs privés, détaille l’institution multilatérale basée à Washington, expliquant qu’afin d’attirer les capitaux privés, l’État a accepté une asymétrie de rendement au profit des investisseurs tiers, tout en laissant les décisions d’investissement entre les mains de gestionnaires de fonds professionnels.

«Le message était sans équivoque : le gouvernement était prêt à partager le risque. Et la stratégie a été payante», souligne la BM, précisant que quatre fonds de capital-risque professionnels ont été créés et plus de 70 millions de dollars de capitaux privés ont été mobilisés, soit 2,4 fois l’objectif initial.

Et d’ajouter que l’un d’eux est devenu le premier fonds domicilié juridiquement au Maroc à attirer des institutions internationales de financement du développement, IFC et Proparco, aux côtés de co-investisseurs privés locaux.

Selon la BM, cette «étape décisive», rendue possible par la réforme du cadre réglementaire du capital-investissement que le projet a contribué à façonner, avec l’appui de l’assistance technique parallèle de la Banque mondiale dans le cadre du Programme conjoint pour le développement des marchés financiers (ou J-CAP), a repoussé les frontières de ce que le marché croyait réalisable.

«Le Maroc avait franchi un cap et les investisseurs internationaux en prenaient acte (…). Au-delà des capitaux, InnovInvest a contribué à institutionnaliser l’écosystème d’appui aux start-up», estime la BM, précisant que seize incubateurs et accélérateurs ont été labellisés, transformant des initiatives isolées en un véritable continuum coordonné.

Évoquant l’impact social fort et inclusif de l’initiative, l’institution internationale note que près de 1.000 entrepreneurs ont bénéficié de subventions d’amorçage, de prêts bonifiés ou d’un accompagnement personnalisé, soulignant que plus de 4.000 emplois directs ont été créés, alors que les entreprises dirigées par des femmes ont capté 27% des financements, dépassant ainsi l’objectif initial fixé par le projet.

Le succès du modèle marocain réside, selon la BM, dans sa capacité à articuler le financement et les réformes structurelles menées en parallèle (accès aux devises, droit des sociétés, protection des investisseurs minoritaires).

D’après la BM, la pertinence de cette approche est telle qu’elle a servi de référence à l’échelle internationale : la Banque mondiale a reproduit ce modèle dans huit autres projets de la région (Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan) pour un montant global dépassant 500 millions de dollars.