Tech
Brahim Ouamane : «Faire émerger une nouvelle génération de start-up»
Stratégie Maroc Digital 2030, label Jeune Entreprise Innovante, nouveautés du Gitex 2025…, tour d’horizon des mesures d’accompagnement de l’écosystème numérique.
Bras opérationnel du département de la Transition numérique, l’Agence du développement du digital met tout en œuvre pour faire du Maroc un hub digital africain de premier ordre. Plusieurs initiatives ont été lancées pour favoriser la montée en compétences dans le domaine numérique et donner aux jeunes entreprises innovantes accès à des outils stratégiques. M. start-up de l’ADD nous explique les différents dispositifs.
Comment l’ADD soutient-elle l’écosystème des start-up marocaines ? Où en êtes-vous aujourd’hui dans la mise en œuvre des actions inscrites dans la stratégie Maroc Digital 2030 ?
Le Maroc a pris la décision stratégique de fonder son développement numérique sur une vision nationale structurée, portée par la stratégie Maroc Digital 2030. À cette fin, l’Agence de développement du digital, sous la tutelle du ministère de la Transition numérique et de la réforme de l’Administration, en tant que bras opérationnel de cette ambition, agit comme catalyseur de transformation par l’intermédiaire d’un accompagnement ciblé de l’écosystème entrepreneurial, et notamment des start-up à fort potentiel technologique.
C’est à partir de leviers structurants que nous intervenons, à l’image du label JEI, devenu un véritable tremplin pour les jeunes entreprises innovantes, ou de StartupHubMaroc.ma, plateforme de mise en réseau des opportunités, ou de l’initiative Morocco 200, qui témoigne de notre volonté de placer le Royaume comme vitrine continentale de l’innovation en permettant à 200 start-up marocaines d’être mises en lumière au niveau international à l’occasion du Gitex Africa 2025.
Dans le cadre de notre feuille de route, nous avons également lancé plusieurs projets structurants, notamment la montée en maturité digitale des TPME, la généralisation des services d’e-Gov, et la digitalisation inclusive des territoires. Tous ces efforts convergent vers un objectif clair, faire du Maroc un hub digital africain de premier ordre.
Quels sont vos objectifs en matière de formation et d’accompagnement des talents numériques au Maroc ?
On ne peut envisager la transformation digitale sans un socle de compétences. Nous sommes intimement convaincus que l’humain est au cœur de cette transformation numérique. Ainsi, l’ADD met en œuvre une approche globale qui allie montée en compétences, inclusion et excellence.
En 2024, nous avons réussi à former plus de 3.700 très petites, petites et moyennes entreprises (TPME) en collaboration avec des entreprises internationales, telles que Meta, Google ou AWS, sur des thématiques de base comme le marketing numérique et l’e-commerce. Et pour renforcer cette dynamique, nous nous sommes engagés dans des projets innovants, comme la création d’une plateforme d’e-learning à destination des organismes publics, et des programmes spécifiques pour les coopératives et jeunes entrepreneurs en région, avec l’ambition forte d’une massification en 2025, à travers l’initiative Génération Digitale où nous préparons activement une nouvelle génération de talents marocains capables d’innover au niveau du continent africain.
Le label JEI s’inscrit dans les dispositifs clés de Maroc Digital 2030. En quoi ce programme contribue-t-il à faire du Maroc un pôle technologique africain ?
Loin de se contenter de reconnaître l’innovation, le dispositif l’accompagne. Il donne à de jeunes entreprises innovantes accès à des outils stratégiques, tels qu’une carte de paiement internationale d’un million de dirhams pour financer des actions marketing, ou des outils de travail (matériels et logiciels), en leur ouvrant l’accès à des marchés internationaux, tout en renforçant leur crédibilité auprès des investisseurs. Le Maroc devient ainsi une plateforme africaine de l’innovation compétitive.
Le label JEI assure donc une double promesse : celle d’un État facilitateur et celle d’un écosystème national en phase avec les standards internationaux.
Quelles sont les principales réussites observées chez les start-up labellisées JEI ?
Les résultats sont concrets et rassurants. Une proportion significative de start-up labellisées ont atteint des étapes clés de leur croissance. 52% d’entre elles sont aujourd’hui en phase de scaling, preuve de leur aptitude à se développer rapidement sur le marché. On notera également une diversification du secteur, en particulier dans la Retailtech, l’e-commerce et la Healthtech. L’accompagnement du label a contribué à ce que certaines d’entre elles lèvent des fonds, accèdent à de nouveaux marchés ou tissent des partenariats internationaux. Au-delà des chiffres, on remarque un changement de culture, la montée d’un entrepreneuriat technologique marocain plus audacieux, plus connecté, tourné vers l’Afrique et le continent mondial.
Quelles seront les nouveautés majeures de l’édition 2025 de Gitex Africa Morocco ?
Au moment de l’édition de 2025 de Gitex Africa, la puissance sera à son comble, puisque la surface d’exposition connaîtra un nouvel aménagement qui permettra de rassembler plus de 45.000 visiteurs et 1.500 exposants dans de meilleures conditions . Une attention particulière sera portée à l’accompagnement à la participation des start-up n’ayant jamais pris part à cette édition pour élargir les éventualités de renouvellement. Les technologies d’avenir seront mises en avant : intelligence artificielle, Healthtech, Edtech, Énergie verte, Climatech, SportTech… L’événement ne sera plus uniquement un salon, mais un rayonnement continental, des synergies panafricaines, avec la connexion aux grands acteurs mondiaux.
Comment le programme d’accompagnement des start-up évoluera-t-il en 2025 ?
En l’an 2025, l’expérience menée lors de ces deux années passées, œuvrant à fortifier l’investissement des start-up marocaines en faveur du Gitex Africa, se prolongera et se renforcera avec le programme Morocco 200, une structuration stratégique qui se fixe comme devise la sélection et l’accompagnement de 200 start-up marocaines innovantes, et qui devient désormais un levier d’émergence et de promotion à l’international de l’écosystème national entrepreneurial.
L’édition 2025 du programme obéit à de nombreux enrichissements, par l’adjonction de bootcamps intensifs pour préparer les start-up aux attentes d’un événement d’une telle envergure, permettant, le cas échéant, le renforcement de leur impact. L’année a d’ailleurs démarré sous le signe du ressort, avec une tournée promotionnelle pour le programme Morocco 200 dans quatre grandes villes au mois de février 2025 (Agadir, Tanger, Casablanca et Fès), avec des roadshows organisés sur la base d’une collaboration méthodique avec le ministère de la Transition numérique et de la réforme de l’Administration, qui ont donné lieu à des échanges de haute teneur, à l’engagement de nombreuses réponses positives des écosystèmes des territoires concernés, et à la couverture médiatique bien au-delà d’un simple battage. Et dans l’optique de cette démarche, l’ADD prévoit d’exécuter deux actions majeures de nature stratégique au sein du présent projet, par une mise en place d’une offre d’accompagnement continu en faveur de la digitalisation des entreprises. Avec l’organisation de sessions de conseil collectif, répondant aux besoins particuliers des start-up, pour les aider dans leurs choix technologiques et les appuyer dans le déploiement opérationnel de leurs projets digitaux ; et à travers Morocco 200, notre objectif est bien de faire émerger une nouvelle génération de start-up marocaines compétitives, aptes à jouer un rôle majeur dans l’économie numérique africaine.
