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Sport

Technologie : Une première Coupe d’Afrique entièrement numérique

Billetterie digitalisée, sécurité dopée à l’IA, stades intelligents, mobilité connectée…, le Royaume entend hisser le tournoi au niveau des standards internationaux et laisser un héritage durable aux villes hôtes.

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À mesure que les grandes compétitions sportives se muent en vitrines technologiques autant qu’en rendez-vous sportifs, la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025 apparaît pour le Maroc comme un terrain d’affirmation stratégique.

Déjà salué pour la qualité de ses infrastructures et sa maîtrise organisationnelle, le Royaume entend faire de cette édition un modèle de modernisation, en phase avec les standards internationaux et porteur d’un héritage durable pour les villes hôtes comme pour l’écosystème sportif national.

Dès les premières annonces, la rupture est assumée : la billetterie est entièrement dématérialisée. Inspiré des pratiques adoptées lors des grandes compétitions européennes, ce dispositif introduit des billets dotés de codes dynamiques, mis à jour en temps réel et contrôlés via des terminaux sécurisés aux abords des stades.

En s’appuyant sur des systèmes capables de détecter duplications et incohérences, les autorités espèrent tarir un marché noir qui gangrène régulièrement les événements du continent.

La billetterie numérique permet également une gestion plus fluide des flux de supporters, grâce à des recommandations d’horaires d’arrivée, un suivi d’affluence en temps réel ou encore des alertes destinées à éviter la saturation des accès.

La dimension sécuritaire constitue un autre axe majeur du dispositif. Dans chacune des villes hôtes, un réseau de vidéoprotection intelligent analyse en continu les images de caméras haute définition.

L’objectif affiché n’est pas une surveillance intrusive, mais une détection préventive des situations à risque : mouvements de foule atypiques, zones de pression excessive, objets abandonnés, incidents naissants. Ces informations permettent aux équipes d’intervention d’agir plus rapidement et de réorienter les flux avant qu’une situation ne dégénère.

Les centres de commandement, dotés de tableaux de bord consolidant données météo, trafic routier, transports publics et indicateurs de sécurité, offrent une vision unifiée aux autorités locales et nationales, une approche que le Royaume souhaite inscrire dans la durée pour ses futurs grands événements.

Des stades connectés pour une expérience réinventée
À l’intérieur des enceintes, la transformation est tout aussi visible. Les principaux stades disposent d’une connectivité haut débit, pensée pour fluidifier l’expérience spectateur: partage instantané de contenus, consultation de statistiques, guidage vers les sièges, informations sur les files d’attente, voire commande de restauration directement depuis le smartphone.

L’Internet des objets renforce cette infrastructure. Des capteurs disséminés au sein des équipements suivent la consommation énergétique, la qualité de l’air, l’occupation des espaces ou les besoins de maintenance. L’objectif : optimiser le confort du public, renforcer la durabilité des installations et limiter l’empreinte environnementale de la compétition.

Une mobilité repensée autour des données
Les diffuseurs, eux aussi, ont opéré un saut technologique : caméras 4K, drones stabilisés, microcaméras au plus près du terrain, dispositifs audio immersifs.

Les données générées (vitesse, zones d’influence ou intensité du pressing) permettent des analyses, des résumés automatisés et des contenus optimisés pour les plateformes numériques, grâce à une exploitation accrue de l’intelligence artificielle.

Au-delà des stades, les villes hôtes (Casablanca, Rabat, Marrakech, Tanger, Agadir et Fès) déploient des systèmes de mobilité intelligente connectés aux réseaux de transport urbain. Les supporters disposent d’informations actualisées en temps réel sur les tramways, l’affluence ou les itinéraires recommandés.

Les délégations bénéficient d’une flotte de véhicules équipés de solutions de suivi GPS et d’ajustement automatique des trajets selon l’état du trafic, une organisation déjà testée lors d’événements internationaux récents.

En filigrane, le Maroc voit dans la CAN 2025 un levier pour structurer durablement son écosystème sportif. Les infrastructures connectées, les compétences techniques mobilisées et les outils de gestion de flux devraient trouver un prolongement dans d’autres projets d’envergure, au premier rang desquels la co-organisation du Mondial 2030.

Le Royaume espère ainsi inscrire cette modernisation dans le long terme, bien au-delà des quelques semaines de compétition.