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Mondial 2026. Le jour où le Maroc a contrarié le Brésil

Sur le terrain comme dans les tribunes, le Maroc a marqué les esprits. Les Lions de l’Atlas ont tenu tête au Brésil au terme d’un match intense, alors que des milliers de supporters marocains ont transformé New York en caisse de résonance de leur ferveur.

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Les Lions de l’Atlas ont signé une entrée convaincante face au Brésil, lors du premier match de la phase de poules. Qui aurait rêvé de tenir tête au Brésil ?

Le Maroc l’a fait ! Dans ce premier grand choc du groupe C, qui a eu lieu au Metlife Stadium à New Jersey, les Lions de l’Atlas ont confirmé leur posture, pas d’un outsider admiré, mais celle d’une sélection capable de regarder les grandes équipes dans les yeux, sans sourciller.

Ils ont livré une prestation admirable, ont mal mené les Brésiliens, les ont même bousculés ou encore mis en difficulté dans leur organisation.

Ils ont ouvert le score à la 21e minute grâce à Ismaël Saibari, auteur d’une belle conclusion après une phase offensive bien menée par les hommes de Mohamed Ouahbi.

La Seleção est revenue à la 32e minute par l’intermédiaire de Vinicius Junior. Mais derrière cette performance, c’est le travail de toute l’équipe qui est à saluer, dont notamment ce prodige de 18 ans, le milieu de terrain, Ayyoub Bouaddi, qui a livré une prestation de très haut niveau, à la limite impressionnante, mais «pas inattendue» selon le sélectionneur national qui connait son niveau et ses qualités.

À côté, un Mazraoui qui a brillé, un Bono qui a sauvé la mise, Hakimi et Diaz qui, fidèles à leur poste, ont assuré, et une équipe soudée, solide et capable d’aller loin.

Le sélectionneur du Brésil, Carlo Ancelotti, a estimé que le match reflète la physionomie d’une rencontre difficile et très disputée entre deux équipes de haut niveau. Il a reconnu les difficultés rencontrées par la Seleção face à une formation marocaine entreprenante, notamment lors de la première période.

«Je ne suis ni satisfait ni insatisfait. C’est un résultat qui reflète ce que nous avons vu sur le terrain», a-t-il conclu.

Une démonstration de caractère
De son côté, Mohamed Ouahbi a souligné la qualité globale de la prestation marocaine face à une sélection brésilienne très impactante physiquement, présente dans la surface et portée vers le jeu direct.

«Je suis fier d’eux. Mais, ils pouvaient mieux faire. Ils le savent et dans le vestiaire, ils n’étaient pas euphoriques».

Cependant, le ressenti des supporters est tout autre : une fierté immense du niveau de jeu, une totale satisfaction du résultat et une standing ovation pour Bouaddi, Bono et El Aynaoui.

Les Brésiliens, en revanche, ont quitté le stade avec un goût d’amertume et de déception, la mine défaite et le cœur lourd. Leurs prévisions ont été démenties par le terrain, au moment où ils étaient excessivement confiants avant la rencontre.

Au lendemain de cette rencontre, les Lions de l’Atlas ont repris, dimanche, le chemin de l’entraînement dans une atmosphère studieuse et sereine. Les esprits sont déjà tournés vers le prochain rendez-vous.

Le Maroc affronte l’Écosse, le 19 juin à Boston, pour le compte de la deuxième journée du groupe C. Une dispute qui pourrait s’avérer décisive dans la course à la qualification pour les seizièmes de finale.

Manhattan a entendu rugir les Lions
À New York, la rencontre Maroc-Brésil ne s’est pas jouée uniquement sur la pelouse du New York New Jersey Stadium.

Elle s’est aussi vécue dans les rues, au rythme d’une forte mobilisation des supporters marocains. Présents par milliers, venus du Maroc comme de la diaspora établie aux États-Unis, au Canada et en Europe, ils ont accompagné les Lions de l’Atlas avec une ferveur remarquable. Maillots rouges, drapeaux déployés, chants patriotiques et scènes de liesse ont transformé l’avant-match en véritable moment de communion.

Cette présence massive a donné à l’entrée en lice du Maroc une dimension populaire forte, rappelant que la sélection nationale est désormais portée par un public mobilisé bien au-delà des frontières du Royaume. Mais bien avant, les mordus de football et des couleurs du pays ont envahi ce carrefour mythique de Manhattan, le Times Square, la soirée du 12 juin.

New York, capitale d’une double ferveur
Cette Coupe du monde a un goût particulier aux États-Unis, parce qu’elle a été organisée concomitamment à la finale de la compétition de basket-ball, la NBA, sport le plus connu et le plus suivi par les Américains, et même beaucoup plus que le football.

Le Times Square, lieu mythique de rassemblement de tous les fans, n’était ni aux couleurs du Brésil, encore moins à celles des Brésiliens, mais plutôt à celle des Knicks, l’un des clubs les plus populaires du basket-ball américain. Ils ont ainsi remporté les finales NBA 2026 face aux San Antonio Spurs, un moment historique, puisque c’est leur premier titre depuis 1973, soit une attente de 53 ans.

La célébration qui a suivi était euphorique. Du jamais vu ! Les bars, les quartiers et les grands axes de Manhattan ont été envahis par les supporters du club, dans une atmosphère à la fois survoltée, bruyante et très new-yorkaise.

Chants, klaxons, feux d’artifice, maillots orange et bleu, drapeaux, rassemblements improvisés et musique dans les rues ont marqué les grands axes de Manhattan, que les forces de l’ordre ont dû fermer pour éviter les dérapages. Et il y en a eu !

Dans l’euphorie de la victoire, au rythme des «Let’s go Knicks» scandés par la foule, la célébration a parfois viré au désordre.

Des véhicules ont été incendiés et des coups de feu ont été signalés à différents points de la ville, sans faire de victimes. Le lendemain, les grandes avenues de New York avaient retrouvé leur visage habituel, nettoyées de fond en comble, effaçant presque toute trace des scènes de liesse et de désordre de la veille.


La presse étrangère conquise
La performance livrée par la sélection marocaine face au Brésil confirme son potentiel à créer la grande surprise de cette 23e édition. C’est avec ces propos que NBC News a qualifié la prestation de l’équipe nationale.

Le média américain met en avant un effectif mêlant joueurs confirmés, à l’image de Brahim Diaz et Achraf Hakimi, et jeunes talents ambitieux, comme Bilal El Khannous et Ayyoub Bouaddi.

La prestation magistrale de ce dernier face au Brésil a suscité les éloges des principaux titres de la presse sportive et généraliste espagnole. Alors qu’«El País» la qualifie de stellaire, «Marca» met en avant la personnalité du joueur avec le ballon, sa puissance et sa supériorité dans le jeu aérien.

Le magazine sportif «Sports Illustrated» considère que les champions d’Afrique des Nations ont démarré la rencontre en trombe, obligeant le Brésil à se replier péniblement.