Sport
Botola Pro 1. Journée 3: Raja ravit, Wydad ravage, Dcheïra déchaîne
Des nuls tièdes, des renversements et doublés assassins. Raja et Wydad rongent leur frein en embuscade, Dcheïra griffe les promus, tandis que le peloton s’entredévore pour des miettes. Du suspense, des csc maudits et zéro pitié – la Botola en mode carnassier, où chaque pelouse est un ring.
Ah, la Botola ! Ce RDV marocain où les lions se muent en chats échaudés et où un nul peut valoir trois points moraux. Journée 3, et déjà l’odeur de poudre flotte sur les pelouses : le Raja et le Wydad sortent les griffes, la Dcheïra joue les trouble-fêtes, et le reste du peloton se cogne les tibias pour un os à ronger.
On a vu du spectacle, du suspense, et même un ou deux buts qui mériteraient une ovation debout. Allez, on décortique ça au scalpel, comme un bon vieux qui n’a pas peur de trancher.
L’apéro amer : FUS et Touarga dans un mouchoir de poche
Commençons par la mise en bouche, vendredi soir au stade municipal de Kénitra. FUS Rabat 1-1 Union Touarga : un partage des points qui sent le café tiède, avec un but partout (A. Mouloua 19′ pour les locaux, Younes Dahmani 16′ PEN pour les visiteurs).
Touarga, rusée formation rabatie, a frappé la première par l’intermédiaire de son ailier gauche, Dahmani (24 ans, formé au RAC, débarqué en janvier), qui s’est fendu d’une Panenka millimétrée sur un penalty discutable, secouant les filets comme un tremblement de terre calibré à 6.2.
Mais le FUS n’a pas tardé à répliquer : trois minutes plus tard, leur avant-centre maison Ayoub Mouloua – le numéro 9 à la cote symbolique de 110.000 DH – a remis les pendules à l’heure d’une reprise chirurgicale, comme pour dire «pas si vite».
Résultat : un point chacun, des regrets pour tous. Le FUS décroche son premier petit point, s’installe en 14e place, englué dans le ventre mou, tandis que l’Union Touarga grappille et s’accroche au wagon du haut, 7e avec trois unités. Une soirée typique de Botola : le nul comme plat principal, et le spectacle servi en garniture facultative.
Rodéo des sables : Dcheïra renverse Marrakech dans la poussière
Samedi, ça s’emballe au sud. Olympique Dcheïra 2-1 KAC Marrakech : attention, ça sent le coup de théâtre ! Les gars de Dcheïra, ces oubliés du Souss-Massa qui jouent comme s’ils défendaient leur dernier chameau, ont renversé le KACM dans un match qui ressemblait à un rodéo saharien.
Menés 0-1 à la pause sur un but tardif des Marrakchis – ces snobs du Haouz –, les Bleus ont sorti les griffes dès le retour des vestiaires. Reda Abardi, ce renard local, égalise d’une reprise instinctive (47e) pour remettre les pendules à l’heure, avant qu’Ayoub Benaddi, l’avant-centre maison de 32 ans arrivé en 2020, ne creuse l’écart d’un penalty froid comme le Gobi (71e).
Du côté du KACM, c’est Hamza El Janati, l’ailier droit de 26 ans tout frais émoulu de Fès et valorisé à 500 K€, qui avait ouvert le score en prolongation de première mi-temps (45+2e), mais son éclair n’aura suffi à rien. Première victoire pour Dcheïra, qui bondit provisoirement à la 7e place avec 4 unités et toise les cadors d’un œil goguenard. Marrakech ? Lanterne rouge invaincue… de points (0 pt), sur trois défaites d’affilée, une claque qui réveille plus qu’un coup de trique. Comme on dit : «quand le petit mord, le grand saigne».
Ailes vertes, pied rouge : Raja crucifie El Jadida sur csc fatal
Dimanche, jour de fête… ou de deuil, selon les camps. DH El Jadida 0-2 Raja Club Athletic : les Aigles verts ont débarqué en conquérants, et les enfants des vents et des vagues en ont vu de toutes les couleurs, jusqu’à se tirer une balle dans le pied – littéralement.
El Jadida, ces vaillants costauds du littoral, ont craqué dès la 15e minute quand leur arrière droit maison, Marouane Lemzaouri (31 ans, né à El Jadida, pilier du club depuis 2023 et valorisé 3,85 MDH), a dévié un centre rajaoui dans ses propres filets pour un csc aussi généreux qu’un cadeau empoisonné. Les Verts ont patienté, puis ont enfoncé le clou à la 69e avec une frappe laser d’Ismail Khafi, ce renard casablancais de 29 ans tout frais au club depuis l’été dernier, le «Benzema du Bâtiment» qui signe là son premier bijou en Vert.
Plie et range : les Aigles repartent avec les trois points, la tête haute et l’œil rivé sur le trône. El Jadida ? Zéro but, zéro illusion, et un public qui repart, la mine basse, hanté par ce but contre son camp qui pue la malédiction. Le Raja, lui, confirme : il est de retour, et il a faim de sang.
Sieste fassi : Fès et Meknès dans un vide intersidéral
Même jour, mais ambiance sieste : Maghreb de Fès 0-0 COD Meknès. Oh, le beau néant ! Fès, ces poètes qui promettent la lune, se sont heurtés à un mur meknassi plus hermétique qu’une tombe pharaonique. Pas un tir cadré, pas une étincelle. Juste 90 minutes de ping-pong stérile, avec des défenseurs qui se congratulent comme s’ils venaient de gagner la Coupe du Trône. Un point pour les deux, et le classement qui ne bouge pas d’un iota. On appellerait ça «le match où rien ne s’est passé, sauf peut-être une bonne sieste collective».
Rouges carnassiers : Wydad éclipse Zemamra dans un festival Hannouri
Et pour clore en apothéose, le choc des titans light : Wydad Athletic Club 3-1 Renaissance Zemamra. Les Rouge et Blanc, ces serial winners qui transpirent l’arrogance casablancaise, ont pris les commandes d’entrée avec une ouverture du score signée de leur arrière droit maison, Mohamed Moufid (25 ans, pilier du WAC depuis 2024 et valorisé 8,8MDH), qui a surpris tout le monde d’une frappe en pivot à la 32e, genre «je suis latéral, mais je bute comme un 9».
Zemamra, ces va-nu-pieds ambitieux qui rêvent de gloire, ont cru renverser la vapeur en égalisant d’un éclair de génie de leur milieu offensif vétéran, Mohammad El Fakih (35 ans, casablancais pur jus arrivé en 2025 et coté 825.000 DH), sur un contre express à la 49e qui a fait hurler les travées comme un cri de révolte. Mais le Wydad, ce rouleau compresseur, a remis les pendules à l’heure en seconde mi-temps : Hamza Hannouri, l’avant-centre el jadidi de 27 ans tout frais au club depuis l’hiver dernier et bonifié à 5,5 MDH, a signé un doublé clinique (69e et 79e) pour le K.-O. moral, transformant l’espoir zemamri en poussière.
3-1, et voilà les WACistes qui talonnent le leader, avec un sourire en coin plus carnassier qu’un requin. Zemamra repart bredouille, mais la tête haute : ils ont embêté les grands dix minutes, et ça, c’est du pain bénit pour les bookmakers.
Bilan de la journée ? Le Raja et le Wydad en embuscade, la Dcheïra qui joue les poils à gratter, et le bas de tableau qui s’entasse comme des sardines en boîte.
La Botola nous le rappelle : ici, pas de quartier, et chaque point est une bataille. Prochain round ? On parie sur du sang et des larmes. Allez, à la semaine pro, et que le meilleur – ou le plus roublard – l’emporte. Forza ragazzi!
Épilogue suspendu : CAF en embuscade, Botola en attente
Et pendant que la J3 de la Botola Pro fait la belle au bois dormant, le clap de fin sonne mercredi 1er octobre, avec un trio de chocs. Le Hassania d’Agadir, ces lions affamés du Souss, accueillera l’Olympic de Safi – frais qualifié pour le 2e tour de la Coupe de la Confédération CAF après un 5-0 assassin sur l’ASN Nigelec, samedi au Stade Al Massira, où les messfiouis ont dansé le tango nigérien comme des diables verts.
L’AS FAR, ce rouleau compresseur militaire, recevra l’Ittihad de Tanger, boosté par son billet pour les huitièmes préliminaires de la Ligue des Champions CAF, arraché 2-1 au Real Banjul au Stade olympique de Rabat – une formalité qui pue la revanche.
Enfin, la Renaissance Berkane, leader intouchable et fier de son 3-1 sans trembler face à l’ASC Kara au stade Municipal de Berkane, ouvrira grand ses portes à l’Union Yacoub El Mansour, ces outsiders qui rêvent de renverser la table.
Report forcé pour cause de rêves africains : quand la CAF appelle, la Botola patiente, mais gare au réveil en fanfare !

