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«All eyes on us»
Le Maroc n’est plus seulement admiré pour son parcours historique au Qatar, mais par une série de succès continentaux et internationaux, gagnant en crédibilité, en respect et en influence. Il est désormais étudié, cité en exemple et surveillé par ses adversaires.
Il y a 50 ans, la légende argentine Carlos Bilardo, surnommé «El Doctor», avait prédit que le football mondial appartiendrait au continent africain, avec le Maroc en tête de cette scène.
L’entraineur, qui avait mené l’équipe argentine au titre de la Coupe du monde en 1986 au Mexique, avait déclaré lors d’une interview télévisée: «Je l’ai dit en 1975, lorsque nous sommes allés participer à la Coupe Mohammed V au Maroc: ici (au Maroc) est l’avenir du football, pas en Europe, ni en Amérique du Sud, ni même en Asie».
Une prédiction validée par la réalité, par les faits. Le Maroc a enchainé les succès: demi-finale du Mondial de Qatar 2022, médaille de bronze olympique à Paris 2024, champion d’Afrique U17, de la Coupe arabe et de la Coupe du Monde U20 en 2025.
Ces exploits n’ont pas laissé la presse internationale de marbre, encore moins les professionnels du foot.
Le Maroc n’a plus l’image d’un simple outsider, mais plutôt d’une sélection sérieuse, structurée et qui peut gêner les grandes nations. L’équipe nationale n’est plus celle qui crée la surprise, mais celle qui force le respect, suscite l’admiration et pousse à la prudence.
Les techniciens sur leurs gardes
Carlo Ancelotti ne banalise pas l’entrée en lice du Brésil face au Maroc. Le technicien italien voit dans les Lions de l’Atlas un adversaire solide, porté par le souvenir d’un Mondial 2022 réussi et désormais installé parmi les sélections les plus difficiles à manœuvrer.
Il les considère comme l’un des principaux obstacles du Brésil dans le groupe C. «C’est un groupe très difficile. Le Maroc est très fort», avait-il déclaré suite au tirage au sort.
Didier Deschamps a également tenu des propos très élogieux sur le Maroc. Le sélectionneur français a présenté le Maroc comme une sélection capable de viser très haut au Mondial 2026. Il place même les Lions parmi les équipes à surveiller de près, surtout après avoir fait une grande preuve de résistance en demi-finale du Mondial 2022.
De son côté, Lionel Scaloni, sélectionneur de l’Argentine championne du monde, a évoqué le Maroc parmi les sélections capables de peser au Mondial 2026.
Il a cité les Lions de l’Atlas parmi les équipes disposant de la qualité et de la profondeur nécessaires pour aller loin, aux côtés des grandes nations habituées à ce niveau. Il a ainsi placé le Maroc dans le cercle élargi des prétendants.
Luis Enrique, ancien sélectionneur de l’Espagne, qui a gardé l’amertume de l’élimination de la Roja face aux Lions en 2022, a reconnu la solidité marocaine et la qualification logique du Maroc pour les tours suivants au regard de son parcours.
Un modèle qui inspire
Les exemples ne manquent pas, les éloges non plus, et à raison. Certaines sélections ambitionnent de réaliser le même parcours que le Maroc. À titre d’exemple, Thomas Christiansen, l’entraineur du Panama, a pour objectif que son équipe devienne «le Maroc de cette Coupe du monde».
La CAF a présenté le Maroc comme la première nation africaine qualifiée pour le Mondial 2026, après une victoire nette contre le Niger. L’instance continentale insiste sur une qualification anticipée, une campagne quasi parfaite et une continuité avec l’épopée de 2022.
Un succès construit
Il faut dire que cette épopée n’est pas le fruit du hasard, encore moins d’une exception. Ce nouveau Maroc est avant tout le résultat d’un chantier de longue haleine mené par les instances sportives, sous l’impulsion royale.
Plusieurs efforts ont été consentis pour tenter et réussir à mettre le Maroc sur le même piédestal que les références mondiales, à commencer par la formation. L’Académie Mohammed VI de football s’impose aujourd’hui comme un véritable laboratoire de talents et catalyseur des succès historiques du football marocain.
Plusieurs professionnels y ont été formés, comme Nayef Aguerd, Youssef En-Nesyri, Azzedine Ounahi ou Oussama Targhaline et plusieurs autres. Actuellement, 22 lauréats évoluent dans des championnats européens et 32 autres jouent en Botola Pro.
Le succès de l’Académie repose notamment sur un dispositif de détection structuré autour de 11 centres régionaux répartis à travers le Royaume. Plus de 450 jeunes âgés de 7 à 13 ans y sont suivis chaque année, avant qu’une vingtaine de profils les plus prometteurs ne soient sélectionnés pour intégrer le centre de formation.
Parallèlement, la FRMF a également misé sur les infrastructures de formation pour accompagner la montée en puissance du football national. Autour du Complexe Mohammed VI de football, à Maâmora-Salé, véritable centre névralgique des sélections nationales, la Fédération a engagé le développement de centres fédéraux de formation destinés à structurer la détection et l’encadrement des jeunes talents dans les régions.
Le programme prévoit notamment cinq centres fédéraux, à Saïdia, Béni-Mellal, Ifrane, Ksar El Kébir et Agadir.
Les deux premiers sont déjà sortis de terre et les autres sont en cours de construction.
Il faut savoir que le centre de Saïdia apparaît aujourd’hui comme l’une des vitrines de ce modèle, avec un dispositif sport-études destiné aux jeunes filles et garçons, dans l’objectif d’alimenter à terme les clubs et les sélections nationales.
Ces avancées s’accompagnent d’importants investissements dans la modernisation des stades et des structures d’encadrement, ainsi que d’un renforcement de la représentation du Maroc au sein des instances internationales.
C’est dire que le Maroc a confirmé certes son nouveau statut, mais il avance aussi avec une pression particulière, celle d’une sélection guettée au moindre faux pas par des adversaires qui n’attendent qu’un revers pour relativiser son ascension.
Le Maroc vu par la presse étrangère
La presse mondiale voit le Maroc comme un premier test sérieux pour le Brésil. Le match du 13 juin n’est pas seulement une entrée en matière, il peut orienter la lecture de tout le groupe. Reuters évoque ainsi le poids des attentes qui accompagne les Lions de l’Atlas, alors que la BBC les présente comme l’équipe qui a replacé le football arabe au premier plan.
D’autres médias, comme The Guardian ou Al Jazeera, insistent sur la solidité du vivier marocain et sur l’ambition d’aller encore plus loin en 2026. En Amérique du Sud, le ton est plus prudent.
Les médias brésiliens voient dans le Maroc un adversaire sérieux pour la Seleção, doté de joueurs évoluant au plus haut niveau européen, tandis que la presse argentine souligne l’ambition d’un projet renforcé par l’arrivée de jeunes talents.
Ce qu’ils pensent du Maroc Carlos Bilardo : «Ici (au Maroc) est l’avenir du football, pas en Europe, ni en Amérique du Sud, ni même en Asie».
Carlo Ancelotti : «Marquer contre le Maroc n’est pas chose facile.
Cela demande une performance offensive exceptionnelle».Luis de la Fuente : «Le Maroc me semble exceptionnel. Aucune des meilleures équipes ne sera laissée de côté, comme le Brésil, l’Argentine, l’Allemagne, la France, le Portugal ou le Maroc».
Gianni Infantino : «L’équipe marocaine a démontré qu’elle a sa place parmi les grandes nations du football mondial. Elle a toutes les raisons d’être confiante».
