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Sport

1986-2026 : Le Maroc poursuit son histoire à Monterrey

Quarante ans après leurs premiers exploits sur le sol mexicain, les Lions de l’Atlas ont écrit une nouvelle page de leur histoire. Au bout d’un duel à très haute intensité tranché aux tirs au but, le Maroc a validé sa qualification pour les huitièmes de finale du Mondial 2026, porté par un stade BBVA transformé en chaudière marocaine.

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L’histoire avait commencé au Mexique, il y a quarante ans. Elle se poursuit aujourd’hui, sur cette même terre, avec une nouvelle page écrite par les Lions de l’Atlas.

Le Maroc est qualifié pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde 2026, au terme d’une rencontre d’une intensité rare face aux Pays-Bas, une sélection pourtant annoncée parmi les plus redoutables du tournoi.

Dès la veille de la rencontre, l’ambiance autour de la sélection marocaine laissait deviner l’importance de l’enjeu. La conférence de presse tenue par le sélectionneur national Mohamed Ouahbi, en présence du gardien Yassine Bono, avait fait salle comble.

Des journalistes marocains, néerlandais, mexicains, ainsi que plusieurs confrères venus de pays du Golfe s’étaient déplacés en nombre, preuve de l’intérêt international suscité par cette affiche des seizièmes de finale.

Avant la rencontre, l’imperturbable Ouahbi avait affiché une sérénité assumée. Sans minimiser la qualité de l’adversaire, le sélectionneur avait reconnu la valeur des Pays-Bas, qui se positionnent parmi les nations les plus efficaces selon le classement FIFA.

Il a toutefois rappelé un constat important: «Le Maroc fait partie des équipes qui comptent sur la scène internationale». Il s’était appuyé sur le parcours déjà accompli par son groupe, notamment le résultat positif obtenu face au Brésil, pour justifier la confiance affichée par son équipe à l’approche de ce nouveau rendez-vous.

Ouahbi avait également mis en avant la polyvalence d’Ismaïl Saibari, décrit comme un joueur capable d’évoluer à plusieurs postes grâce à sa technique des deux pieds, son endurance et sa qualité de frappe.

Au-delà des questions tactiques, le sélectionneur avait tenu à souligner que le respect désormais accordé au Maroc par ses adversaires était le fruit d’un travail mené sur plusieurs années par le Maroc, et que la rencontre à venir serait, à n’en pas douter, un grand match entre deux nations qui se respectent.

Dans la foulée de cet échange avec la presse, les Lions de l’Atlas avaient rejoint la pelouse de l’Estadio Universitario pour leur dernière séance d’entraînement avant le choc, ce même stade qui a réuni, en 1986, lors du Mondial organisé au Mexique, le Maroc et l’Allemagne, mais aussi la Pologne.

Monterrey aux couleurs du Maroc
À mesure que l’échéance approchait, c’est toute la ville de Monterrey qui s’est parée de rouge et de vert. Venus de plusieurs horizons, les supporters marocains se sont mobilisés massivement pour accompagner leur sélection, confirmant une présence populaire qui ne s’est jamais démentie depuis le début de la compétition.

Cette ferveur, déjà observée lors des précédents matchs du Mondial, a une nouvelle fois transformé une ville hôte en terre marocaine le temps d’une soirée.

À quelques minutes du coup d’envoi, l’atmosphère autour du stade était à la fois festive et fébrile. Entre chants repris en chœur, drapeaux déployés et encouragements venus des deux camps, les supporters ont vécu pleinement l’attente de ce rendez-vous.

Il faut dire que les appréhensions venaient des deux camps, les uns redoutaient l’équipe des autres. Aucune assurance extrême n’était affichée.
Face à des Pays-Bas déterminés à confirmer leur statut de favoris, les Marocains ont répondu avec caractère, maîtrise et détermination. Pendant 90 minutes du temps réglementaire, les deux équipes se sont quittées sur un score de parité (1-1).

Le scénario s’est alors prolongé sur 30 minutes supplémentaires, sans qu’aucun des deux camps ne parvienne à arracher la victoire. Un stade entier retenait son souffle à chaque relance, duel et ballon disputé dans les seize mètres.

Restait alors l’épreuve la plus cruelle et la plus spectaculaire du football : la séance des tirs au but. Un exercice à très haute tension, où chaque tireur a porté sur ses épaules le poids d’un peuple entier suspendu à son geste.

Sur le terrain, les joueurs marocains ont donné corps au discours tenu la veille par leur sélectionneur, faisant preuve d’un sang-froid remarquable dans les moments les plus décisifs. Score final : 3 buts à 2 aux tirs au but. Le Maroc décroche ainsi son billet pour les huitièmes de finale de cette Coupe du monde 2026.

L’aventure se poursuit
Dans les tribunes, les Marocains n’étaient pas seuls à célébrer cet exploit. Mexicains, Panaméens et Américains ont eux aussi porté les Lions de l’Atlas tout au long de la rencontre, dans un même cri repris aux quatre coins du stade.

Cette communion sportive, venue de plusieurs nations du continent américain, a donné à cette soirée de Monterrey une dimension qui a largement dépassé le cadre d’un simple match de football, illustrant l’attachement populaire que continue de susciter le parcours des Lions de l’Atlas sur la scène internationale.

La qualification désormais scellée, l’aventure mexicaine des Lions de l’Atlas se poursuit, mais le décor change. Le Maroc devra affronter le Canada à Houston, le samedi

4 juillet prochain, pour les huitièmes de finale. Après une nuit entrée dans l’histoire à Monterrey, rendez-vous est donc pris au Texas, où les Lions de l’Atlas tenteront d’écrire un nouveau chapitre de cette épopée mexicaine entamée il y a quarante ans.


«No era penal», la blessure mexicaine
Le football a une mémoire. Au Mexique, elle est d’autant plus vive que ce sport y est vécu comme une véritable religion populaire. Parmi les supporters mexicains venus encourager le Maroc, certains brandissaient une banderole : «No era penal» (Ce n’était pas un penalty).

Une référence au huitième de finale du Mondial 2014 face aux Pays-Bas, resté comme une profonde blessure sportive. Le Mexique menait 1-0 grâce à Giovani dos Santos, avant l’égalisation de Wesley Sneijder à la 88e minute.

Dans le temps additionnel, l’arbitre avait sifflé un penalty après une chute d’Arjen Robben au contact de Rafael Márquez. Klaas-Jan Huntelaar l’avait transformé à la 90e+4, offrant aux Néerlandais une victoire 2-1 et l’élimination des Mexicains.