L’ONDE met en place un dispositif national d’observation, de veille et suivi-évaluation de l’enfance

Dans le Royaume, le taux de scolarisation des enfants a atteint 99,7% et le taux de mortalité infantile a sensiblement baissé depuis 2011. Des actions ont été mises en œuvre pour la promotion des soins de santé pour les enfants et leur protection de la violence et de l’exploitation.

La situation des enfants dans le monde est toujours aussi alarmante. Selon les Nations Unies, si rien n’est fait, ce sont près de 70 millions d’enfants âgés de moins de cinq ans qui mourront, d’ici 2030, de maladies qu’il est possible de prévenir. En outre, plus de 60 millions d’enfants, en âge d’aller à l’école primaire, seront toujours déscolarisés et 750 millions de fillettes seront mariées.

En septembre 2015, les Nations Unies ont fixé dix-sept Objectifs de Développement Durable à atteindre pour 2030. Dans le cadre de ces dix-sept ODD, 44 indicateurs liés aux enfants ont été intégrés. Ces indicateurs touchent à divers aspects, tels que les droits à vivre et s’épanouir, à apprendre, à être protégé contre la violence, à vivre dans un environnement sûr et propre et à disposer des mêmes chances de réussite.

S’agissant du Maroc, celui-ci a créé, en 1995, l’Observatoire National des Droits de l’Enfant (ONDE) et ce, au lendemain de la ratification par le Royaume de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE). La mission principale de l’ONDE est de suivre la mise en application de la convention en question. C’est dans ce cadre que l’Observatoire a organisé, le 8 juillet à Rabat, un séminaire international sous le thème : « 30 ans après la CIDE et en perspective de l’Agenda universel 2030 : Présenter une nouvelle plate-forme mondiale pour le suivi des indicateurs des droits de l’Enfant ». Organisée en partenariat avec le comité de pilotage The Global Child Right Dialogue (GCRD) et avec l’appui de la Coopération Allemande (GIZ), la rencontre s’inscrit dans le cadre de la mise en place par l’ONDE d’un dispositif national intégré d’observation, de veille et suivi-évaluation de l’enfance au Maroc. L’évènement était également l’occasion de présenter la plate-forme mondiale d’indicateurs pour le suivi des droits de l’enfant, développée par Global Child, sur la base de la CIDE et des ODD, et conçue avec l’appui du Comité des droits de l’enfant.

Pour Lamia Bazir, directrice exécutive de l’ONDE, « l’enfant est la base fondamentale de notre capital humain et la seule garantie de la réalisation de toutes nos aspirations, stratégies et ambitions qu’elles soient économiques, industrielles, politiques, sociales ou culturelles ».

Force est de constater que les données sur l’enfance restent éparpillées et sectorielles, ce qui ne permet pas de « fournir des statistiques territorialisées et fiables », ainsi que l’évaluation et l’ajustement des politiques publiques et l’optimisation des ressources financières. C’est pourquoi le dispositif national d’observation, de veille et de suivi-évaluation de l’enfance, lancé par l’ONDE, assurera l’interopérabilité entre les systèmes d’informations. De même qu’il permettra de centraliser toutes les données nationales sur l’enfance, de faire de la veille continue pour faire remonter les tendances et les urgences, d’orienter la prise de décision et d’évaluer les politiques et programmes ciblant l’enfance au Maroc.

Le ministre d’Etat chargé des droits de l’Homme, Mustafa Al-Ramid, s’est, quant à lui, félicité de « la politique mise en place par le Royaume pour la protection des droits de l’enfant, dont notamment l’adoption d’un grand nombre de textes législatifs en la matière ». Il s’est également félicité de la généralisation de la scolarisation des enfants, dont le taux a atteint 99,7%, ainsi que de la baisse de la mortalité infantile.

D’après les résultats de l’Enquête nationale sur la santé de la population et de la famille de 2018, le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans a diminué de 30,5, pour mille naissances vivantes, en 2011, à 22,16 en 2018. Le taux de mortalité des enfants de moins de un an est, lui, passé de 28,8, pour mille naissances vivantes, en 2011, à 18 en 2018. Quant au taux de mortalité des nouveau-nés, il a chuté de manière significative à 13,56, pour mille naissances vivantes, en 2018. Cette baisse est due aux efforts visant à éliminer les facteurs de mortalité infantile, tels que la malnutrition et les maladies mortelles, et à améliorer l’accès, les conditions et la qualité des services fournis aux mères et aux enfants. Pour sa part, le Programme national de vaccination a permis au Maroc de relever le taux de couverture vaccinale à plus de 95% et l’élimination de maladies telles que la poliomyélite et la diphtérie, dont aucun cas n’a été enregistré respectivement depuis 1987 et 1991.

A noter que, dans le cadre du Plan santé 2025, le ministère de la Santé a mis en œuvre une série d’actions pour 2018-2019, qui s’articulent autour de la promotion des soins de santé pour les enfants dans les établissements de soins de santé primaires et l’amélioration de la qualité des soins de santé d’urgence ; la promotion de la nutrition maternelle, néonatale et infantile ; ainsi que la protection des enfants de la violence et de l’exploitation.