Les pur-sang arabes et anglais célébrés à l’hippodrome de Casablanca

Les 20 et 21 novembre courant, l’hippodrome d’Anfa avait rendez-vous avec deux journées de courses réservées aux pur-sang arabes et anglais. Trois courses ont été retransmises par la chaîne française «Equidia».

Samedi 21 septembre, hippodrome d’Anfa, Casablanca. Il est 15h45. Cinq minutes nous séparent du Grand prix des propriétaires, une des trois courses de chevaux phares de cette journée équine réservée aux pur-sang anglais. Le prix est doté de la coquette somme de 600000 DH et la course est support d’un tiercé local. Douze chevaux de trois ans vont en découdre. Les parieurs se pressent aux guichets afin d’enregistrer leurs paris. Les propriétaires et entraîneurs retiennent leur souffle.

Une ambiance festive

L’hippodrome d’Anfa, dont trois des courses programmées durant cette journée sont retransmises par la chaîne française des courses Equidia, est comble. A côté des gradins investis par les parieurs venus de Casablanca, mais également des autres régions du pays, les propriétaires des chevaux marocains, espagnols, français, anglais, irlandais, allemands et américains occupent les loges VIP. Munis de leurs  jumelles, ils scrutent leurs chevaux et attendent impatiemment le début de la course. Le champ de courses casablancais a été embelli pour l’occasion avec un espace dédié aux enfants, des points de restauration rapide, un stand commémorant les 100 ans de courses au Maroc…

15h50 : départ de la course. Le favori n’est autre que Famous Mark, un pur-sang anglais né et élevé au Maroc. Quand ce dernier se dégage et prend la tête de la course à l’entame de la ligne droite, les cris des supporters du cheval se mêlent à ceux des parieurs. Famous Mark domine la course et franchit la ligne d’arrivée, loin, très loin des autres chevaux. Une victoire signée par l’écurie de Sharif El Alami, Jalobey Racing, ainsi que du jockey maison Abderrahim Faddoul, le driver marocain le plus performant du moment. C’est surtout le succès d’un des chevaux de course marocains et un espoir certain pour cet équidé encore jeune… Trente minutes plus tard, la grande course de la journée, le Grand prix Mohammed VI doté de la somme de 1,2 million de dirhams, a consacré un cheval ibérique, Arkaitiz. Les deux chevaux qui ont complété le trio gagnant, Striving et Vacationer, sont des étalons appartenant à des propriétaires marocains (Atlantic Racing et le haras royal sablons).

Une autre visibilité pour le sport hippique national

La veille, l’hippodrome de Casablanca a été la capitale du pur-sang arabe, avec une journée de courses dédiée exclusivement à cette race de chevaux. Les deux réunions ont été marquées par la participation du grand jockey français Stéphane Pasquier ainsi que les meilleurs drivers locaux : Abderrahim Faddoul, Saïd et Zouhaïr Madihi, Thami Zergane, Jaouad Khayate en plus des deux jockeys  du haras royal, Gérard Rivases et Stéphane Coerette.

En tout, ce sont 20 chevaux marocains qui ont pris part à ces ceux journées de courses: 17 pur-sang arabes et 3 pur-sang anglais. «La Sorec a choisi de fusionner la journée du pur-sang arabe avec celle du pur-sang anglais pour lancer ainsi le Meeting international des courses de pur-sang. Ce sont les plus grandes dates du sport  hippique au Maroc. Le plateau de cette année est exceptionnel avec la participation de pas moins de 21 chevaux étrangers, 7 pur-sang arabes et 14 pur-sang anglais», lance d’emblée Omar Skalli, directeur général de la Société royale d’encouragement du cheval (Sorec). Les deux journées ont été une occasion pour les éleveurs, propriétaires, entraîneurs, jockeys marocains pour avoir plus de visibilité à l’international, en plus des allocations qui ne sont pas négligeables. «Ces deux journées sont l’occasion pour les chevaux marocains de briller. Le prix SM Mohammed VI est la course de l’année pour les Marocains. C’est l’événement attendu par tous les professionnels du cheval du pays», ajoute M. Skalli. Quand un cheval marocain triomphe à Casablanca, c’est toujours de bon augure pour sa future carrière.

Pour exemple, le cheval Billabong, un pur-sang anglais né et élevé au Maroc, a remporté le grand prix SM Mohammed VI en 2013 avant de se lancer dans des compétitions à l’international, notamment à Longchamp, le temple du galop en France.

L’hippodrome de Casablanca a vu trois de ses courses pur-sang anglais passer en direct sur Equidia, la chaîne hippique française. Les parieurs du monde entier pouvaient ainsi placer un pari sur ces trois courses. Une autre visibilité pour le sport hippique national. Durant l’année 2015, 22 courses marocaines ont été ainsi diffusées par la chaîne Equidia et servies comme support à des paris à l’international.

Selon les chiffres fournis par la Sorec, pas moins de 2 160 courses marocaines sont organisées par an, à raison de huit courses en moyenne par jour, six jours de courses par semaines, et ce, dans six hippodromes répartis dans tout le Maroc. Ces courses rassemblent 3 200 chevaux de courses avec comme moyenne 11 partants par course. A côté des courses françaises qui servent de support pour les classiques paris du tiercé, quarté et quinté, de plus en plus de courses marocaines servent également de support pour ce genre de paris. Aujourd’hui, en plus des jockeys marocains de plus en plus connus et des entraîneurs de qualité (El Hassan Bendia, Joel Seyssel, Larbi Cherkaoui…), des propriétaires de chevaux commencent à se faire connaître à l’international, à l’image d’Azzedine Sedrati, Sharif El Alami de Jacobey Racing, Kamal Daissaoui…). Ce dernier a réussi d’ailleurs la passe de trois lors de la journée du pur-sang arabe en gagnant trois courses sur les six au programme de la journée du 20 novembre!.