Le mariage et ses rites, ce qui a changé en une génération

En des temps pas si lointains, il était de coutume de dérober les jeunes filles au regard jugé forcément concupiscent des mà¢les, en sorte qu’elles préservent leur fleur et, partant, l’honneur de la famille.

En des temps pas si lointains, il était de coutume de dérober les jeunes filles au regard jugé forcément concupiscent des mâles, en sorte qu’elles préservent leur fleur et, partant, l’honneur de la famille. Honneur curieusement logé dans certain endroit de l’anatomie des vierges. Comme il fallait étouffer le mal dans l’œuf, on s’empressait de cloîtrer les gages de l’honneur familial à l’interstice entre enfance et adolescence, âge où le regard est piqué par ce trouble déconcertant qu’est la montée du désir.

De sa prison dorée, la hajba ne s’en évadait que dans des circonstances précises, à la faveur d’un deuil, d’un mariage, d’une circoncision ou d’un baptême. Elle s’y rendait sous bonne garde, celle de sa mère, et sous haute surveillance, car il aurait été avilissant qu’un mâle l’effleurât du regard. Il y avait aussi la séance hebdomadaire du hammam que la prisonnière attendait impatiemment et avec jubilation, tant elle représentait pour elle un bol d’air… dans une chaleur d’étuve. Le reste du temps, la hajba le passait derrière les barreaux, à effectuer les travaux ménagers sous la houlette de sa mère, à s’empiffrer pour prendre les molles rondeurs si goûtées par les éventuels prétendants et à guetter l’arrivée d’une khattaba (marieuse) porteuse d’une bonne nouvelle.
«Les khattabate étaient nombreuses. Que de services elles ont rendus aux familles et que d’alliances elles ont tissées !, observe la psychologue Soumaya Naâmane Guessous. Elles ont constitué une profession très précieuse. Elles représentaient un outil de communication dans une société où les fillettes, enfermées, attendaient avec impatience les princes charmants qui allaient les élever aux statuts de femmes-épouses et de femmes-mères».

Au hammam, la future mariée était examinée sous toutes les coutures
C’est grâce à une marieuse que la famille de Hafsa dénicha un parti pour sa fille. Les parents de celle-ci voulaient l’unir à son cousin. Mais il coula beaucoup d’eau sous les ponts sans que ce dernier lui manifestât le moindre intérêt. Apparemment, il ne la trouvait pas à son goût. Elle venait d’avoir seize ans, et à ce train elle était bien partie pour devenir une bayra (vieille fille). En désespoir de cause, sa mère mit à contribution, avec force présents, une marieuse. Deux années s’écoulèrent, Hafsa ne vit rien venir, sinon des prétendants pour ses deux jeunes sœurs. Ils étaient courtoisement éconduits, car, en tant qu’aînée, elle avait la préséance sur ses cadettes. Jusqu’à quand pouvait-elle faire valoir ce droit ?

Un jour, la délivrance. La pugnace marieuse vint frapper à la porte. Dans son baluchon, un parti bon sous tous rapports, estimait-elle : beau comme un astre, doux comme le miel, riche comme Crésus. Son père n’était-il propriétaire de dix maisons ? La mère de Hafsa ne prêta qu’une oreille distraite au portrait brossé du prétendant. En revanche, elle fut plus sensible à l’argument de l’opulence. Elle en convainquit son mari. La demande en mariage était acceptée. Un mois plus tard, six femmes se firent inviter. Prévenue, Hafsa s’était mise en frais. Elles apprécièrent, mais la future belle-mère différa son consentement. Elle tenait à se rendre compte des qualités «physiques» de sa future bru. A cette fin, elle dépêcha une femme, qui accompagna Hafsa au hammam. «J’avais honte de découvrir ma nudité devant une personne que je ne connaissais pas. Mais la matrone ne se gênait pas. Elle m’examinait sous toutes les coutures, allant même jusqu’à fouiller mon intimité. Je jouais le jeu, autrement j’aurais vieilli dans ma prison», raconte Hafsa. Epreuve réussie. La date de la khotba fut arrêtée.

La suite se déroula selon l’usage établi, dont on ne changea pas un iota. Trois mois après, la belle-famille vint «marquer» (r’chim) la future belle-fille. Un bracelet en or massif lui fut offert. On convint de la date de la cérémonie du mariage et du montant de la dot. S’ensuivirent, au printemps, les accordailles (drib sdaq). Dans l’après-midi, la famille du mari se présenta chez celle de la mariée chargée de plusieurs présents trônant sur des tifors: alliance, boucles d’oreilles, coupons de tissus, paires de babouches, parfums, henné, eau de fleur d’oranger, encens, gâteaux… Le cortège était précédé d’un groupe de Aâbidat rma. Après la prière d’Al Asr, l’union fut scellée par deux adoul qui restèrent pour le dîner fastueux préparé pour l’occasion. Hafsa, dans son caftan blanc, était enfin soulagée. Elle avait à peine aperçu son désormais fiancé, elle ne le revit que le jour du mariage. Entre-temps, deux fêtes religieuses passèrent, à chacune d’elles le fiancé ne manquait pas d’observer le rite de la tafkira, en présentant à l’élue de son cœur des cadeaux somptueux.

La nuit de noces, souvent un cauchemar
Au milieu de l’été était prévue l’ultime étape du marathon festif. Une étape en multiples péripéties, selon le vœu de la belle-famille de Hafsa, originaire de Fès. Quinze jours avant la date fatidique, la future mariée se rendait toutes les deux nuits au bain pour les sept ablutions rituelles. A la dernière séance qui correspondait à l’avant-veille de son entrée au domicile conjugal, Hafsa eut droit à la cérémonie du taqbib (toilette avec les seaux). Elle arriva, escortée de ses parentes et amies, les tayyabat l’attendaient pour la conduire dans une salle reculée, sous les youyous et les louanges du Prophète. On lui versa sept seaux d’eau tiède sur la tête. On lui mit des vêtements neufs. On la coiffa d’une somptueuse étoffe brodée de noìr (mharma). La voilà désormais sous la protection des anges. Le lendemain, c’était la mbita, décrite par Rita El Khayat comme la «dernière nuit qu’elle passait chez ses parents. Et tandis que l’on appliquait le henné sur ses extrémités posées sur des mouchoirs, eux aussi brodés, on avait pris soin de lui accrocher une amulette dite chamsine oua douhaba pour qu’elle ne lève plus les yeux et soit très calme vis-à-vis du marié, de sa parenté et de ses gens».

Le jour suivant était celui du rouah. Dans l’après-midi, chez ses parents, Hafsa se plia à la règle de la barza. Assise sur une chaise très haute, en bois peint, et vêtue d’une tenue splendide, elle s’offrit, sous les chants et les youyous, à la vue de l’assistance. Ce soir-là, des gens de sa belle-famille vinrent la quérir. Portée sur une amariyya, elle fit le chemin, yeux baissés, jusqu’au domicile conjugal. Là, elle vit pour la première fois à quoi ressemblait son époux. Musiciens et chanteurs l’accueillirent. Les deux conjoints firent une longue apparition devant les invités, se regardèrent sans se voir, puis dînèrent. Puis advint le moment le plus redouté : l’entrée dans la chambre nuptiale. Lalla Hafsa en conserve un souvenir douloureux. D’abord, choquée par la présence à la porte d’une foule réclamant son sang, elle ne fut pas davantage rassurée par la visite de son mari : «A la vue de la virilité de cet homme que je ne connaissais pas, je pris peur. J’allais m’enfuir. On me ligota. Je suis tombée dans les pommes et je ne me suis réveillée que pour m’apercevoir que je saignais. C’était atroce», se souvient-elle.

Le «sbohi» : une ceinture en or pour prix de son «sacrifice»
Pour prix de son «sacrifice», Hafsa reçut le lendemain, de la part de son mari, une ceinture en or, conformément à la coutume du sbohi. Auparavant, sa mère avait préparé, selon l’usage, ftour laâroussa, qu’elle ne goûta que du bout des lèvres. Puis elle assista distraitement à la remise des cadeaux à la belle-famille. Ecœurée, elle dut subir les contraintes de la berza et ses pesanteurs, se montrant devant les invités sept fois dans autant de tenues différentes. L’ambiance était joyeuse, le repas plantureux, l’assistance ravie. Hafsa n’avait pas la tête à ça, la nuit de noces avait laissé des stigmates. En revanche, la marieuse était aux anges. Sa mission avait été menée à bien.

«Les khattabate ont été un précieux moyen de communication dans une société hermétiquement fermée. Cependant, ni l’ouverture des foyers, ni le développement des nouvelles technologies, ni la mixité ne semblent les avoir remplacées. Aujourd’hui, les jeunes filles se plaignent de l’absence de lieux et d’intermédiaires favorisant les unions», déplore Soumaya Naâmane Guessous. Aujourd’hui, le relais des marieuses est pris par le Net, les annonces dans les journaux et les agences matrimoniales, dont la plus connue a été créée à Rabat en février 1998, mais sans résultat conséquent. A part cela, qu’est-ce qui a changé dans les rites entourant le mariage ? Peu et beaucoup de choses à la fois.

La traditionnelle préséance de l’aînée tend à disparaître
Autres temps, autres mœurs. Il y a une quarantaine d’années, une jeune fille de vingt ans était considérée comme une vieille fille, dont on finissait par se défaire en la «fourguant» à un polygame ou à un veuf cacochyme. Le jeune célibataire, lui, pâtissait de la défiance publique. On le qualifiait de zoufri, autrement dit de noceur, viveur, débauché. Aujourd’hui, selon les résultats du recensement de 2004 (voir La Vie éco du 17 mars 2006), les hommes sont célibataires à 98 % dans la tranche d’âge 20-24 ans et à 78 % dans la tranche 25-29 ans. De précoces qu’ils étaient dans les seventies, les mariages sont devenus tardifs. A cela, de multiples causes, dont les progrès de la scolarisation, la crise de l’emploi ou l’insuffisance des revenus. A l’âge où leurs (grands) parents étaient déjà des géniteurs, les adultes d’aujourd’hui sont des adolescents prolongés, des «Tanguy» qui vivent encore chez papa-maman.

Sur les 10,7 millions de personnes mariées, la proportion des couples de cousins-cousines tend à s’amoindrir alors que, dans le passé, ce type d’union était courant ; mieux : privilégiés, ainsi que l’observe Soumaya Naâmane Guessous. «Les cousins avaient la priorité sur les étrangers. La famille pouvait offrir une fille à son cousin parce que celle-ci avait une tare quelconque, quitte à ce qu’il en fasse une deuxième ou une troisième épouse». Sauf dans les campagnes, où l’esprit clanique persiste, et dans les «grandes familles» soucieuses d’associer fructueusement leurs patrimoines, les alliances au sein de la famille se raréfient.
La position d’aîné(e) donne de moins en moins le droit de préséance. Les parents n’attendent plus que leur premier enfant soit «casé» pour marier les autres. Même dans les campagnes, dont on connaît l’extrême conservatisme, cette tradition a du plomb dans l’aile. «De mon temps, ça ne se faisait pas de consentir au mariage d’une cadette avant que l’aînée ait trouvé un parti. Mais les temps ont changé et il faut s’y adapter. Quand mon neveu a demandé la main de ma plus jeune fille, j’ai hésité parce que la grande n’était pas encore mariée. Puis, j’ai fini par accepter pour ne pas commettre une injustice».

Les marieuses ayant fait leur temps, les rencontres préalables aux unions se passent le plus souvent d’intermédiaires, particulièrement dans les villes, où la mixité est devenue monnaie courante. Beaucoup de couples se sont connus dans un établissement supérieur, sur le lieu du travail, pendant les vacances ou à la faveur d’une fête. Ainsi Rajaa et Hicham. A l’occasion de son anniversaire, la sœur de Rajaa, employée dans une banque, invite ses collègues, dont Hicham. Il a 30 ans, une dégaine de jeune premier et un look fantaisiste. D’emblée, il tape dans l’œil de Rajaa. Elle est aux anges, mais se garde de le montrer, quand il l’invite à danser. Après la danse, ils s’asseoient côte à côte. Il la fait rire à coups de blagues, puis de but en blanc, il lui demande la permission de l’attendre le lendemain à la sortie de l’école dentaire qu’elle fréquente. Elle y consent. Depuis, ils se voient régulièrement en ce lieu, font chemin ensemble, la main dans la main, jusqu’à une centaine de mètres de la maison de Rajaa. Celle-ci met sa sœur au parfum de sa chaste idylle. La frangine vend la mèche. Mise au courant, la mère de Rajaa insiste pour qu’elle sonde les intentions de son Roméo. Elles sont sérieuses.

Par un après-midi automnal, la mère de Hicham, escortée de deux de ses parentes, et chargée de gâteaux et de lait, rend visite à la mère de Rajaa. Celle-ci assiste à la prise de contact, se comporte naturellement et se laisse volontiers jauger. La coutume du test du hammam étant dépassée, elle y échappe tout en n’évitant pas l’examen de passage. Ce dernier est réussi, c’est ce que vient annoncer la future belle-mère, une semaine plus tard. On profite de la bonne nouvelle pour fixer la date de la khotba et de la cérémonie du mariage, puis convenir du montant de la dot et du contenu du dfouâ. Quinze jours s’écoulent et c’est la demande en mariage, à laquelle assistent les parents et proches parents des familles appariées. Dans cette circonstance, le rituel n’a pas changé. La belle-famille n’est pas venue les mains vides : 3 bracelets en or, 2 coupons de tissu, du henné, des dattes, un sac de pains de sucre et du lait, le tout joliment emballé et orné, tombe dans l’escarcelle de Rajaa. Chants et youyous chauffent l’ambiance. Celle-ci atteint un haut degré d’incandescence quand le futur marié met les bracelets à la main de l’élue de son cœur. Puis, on se sépare sur un gueuleton apprêté avec talent.

La «tafkira» et le rituel du «dfouâ» résistent aux changements
Vient l’Aïd Sghir et, avec, la tafkira, sous forme d’un coupon de tissu, de lait et de fruits secs, offerts par le futur marié. L’habitude de se rappeler au bon souvenir de sa future se maintient. A la seule différence que certains, par esprit pratique, choisissent d’offrir des services de table ou des appareils électroménagers. Deux mois après, les parents de Rajaa organisent les fiançailles. Pour ce, ils louent une salle. La veille, ils ont reçu chez eux les parents et proches du fiancé pour assister à la cérémonie du henné, animée par des dqayqiya et conclue par un dîner. A 22 heures, des Aïssaoua annoncent l’arrivée du dfouâ. Les composantes de ce dernier sont quasiment immuables : plusieurs tifors (grands plats) comportant bagues de fiançailles et boucles d’oreilles, coupons de tissus (tfasal); sacs à main, paires de chaussures et parfums, henné, eau de fleur d’oranger, encens, douceurs. Portée sur une ammariya et de caftan blanc (amira) vêtue, Rajaa fait son entrée dans la salle. Les adoul sont là, le contrat de mariage est vite signé, Rajaa admire les 3 bracelets en or dont sa belle-mère lui a fait présent, puis boit le lait et mange des dattes, avant de se faire passer l’alliance par son fiancé et d’en faire de même.

Le mariage se déroule dans une salle. C’est à la belle-famille de Rajaa qu’en revient la charge. La veille, elle a eu droit à une séance de hammam. Le lendemain, re-hammam puis coiffure. A 22 h, elle se présente sur une ammariya, s’installe aux côtés de son mari sur la minnassa qu’elle quitte plusieurs fois pour changer de tenue sur les instructions de la neggafa : mauve, marron, turquoise, bordeaux et pour finir en beauté la lebsa fassia pour effectuer la dora dial tifor.
Après quoi, le couple danse un slow, puis se dérobe par une porte pour aller passer la nuit dans un hôtel. Rajaa est en robe blanche, son mari en costume. Pas question d’exhiber le seroual, d’ailleurs la mariée n’en porte pas. Elle est restée vierge mais ne tient pas à le prouver. «Que la mariée soit vierge ou non, l’exhibition du seroual est de plus en plus rejetée. Mais dans la majorité des cas, le seroual est fêté à l’intérieur des foyers. On considère que c’est honteux de lui faire faire le tour du quartier». Autres temps, autres mœurs. Les nouvelles ne sont pas malsaines, bien au contraire, puisqu’elles se sont débarrassées des aspects offensants du mariage, tels que le test du hamman et l’exhibition du seroual. Ce qui rend la mariée encore plus belle

Budget
  De la neggafa à la pastilla,une addition de plus en plus salée

Il est difficile d’estimer le coût d’un mariage, puisque ce dernier est fonction de l’état de la bourse et du degré d’attachement au paraître. Mais si vous disposez de moins de 50 000 DH, il est inutile de vous jeter à l’eau, à 100 000, vous sauverez la face, à 200 000, vous friserez le ridicule.
Pas de mariage sans panse bien remplie. Certains optent pour les «tabbakhate». Leurs tarifs varient selon le nombre d’invités et de plats à servir. Comptez entre 400 et 700 DH la journée. Plus sollicités sont aujourd’hui les traiteurs. Ils fleurissent partout et n’interviennent pas pour des prunes : un cocktail froid chez Tazi (gâteaux marocains, petits fours, salés, canapés, jus, eaux gazeuses et minérales, thé et café) vous reviendra à 9 400 DH pour 200 personnes ; le cocktail dînatoire (mini pastillas, mini brochettes, nems, tortillas) va chercher dans les 18 000 DH pour 200 personnes. Le traiteur Rahal propose la formule du dîner servi à table (pastilla aux pigeons, méchoui garni, jardinière de légumes, glace, fruits), qu’il se fait payer 5 000 DH par table. Tout cela avec couverts et serveurs. Si vous vous passez des services d’un traiteur, attachez-vous ceux de serveurs (200 DH) et de loueurs de matériel (chaque table dressée, avec nappe et couverts vous coûtera 200 DH).

Pas d’ambiance sans musique. Le prix d’un orchestre flambent d’année en année. Aujourd’hui, il flirte avec le million de centimes. Les «dqayqia» ne se mettent pas en spectacle à moins de 2 500 DH, les «aïssaoua», en vogue ces derniers temps, exigent 4 000 DH. Stati, Hajib ou Oulad Bouazzaoui ne se feront pas prier pour être de la fête, à condition que vous déboursiez entre 15 000 et 20 000 DH. Prix à revoir à la hausse en pleine saison.
Les maisons étant de plus en plus étriquées, on a recours aux salles des fêtes. Vides, elles coûtent environ 7 000 DH, équipées elles franchissent allègrement la barre des 10 000 DH.

Pas de belle mariée sans «neggafate». Le tarif de celles-ci varie en fonction de la qualité et du nombre des tenues et des parures. Difficile de fixer un minimum. Mais une «neggafa» réputée comme Majda Benjelloun vous proposera un devis entre 8 000 et 15 000 DH .