Internet au Maroc : Questions à  Bassim Khaber, Président de l’Association des jeunes citoyens (AJC)

«Internet joue un rôle central dans le développement des actions associatives aujourd’hui»

La Vie éco : Pourquoi avoir choisi l’action Ktabi Ktabek ayant trait à la lecture ?

Nous sommes une association de civisme et de développement local, et le bon terroir pour semer ces principes est une société cultivée. Nous estimons que le meilleur ambassadeur de la culture ne peut être autre que le livre. Ainsi, nous avons décidé d’inviter le livre chez les gens au lieu d’attendre qu’ils aillent le chercher. Il faut dire aussi que le coût assez abordable et la facilité d’installation d’une librairie Ktabi Ktabek nous ont plus motivé à commencer par ce projet, surtout qu’il s’inscrit dans la permanence en opposé aux journées de lecture qui sont plutôt dans l’éphémère. Ceci étant, d’autres projets comme Clé de sol pour l’initiation à la musique sont en période de test.

Quel rôle joue Internet et surtout Facebook dans votre action associative ?

Internet joue un rôle central dans le développement des actions associatives aujourd’hui, c’est un support de communication superpuissant qui te permet d’interagir avec les forces vives un peu partout sur le Royaume. Si aujourd’hui nous sommes suivis par les média, et que nous avons pu créer des relais sur plus de 15 villes, c’est essentiellement grâce aux réseaux sociaux. Si on revient juste dix ans en arrière, la besogne serait nettement plus compliquée.  

Pensez-vous que le champ associatif au Maroc est en train de changer avec cette nouvelle génération qui a une maîtrise des nouvelles technologies ?

C’est une réalité irréfutable, le champ associatif a bel et bien changé et les actions commencent à pulluler sur la toile. Et on maîtrise de plus en plus la communication, le recrutement sur les réseaux et l’organisation d’événements. Cependant, il reste quelques difficultés à surmonter, en l’occurrence la grande concentration sur un même type d’actions et l’omission d’autres, et aussi la difficulté de monter des collaborations et du travail en groupe pour partager les expériences, optimiser les ressources et exploiter ensemble les pistes déjà balisées pour plus d’efficacité et surtout d’efficience dans les actions.

Quels sont les principaux obstacles que vous rencontrez dans votre travail associatif ?

Le plus grand des problèmes est l’accès au financement. Nous avons choisi un type de projet qui est géré par les bénéficiaires, ce qui nous facilite la gestion car nous faisons juste des rondes ponctuelles pour vérifier la bonne marche du projet. Cela nous exempte des difficultés de discipline et de disponibilité des bénévoles. Nous avons pu gagner la confiance des gens et neutraliser leur susceptibilité en leur proposant un projet permanent et de proximité apportant des solutions à eux et à leurs enfants. Ceci étant, nous avons un objectif de mettre le livre à portée de main d’un million de Marocains, et pour cela il faudrait un investissement en mini-librairies en aluminium. Nous comptons en installer  plus d’une centaine par an, et pour cela il nous faut des partenaires et des sponsors qui acceptent de s’associer à notre effort dans le cadre d’un partenariat win-win. Mais le processus de recherche s’avère lent quelle que soit la notoriété dont on jouit.