Enfants abandonnés : le Collectif Famille d’accueil déposera sa proposition de loi en octobre prochain

Le Collectif interpelle les pouvoirs publics pour en faire une priorité… Le cadre légal est qualifié d’impératif. Les obligations des familles d’accueil seront précisées dans un cahier des charges.

Réglementer le dispositif «Familles d’accueil». Une priorité pour le Collectif Familles d’Accueil qui a organisé, le week-end dernier, à Agadir, la conférence régionale sur le «Dispositif familles d’accueil». Organisée dans le cadre du projet ’’Himaya’’ par la Fondation Amane pour la protection de l’enfance, en partenariat avec Unicef-Maroc, le ministère de la justice et la présidence du parquet, cette rencontre permettra, selon Fatima El Barhani, membre de la Fondation Amane, de renforcer, une fois encore, l’importance d’un dispositif familles d’accueil au Maroc. Un dispositif qualifié d’impératif dans la mesure où actuellement la majorité des enfants abandonnés sont placés soit dans des établissements de protection sociale, soit dans des centres de protection de l’enfance. A souligner que le projet ‘’Himaya’’ (familles de protection) a été lancé au niveau des tribunaux de Taroudant, Agadir et Inezgane dans le but de placer les enfants privés de la protection familiale au sein de familles d’accueil, de sensibiliser les citoyens à l’importance de ce projet, et de plaider pour un dispositif national de familles d’accueil comme étant l’un des choix alternatifs aux enfants privés de protection familiale.

Au moins 39 enfants sont abandonnés chaque jour au Maroc. On en est à 85 000 actuellement. Des chiffres alarmants qui nécessite, avance Béatrice Beloubad, directrice nationale de SOS Villages d’Enfants, des dispositifs légaux. Et c’est pour cette cause, poursuit Mme Beloubad, que le Collectif entend déposer sa proposition de loi en octobre prochain, avec l’espoir qu’elle devienne une loi en 2021.

Mais ce qui semble une priorité pour les associations ne paraît pas en être une pour les pouvoirs publics. Preuve en est une proposition de loi qui a été soumise en 2012 au ministère de la justice et celui de la solidarité, de la famille, de la femme et du développement social est toujours en suspens. Malgré cela, les associations membres du Collectif Familles d’accueil ne baissent pas les bras et continuent à travailler en vue d’organiser le dispositif des familles d’accueil.

La famille d’accueil n’est pas l’unique option

Lors de la conférence d’Agadir, les intervenants ont également discuté de l’élaboration d’un cahier des charges auquel devront répondre les familles désirant accueillir des enfants.

Ont également été abordés les lignes directrices et protocoles conformément aux standards internationaux pour le placement des enfants. Car, explique Mme Beloubad, «outre le cadre juridique de la famille d’accueil, il faut aussi prendre en considération les aspects psychologiques, sociaux et économiques des familles et des enfants en vue d’un placement réussi».

De ce point de vue, le Collectif reconnaît que la famille d’accueil n’est pas la seule option. «La kafala et le retour dans la famille d’origine sont également des solutions. Et pour cela, il faut, d’une part, revoir la loi sur la kafala, et, d’autre part, œuvrer pour une réintégration de la famille biologique notamment par la sensibilisation des parents et l’organisation d’une aide permettant une meilleure prise en charge des enfants», dit la directrice nationale de SOS Villages d’Enfants. Elle ne manque pas de souligner que «pour lutter contre l’abandon des enfants, chacun des acteurs devrait jouer son rôle. Ainsi, nous pensons que les pouvoirs publics, pour appuyer les actions de la société civile, devraient apporter un soutien financier en versant une pension aux familles d’accueil». Il est à noter que les moyens financiers sont l’une des difficultés majeures dans la prise en charge des enfants abandonnés.

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