Droits des enfants : Situation du Maroc dans le rapport de l’UNICEF

Droit à  la protection : Encore du chemin à  parcourir 5 critères pour déceler si un enfant est bien ou mal protégé :

Travail des enfants – Le rapport enregistre 8% d’enfants qui travaillent au Maroc. Dans ce pourcentage sont compris les enfants âgés de 5 à14 ans qui avaient un travail au moment de l’enquête. Un enfant est considéré comme se livrant au travail des enfants dans les cas suivants: enfants de 5 à11 ans qui, pendant la semaine précédant l’enquête, se sont livrés à une activité économique pendant au moins une heure ou ont effectué des corvées ménagères pendant au moins 28 heures et enfants de 12 à14 ans qui, pendant la semaine précédant  l’enquête, se sont livrés à une activité économique pendant au moins 14 heures ou ont effectué des corvées ménagères pendant au moins 28 heures.

Mariage d’enfants : 3% de femmes âgées de 20 à 24 ans qui se sont mariées ou vivaient maritalement avant l’âge de 15 ans et 16% de femmes âgées de 20 à 24 ans qui se sont mariées ou vivaient maritalement avant l’âge de 18 ans.

Enregistrement des naissances : 94% d’enfants de moins de 5 ans étaient enregistrés au moment de l’enquête.
Justification de la violence conjugale : là, c’est le comble, les mentalités ont la peau dure : 64% de femmes âgées de 15 à 49 ans pensent qu’un mari est en droit de frapper ou de battre son épouse dans au moins l’un des cas suivants : si elle brûle le repas, se dispute avec lui, sort sans le lui dire, néglige les enfants ou refuse d’avoir des rapports sexuels.
Discipline imposée par la violence : les enfants continuent à subir par la violence le dictat des parents. 91% d’enfants âgés de 2 à 14 ans à qui l’on continue d’imposer la discipline par la violence (agression psychologique et/ou châtiments corporels).

Education : Des progrès insuffisants

Taux d’alphabétisation des jeunes : 89% de jeunes hommes et 74% de jeunes femmes âgés de 15 à 24 ans sont capables de lire et écrire, tout en le comprenant, un petit texte simple sur leur vie de tous les jours. L’enquête reste optimiste, car on ne sait pas par quelle langue est libellé le texte puisque d’autres enquêtes ont révélé que les jeunes sont des cancres en matière de maîtrise des langues. Mais le Maroc reste le dernier de la classe au Maghreb : ils sont respectivement 98% et 96% en Tunisie, 94% et 89% en Algérie capables d’écrire, de lire et de comprendre ce texte.
Téléphones portables et Internet : les jeunes marocains sont très forts dans ces domaines. 120/100 est le nombre d’abonnements actifs à un service de téléphonie mobile, y compris le nombre de cartes SIM prépayées actives au cours des trois mois précédant l’enquête (2012). Et 55% est le nombre estimatif d’utilisateurs d’Internet, y compris ceux qui l’utilisent à partir de n’importe quel appareil (y compris téléphones portables) au cours des 12 derniers mois précédant l’enquête.
Taux brut de scolarisation dans le pré-primaire: Beaucoup d’efforts à faire alors que c’est cette phase qui détermine tout l’enseignement futur de l’élève. 73% des garçons et seulement 53% des filles en âge officiel de faire cette scolarité y sont inscrits.
Ecole primaire et secondaire : On le sait, les enfants en âge de fréquenter l’école primaire a fait un bond spectaculaire, mais il est battu en brèche par la déperdition scolaire. 97% garçons et 96% des filles la fréquentent. Ils ne sont plus respectivement que 71 et 74% à être inscrits dans le secondaire.

Santé : 82% boivent une eau potable améliorée

Plusieurs indicateurs sont définis pour savoir si un enfant dispose d’un minimum de services et de soins sanitaires qui le prémunissent contre les diverses maladies.
• l’utilisation d’eau potable améliorée. Que cette eau soit par canalisation jusque dans le lieu d’habitation, sur le terrain, dans la cour ou dans la cour des voisins, par borne-fontaine ou robinet public, par puits tubulaire ou trou de sonde creusé et protégé. Tous les pays du Maghreb ont fait des efforts dans ce sens, plus dans le monde urbain que dans les zones rurales. La Tunisie vient en tête avec un total de 96% dans l’urbain, 89% dans le rural ; l’Algérie avec un total (urbain et rural) de 84% et le Maroc avec un total de 82%.
•Utilisation des installations sanitaires améliorées: latrine à chasse d’eau connectée au réseau d’égouts, à une fosse septique ou latrine à fosse; latrine améliorée à fosse auto-ventilée; latrine à fosse avec dalle; fosse couverte; toilettes à composte. Le Maroc est classé dernier au Maghreb, avec 70% de la population utilisant ces installations, l’Algérie 95%, La Tunisie 96%.
• Programme élargi de vaccination (PEV) de routine financé par l’Etat : Pourcentage de vaccins du PEV, financés par le gouvernement (prêts compris), administrés systématiquement dans un pays donné afin de protéger les enfants. Le tableau n’indique pas le pourcentage de ce programme pris en charge par l’Etat, mais il est à 100% par les deux pays voisins. N’empêche, que le tableau statistique indique que les enfants marocains sont vaccinés à 99% contre les principales maladies qui les guettent, comme le BCG, la polio et la rougeole… 89% de ses nouveau-nés sont protégés contre le tétanos et 70% d’enfants ayant des symptômes de pneumonie sont présentés pour consultation.

Nutrition : Consommation faible en sel iodé

Elle concerne, entre autres, l’allaitement, l’insuffisance pondérale, le retard de croissance et la consommation de sel iodé.
Insuffisance pondérale à la naissance : enfants âgés de 0 à 59 mois dont le poids est inférieur de deux écarts types au poids médian pour leur âge tel qu’il est défini dans les Normes OMS de croissance de l’enfant. Le Maroc compte 15%, l’Algérie 6% et la Tunisie 2%.
Initiation précoce à l’allaitement : Maroc 52%
Retard de croissance modéré ou grave : celui frappant les enfants âgés de 0 à 59 mois dont la taille pour l’âge est inférieure de deux écarts types à la taille pour l’âge médiane telle qu’elle est définie dans les normes OMS de croissance de l’enfant. Le Maroc et l’Algérie 15%, la Tunisie 10%.