Ce qu’en pense Abdessamad Dialmy, sociologue

Ne pas payer sa cotisation est un peu synonyme d’incivisme. Un Marocain peut bien tenir sa maison, mais dès qu’il franchit le pas de sa porte, il se sent dans la rue. Escalier, ascenseur, terrasse, façade de l’immeuble lui sont étrangers.

Ne pas payer sa cotisation est un peu synonyme d’incivisme. Un Marocain peut bien tenir sa maison, mais dès qu’il franchit le pas de sa porte, il se sent dans la rue. Escalier, ascenseur, terrasse, façade de l’immeuble lui sont étrangers.
Le copropriétaire n’est pas conscient qu’il est impliqué dans le fonctionnement et la bonne marche de l’immeuble où il habite. La vie en commun dans le sens moderne du terme est absente chez lui. Assemblée générale, vote du budget et des décisions importantes pour la bomme marche des «affaires» de l’immeuble, sont, certes, des structures d’apprentissage de la démocratie. Mais ce sont des structures secondaires qui émergent avec la société moderne et démocratique, qui demandent un choix réfléchi et volontaire, or le Marocain ne s’est pas encore départi des structures primaires où il est né et qui lui collent encore à la peau : famille, ville, tribu, religion. Ces structures secondaires peuvent être verticales, de nature politique, comme elles peuvent être horizontales, associatives et autres. La plupart des Marocains continuent de se définir par rapport à des structures primaires, et la solidarité qui existe dans leurs relations appartient encore à ces structures. Le lien avec l’association, le parti ou le syndic est un lien plutôt artificiel. L’intensité de la relation n’est pas de la même nature que dans une structure primaire.