Voyagez sans trop souffrir du décalage horaire

L’organisme oppose beaucoup d’inertie à  la modification des signaux du temps.

Quand la destination dépasse trois fuseaux horaires par avion, il s’en suit, selon les individus, des symptômes désagréables qui peuvent gâcher le plaisir du voyage. C’est le phénomène de jet-lag, indique le Dr Fouzia Kadiri, spécialiste en oto-rhino-laryngologie et présidente de la Société marocaine du sommeil et de la vigilance.

Le jet-lag est un terme d’origine anglaise (de jet : avion, et lag : décalage), utilisé pour désigner l’ensemble de troubles liés à la désynchronisation des horloges biologiques à la suite d’un déplacement en avion à travers, au moins, trois fuseaux horaires. Ce décalage brutal des rythmes internes, et du temps externe, constitue un véritable traumatisme car l’organisme oppose beaucoup d’inertie à la modification des signaux du temps externe, le jour et la nuit, explique le Dr Kadiri.

Le dépassement des capacités d’adaptation de l’équilibre veille/sommeil peut provoquer, de manière souvent retardée, des troubles physiques et psychiques similaires à ceux que l’on observe chez les personnes qui ne s’adaptent pas au travail de nuit: fatigue, irritabilité, déshydratation, ronflement, douleurs et troubles fonctionnels, insomnie avec ou non un accès de somnolence diurne.
Ces symptômes sont dus à la désynchronisation de l’horloge biologique humaine par rapport au rythme jour et nuit de destination. Cette désynchronisation se manifeste par une fatigue générale, des difficultés d’initiation ou de maintien du sommeil, une somnolence diurne, une baisse de la vigilance, une perte de concentration, une irritabilité, une anorexie ainsi que des problèmes gastro-intestinaux. Le stress lié au voyage, la privation initiale de sommeil, la déshydratation peuvent accentuer ces symptômes. La resynchronisation est de 1 jour par fuseau vers l’ouest, et de 1,5 jour par fuseau vers l’est et généralement les vols vers l’ouest sont mieux supportés, relève cette spécialiste du sommeil et de la vigilance.

Cette resynchronisation dépend également de la flexibilité ou de la rigidité de l’horloge interne de chaque individu ainsi que du temps de vol et des heures de départ et d’arrivée. Comment alors diminuer l’effet du jet-lag ? Décaler les rythmes du sommeil et des repas quelques jours avant le départ, sans dépasser 1 à 2 heures. Pendant le vol, régler sa montre sur l’heure de destination et se mettre en situation mentalement et surtout ne pas trop manger le premier jour d’arrivée, boire beaucoup d’eau minérale tout en évitant boissons gazeuses et alcool, essayer de dormir si c’est un vol de nuit en évitant le recours aux somnifères. Après l’arrivée, fonctionner immédiatement sur l’horaire locale, limiter la privation de sommeil par une bonne hygiène du sommeil, en recourant aux somnifères si nécessaire uniquement pendant les deux premiers jours.