Traitement du sida, les prix baissent

Le coût du traitement du sida par la trithérapie est passé de 13 000 DH par malade et par mois à 850 DH

Le test de dépistage du VIH est disponible dans les grandes villes du pays.

«Dans la maladie sida, l’instauration d’une trithérapie à base d’antirétroviraux, qui a révolutionné la prise en charge thérapeutique de cette pathologie infectieuse, vise à réduire la morbidité et la mortalité, sachant qu’il est impossible en l’état actuel des connaissances d’éradiquer définitivement le VIH de l’organisme». C’est ce que rappelle Mohammed Adnaoui, chef du service de recherche biomédicale au CHU de Rabat et professeur de pathologie infectieuse à la faculté de médecine et de pharmacie de Rabat.

Au Maroc, grâce au travail conjoint du ministère de la santé, de l’ALCS (Association marocaine de lutte contre le sida), et du Fonds mondial, nous avons assisté, depuis 1996, à une réduction substantielle du coût de la trithérapie par personne et par mois, qui est passée par trois étapes.

Première étape : le coût passe de 13 000 DH par malade et par mois à 6 500 DH grâce à l’exonération des taxes douanières, à l’achat directement aux laboratoires et à la négociation des prix. Deuxième étape : le coût passe de 6 500 DH /malade/mois à 2 000 DH du fait que le ministère de la santé a augmenté régulièrement sa part dans l’achat des médicaments et grâce à l’appui du programme Access accordant des réductions de prix concernant les grandes firmes internationales commercialisant les antirétroviraux. Troisième étape : le coût passe de 2 000 à 850 DH/malade/mois grâce à la disponibilité des médicaments génériques au Maroc.

Par ailleurs, précise le professeur Adnaoui, vingt-cinq ans après la première description des premiers symptômes du syndrome qui allait devenir le sida, au printemps 1981 (premier cas rapporté au Maroc en 1986), la perception de l’infection à VIH s’est profondément modifiée. L’évolution actuelle des connaissances permet de rendre compte qu’au-delà du sida, stade avancé et ultime de cette infection virale chronique, on s’est rapidement rendu compte du caractère multidisciplinaire de sa prise en charge qui dépasse le cadre strictement médical pour s’étendre aux aspects socio-économiques, psycho-comportementaux, juridiques et éthiques de cette nouvelle maladie réémergente.

Dans son dernier rapport annuel, l’ONUSIDA révèle des chiffres préoccupants, notamment pour les pays d’Afrique subsaharienne, la féminisation progressive des nouveaux cas déclarés et pose la problématique des flux migratoires et de l’inégalité de l’accès aux soins entre le Nord et le Sud.

Pour le Maroc, le système de surveillance sentinelle relève 350 000 cas de nouvelles infections sexuellement transmissibles (IST), 20 000 cas de personnes vivant avec le VIH, alors que le nombre des cas de sida maladie notifiés de façon cumulative depuis 1986 est de 1 990 cas.

La prévalence générale dans notre pays reste inférieure à 1% et ne dépasse pas 0,13 % chez la femme enceinte, ce qui témoigne d’une épidémie peu active (normes de l’OMS). Cependant, il y a augmentation constante du nombre de nouveaux cas déclarés, prédominance du mode de transmission par voie hétérosexuelle et atteinte prépondérante du sujet jeune.

Pour la demande du test VIH, il obéit aux règles de counselling et il peut être réalisé dans des Centres de dépistage anonyme et gratuite (CIDAG) répartis au niveau des grandes villes du Maroc.