Rôle préventif de l’étiquetage des denrées alimentaires

14 substances allergènes considérées comme responsables de 90% des allergies alimentaires.
Allergies, intolérance alimentaire et étiquetage des denrées au centre des travaux d’une journée scientifique de nutrition, samedi 8 mai à  Casablanca.

Les allergies constituent un véritable fléau des temps modernes. Selon l’Organisation mondiale de la santé, elles sont classées au 4e rang mondial dans la liste des problèmes de santé. Une spécificité, l’allergie alimentaire se caractérise par sa prévalence croissante, sa potentielle sévérité et surtout par les difficultés d’établir un diagnostic de certitude. Le Pr Nabila Lahlou, directrice pédagogique de l’Ecole supérieure de nutrition  à Casablanca, estime que «les allergies alimentaires touchent 1 à 3% des adultes et 4 à 6% des enfants». Cette ancienne professeur à la Faculté de médecine de Casablanca relève que «pour les personnes atteintes d’allergies, de sensibilité ou d’intolérance alimentaire, éviter certains aliments et ingrédients constitue un défi de taille». Et elle ajoute : «Reconnues comme un important problème de sécurité sanitaire, les allergies alimentaires doivent être considérées avec attention par l’industrie alimentaire pour mettre au point un étiquetage détaillé des ingrédients alimentaires allergènes. Face à cette montée en puissance des allergies, il est urgent de sensibiliser et de former les professionnels de santé, afin qu’ils puissent mieux identifier les premiers symptômes et ainsi de mieux prendre en charge la pathologie». Partant de ces préoccupations, «Quoi de neuf en 2010 dans les allergies et l’intolérance alimentaire» est la thématique de la IIe journée scientifique de nutrition qu’organise, le 8 mai à Casablanca, l’Ecole supérieure de nutrition.  La session des allergies alimentaires traitera des spécificités  chez l’enfant, des  allergies croisées, du lait chez les atopiques,  les allergies aux végétaux comestibles et des outils diététiques dans la prise en charge d’un patient allergique. Les travaux scientifiques portant sur l’intolérance alimentaire seront axés sur celle liée au lactose et surtout les nouveautés dans la prise en charge de l’intolérance au gluten. Une importante session sera consacrée aux dernières recommandations européennes en matière d’étiquetage des denrées alimentaires confrontée à la réalité marocaine dans ce domaine. Il est à préciser que selon les instances internationales spécialisées, l’étiquetage doit représenter sans ambiguïté la composition exacte du produit, sans exagérer les risques en matière d’allergies. Il faut réduire les informations superflues sur les étiquettes diminuant ainsi la confusion chez le consommateur. Par ailleurs, la validation des processus de fabrication est nécessaire afin de garantir l’absence de composé allergisant dans le produit fini. Toutefois, comme aucun processus de fabrication ne peut être contrôlé entièrement, une méthode standard de vérification finale des produits avant leur mise sur le marché devrait être mise en place. C’est une des recommandations à laquelle aspire le comité scientifique de cette IIe journée de nutrition. Autre recommandation envisagée, un contrôle régulier de l’étiquetage sur le terrain afin de vérifier l’absence d’erreurs, d’ambiguïtés ainsi que la bonne lisibilité des informations. Une piste à suivre au Maroc, les directives européennes obligent les industriels à mentionner dans la liste des ingrédients des denrées alimentaires préemballées la présence éventuelle de 14 substances allergènes considérées comme responsables de 90% des allergies (par exemple les céréales contenant du gluten, arachides, soja, graines de sésame, etc.).