Réflexion sur un Comité national consultatif de l’éthique médicale

La mise en place au Maroc d’un Comité national consultatif de l’éthique médicale est la principale recommandation du XXVIIe congrès médical national.
Le budget alloué à  la recherche au Maroc est de 0,8% du PIB.

«La médecine devient de plus en plus technique, s’adresse à des malades de plus en plus fragiles et s’attaque à l’émergence de nouveaux risques sanitaires, nécessitant en permanence une mise à niveau actualisée des connaissances», a scandé le Pr Saïd Motaouakkil, président de la Société marocaine des sciences médicales (SMSM), qui a tenu son XXVIIe congrès national, les 17 et 18 avril courant à Casablanca.  
Ce sont d’ailleurs quelques arguments, qui ont imposé le thème central de cette édition consacrée à l’éthique médicale au Maroc et ailleurs.
«La recherche n’est pas une fin en soi, mais un moyen pour atteindre des objectifs définis, tels l’amélioration de la santé des populations, la réduction des iniquités d’accès aux soins et l’utilisation rationnelle des moyens», indique le président de la SMSM. Et d’ajouter que «le Maroc doit se positionner rapidement sur le plan mondial, en profitant du programme national de la restructuration de la recherche avec l’augmentation du budget qui lui est alloué qui avoisine 0,8% du PIB, de la jeunesse des équipes de recherche en quête de reconnaissance nationale et internationale, des effets positifs de la mondialisation avec l’exemplarité de certaines expériences à l’échelle planétaire, d’Inde, d’Amérique Latine et du Sud-Est asiatique».
Le débat sur l’éthique et la bioéthique au Maroc devient de plus en plus pressant.
L’éthique est la science morale, c’est une discipline pratique dans un espace qui se donne pour but de dire comment les êtres doivent se comporter pour agir sérieusement entre eux. Il existe différentes formes d’éthique qui se distinguent par leur degré de généralité. Elles se distinguent aussi par leur objet ou par leur fondement.
Dans tous les cas, l’éthique vise à répondre à la question : «Comment agir au mieux ?» tient à relever le Pr Motaouakkil. La SMSM considère que la science médicale en elle-même n’a pas pour tâche de définir les valeurs humaines.
Elle doit donc être confrontée aux autres sciences, notamment aux sciences humaines, et l’homme doit aborder la question du sens et des conséquences des recherches  scientifiques. La bioéthique vise, entre autres, la recherche des réponses à ces questions. Lors de ce congrès sur la problématique de l’éthique au Maroc, une conférence introductive a été axée sur l’Islam, la bioéthique et l’ijtihad. Par ailleurs, des ateliers ont réfléchi sur l’éthique dans le système de santé, les enjeux de l’éthique et la formation, et la réflexion sur la mise en place d’un Comité national consultatif de l’éthique.
Enfin, et du fait de l’engagement des différentes sociétés de spécialités médicales et chirurgicales au Maroc, avec l’Agence nationale de l’assurance maladie (ANAM), le ministère de la santé et le Conseil national de l’ordre des médecins, la SMSM a présenté les recommandations de bonnes pratiques pour la prise en charge du cancer du sein, des cancers colorectaux, de l’hypertension artérielle (HTA) et de l’asthme, qui doivent être la référence en matière de remboursement des actes de diagnostics ou de soins liés à ces différentes pathologies.