Quoi de neuf dans les cancers du sein, de la vessie et du colon ?

Importance d’une deuxième lecture radiologique pour le diagnostic précoce du cancer du sein.
Les cancers urologiques liés à  des prédispositions génétiques.
Des facteurs immunologiques pour prévenir la récidive du cancer du colon et du rectum.

La nécessité d’une deuxième lecture d’une mammographie du sein par un deuxième radiologue, pour un meilleur dépistage du cancer du sein, est l’une des principales conclusions de plusieurs études présentées au congrès annuel de la Société française de sénologie et de pathologie mammaire, tenu la semaine dernière à Lyon. L’enjeu étant la détection de cancers non repérés en première lecture. Autre nouveauté en matière de cancérologie, que la page médecine de La Vie éco présente à l’occasion de la Journée nationale de lutte contre le cancer au Maroc ( 22 novembre) : la prise en charge de certains cancers urologiques, qui sera de plus en plus individualisée et devrait aller aussi vers l’identification des personnes à risque génétique, pour leur proposer des traitements préventifs.Cela concerne essentiellement le cancer de la prostate, dont la prise en charge thérapeutique dépend de l’âge du patient, de son état général, de l’agressivité du cancer ou encore de la réponse au traitement. Pour le cancer colorectal, il existe une association entre une forte concentration de lymphocytes T (formes de globules blancs), à l’endroit de la tumeur et une moindre fréquence de récidive du cancer, ainsi qu’une survie prolongée des malades souffrant d’une forme précoce de ce type de cancer. C’est ce que vient de démontrer une équipe spécialiste dans l’immunologie des tumeurs de l’hôpital européen Georges Pompidou (HEGP), dont les travaux sont publiés dans le Journal of Clinical Oncology. Et faute de statistiques marocaines sur ce cancer, les chiffres français peuvent servir d’indicateurs. On compte chaque année en France plus de 39 000 nouveaux cas de cancer colorectal et 17 000 décès dus à cette maladie. Le message clé est la détection précoce à partir de 50 ans, car il y a une nette amélioration du pronostic. Ainsi, d’après ces études récentes, une forte présence de cellules immunitaires particulières, appelées lymphocytes T cytotoxiques et lymphocytes T mémoires, à l’endroit de la tumeur est un élément prédictif de l’absence de récidive du cancer et d’une survie prolongée des malades atteints d’un cancer colorectal de stade précoce. En ce qui concerne le risque de cancer de la vessie, le tabagisme aurait un impact de plus en plus délétère. Cela s’expliquerait par la teneur des cigarettes de plus en plus toxique, selon une enquête américaine publiée dans le Journal of the National Cancer Institute. Dans leur étude menée sur 1 170 patients, des chercheurs du National Cancer Institut de Bethesda au Maryland ont montré que les fumeurs avaient 5,5 fois plus de risques de cancer de la vessie que les non-fumeurs.
Ces hausses seraient liées à une concentration accrue de substances cancérigènes dans la fumée du tabac et ceci malgré la baisse des niveaux en goudron et en nicotine dans les cigarettes. Cela est en rapport avec l’évolution du conditionnement, car certains additifs pourraient être des carcinogènes directs ou des procarcinogènes activés par la combustion. Ces recherches ont montré également un risque plus marqué en fonction de l’ancienneté du tabagisme et de son intensité quotidienne. Enfin, l’arrêt du tabac depuis au moins 5 ans aurait un effet bénéfique rapide avec une baisse de 40% chez les personnes à risque.