Premier séminaire sur le cancer colorectal et du sein en Afrique et au Moyen-Orient

Il s’est déroulé du 24 au 26 octobre à  Amman en Jordanie. 150 cancérologues
y ont participé

Nécessité d’un dépistage précoce, mise en place de registres
régionaux des cancers, nouvelles thérapeutiques… ont figuré parmi les recommandations.

Opportunités et défis de la prise en charge du cancer du colon et du rectum (cancer colorectal) et du cancer du sein en Afrique et au Moyen-Orient, tel était le thème du séminaire tenu à  Amman en Jordanie, à  l’initiative des laboratoires Sanofi-Aventis, les 24, 25 et 26 octobre, auquel ont pris part plus de 150 cancérologues, venus d’une quinzaine de pays d’Afrique et du Moyen-Orient, dont sept marocains.

Selon une étude présentée par le Dr Shawky Bazarbashi, du Centre de recherche sur le cancer du Roi Fayçal, de Ryad, il ressort qu’au Moyen-Orient, 18 098 nouveaux cas de cancer du sein sont recensés chaque année, représentant 25,8% des nouveaux cas de cancer, à  l’origine de 7368 décès. En Afrique, 65 000 nouveaux cas de cancer du sein sont rapportés chaque année, causant 44 000 décès. Au Moyen-Orient, on enregistre chaque année 14 168 nouveaux cas de cancer du colon et du rectum, soit 6% de la totalité des cancers, entraà®nant 8367 décès. En Afrique, 24 000 nouveaux cas de cancer colorectal sont rapportés chaque année, entraà®nant 21 000 décès.

Et il faut revoir ces chiffres à  la hausse du fait de l’absence ou de la pauvreté des registres des cancers dans plusieurs pays arabes et africains. D’ailleurs, le premier registre des cancers au Maroc est celui de la région du Grand Casablanca, lancé en 2007, et qui vient de révéler ces premiers résultats, en octobre 2007. On enregistre, 30 500 nouveaux cas de cancer par an, le cancer du sein venant en première position, suivi par les cancers du col utérin, du poumon et de la prostate. Les congressistes arabo-africains ainsi que des Occidentaux ont insisté sur le fait que la détection précoce joue un rôle essentiel dans la lutte contre les cancers du sein et colorectal. Pour ce dernier, s’il est traité à  un stade précoce et n’a pas métastasé, le taux de survie sur cinq ans est de 90%. Mais seulement 39% des cancers colorectaux sont détectés à  un stade précoce. De même, bénéficier d’une mammographie, de façon régulière, permet de détecter des cancers du sein à  des stades infra cliniques, donc guérissables.
Le Dr Salah-Eddine Al -Batran, du département d’hématologie et d’oncologie, de l’université de Francfort en Allemagne, a démonté les progrès réalisés dans la prise en charge du cancer colorectal, par la disponibilité de traitements ciblés, qui détruisent les cellules malignes, sans endommager les tissus sains.

De son côté, le Dr Ziad Nassour, vice-président de la conférence internationale des ordres des pharmaciens francophones (CIOPF), a qualifié les médicaments contrefaits, particulièrement les anticancéreux, de tueurs silencieux. Et il précise que si ces faux médicaments qui circulent à  travers le monde atteignent 1%, ce pourcentage grimpe à  15% dans les pays en voie de développement. C’est pour cette raison qu’il appelle au recours à  l’expertise des pharmaciens auprès des services de douane.