Pourquoi des essais cliniques sont interdits au Maroc ?

Plusieurs études internationales concordent sur le fait qu’on est arrivé à  un seuil critique d’effets secondaires avec l’antidiabétique Avandia.

La Food and Drug Administration (FDA), la haute autorité de contrôle sanitaire aux USA, a estimé le 14 juillet dernier que l’antidiabétique Avandia, du laboratoire (GSK), mis sur le marché en 1999, augmentait les risques cardiaques avec une surmortalité par infarctus et attaque cérébrale. Un comité d’experts a recommandé aux autorités sanitaires américaines de retirer ce médicament du marché ou d’en renforcer les précautions de prescription. Ces conclusions sont d’autant plus dommageables que chez les diabétiques, les problèmes cardiovasculaires constituent la première cause de décès. Dans son numéro de juillet 2010, le Journal of American Medical Association, publiait une étude concluant à un risque largement accru d’accident vasculaire cérébral ou d’insuffisance cardiaque avec Avandia comparé à d’autres produits. L’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS) a restreint fin juillet l’utilisation du produit notamment chez les patients ayant une maladie cardiovasculaire. Le Pr André Grimaldi, grand spécialiste de diabétologie en France, avoue ne plus prescrire d’Avandia, et ce, depuis quelques années. Il considère que ce produit, en plus du risque cardiovasculaire, augmenterait le nombre de fractures osseuses et favoriserait la rétention d’eau, ce qui est contre-indiqué en cas d’insuffisance cardiaque. Au Maroc, aucune réaction de la part du Centre marocain de pharmacovigilance. Cependant, le Pr Yahya Cherrah, du département du médicament à la faculté de médecine de Rabat, estime que plusieurs études internationales concordent sur le fait qu’on est arrivé à un seuil critique d’effets secondaires avec ce produit. Il est donc temps de revoir les principales indications et de modifier celles pour lesquelles l’autorisation de mise sur le marché (AMM) a été délivrée. Pour le Pr Farid Hakkou, du département de pharmacologie de la Faculté de médecine de Casablanca, ce genre de problème concernant les effets secondaires d’un nouveau ou d’un ancien médicament relance le débat sur la nécessité de faire des essais cliniques nationales pour tester l’efficacité des médicaments sur des malades marocains dans leur propre environnement. Possibilité formellement interdite aujourd’hui par le ministère de la santé.