Pour une meilleure prise en charge de l’infarctus du myocarde

Sa morbimortalité a été réduite de façon significative ces 20 dernières années.
Sur 50 millions de décès annuels dans le monde, les cardiopathies ischémiques sont la première cause avec 7,2 millions de décès.

Les 4es journées de cardiologie des hôpitaux militaires seront organisées, samedi 13 juin, au siège de l’Ordre national des médecins à Rabat, et portera sur la prise en charge du post-infarctus du myocarde. Cette pathologie est liée à une nécrose ischémique systématisée du muscle cardiaque, le plus souvent due à une thrombose occlusive brutale d’une artère coronaire. Cette occlusion est souvent secondaire à une plaque d’athérome qui s’est détachée et qui a migré vers cette petite artère nourricière du cœur. L’IDM est une maladie avec un risque fatal à court ou moyen terme mais sa morbimortalité a toutefois été réduite de façon significative ces 20 dernières années grâce à des progrès réalisés à plusieurs niveaux d’intervention. La mise en place d’unités de soins intensifs cardiologiques pour une prise en charge en urgence et spécialisée avec une surveillance continue.
La prescription de thrombolyse pré-hospitalière pour une reperfusion myocardique à la phase aiguë le plus précocement possible. L’expansion des procédures de revascularisation mécanique en urgence par angioplastie coronaire primaire. Le développement de nouveaux «outils» pour renforcer les bons résultats de la cardiologie interventionnelle à la phase aiguë de l’IDM comme les endoprothèses coronaires (stents) et les nouveaux antiagrégants plaquettaires intraveineux. Enfin, le développement de programmes de réadaptation cardiaque à l’effort après un IDM. Si ces techniques ont un apport indéniable dans la prise en charge de l’infarctus du myocarde, au Maroc, ils ne sont hélas disponibles que dans certains centres spécialisés, entre Rabat et Casablanca et plus particulièrement dans le secteur libéral.
Par ailleurs, tous les spécialistes s’accordent sur le fait que les mesures de prévention secondaire par une prise en charge active des facteurs de risque cardiovasculaire, ont aussi joué un grand rôle dans la réduction des complications de l’infarctus du myocarde. Notamment le développement des campagnes antitabac, une meilleure hygiène alimentaire, le dépistage et une prise en charge du diabète et de l’hypertension artérielle, la disponibilité de nouvelles familles thérapeutiques, en l’occurrence les bêta-bloquants, les statines et les inhibiteurs de l’enzyme de conversion. Il faut noter que l’infarctus du myocarde constitue une urgence cardiologique absolue dont l’incidence reste encore élevée. Selon des données OMS, sur 50 millions de décès annuels dans le monde, les cardiopathies ischémiques sont la première cause avec 7,2 millions de décès d’origine coronaire. A cette mortalité, il faut ajouter une morbidité importante et le retentissement socio-économique qu’elle représente.