L’oncologie médicale marocaine essaye de se rattraper

300 oncologues en Egypte, 120 en Algérie, 60 en Tunisie, le Maroc n’en compte qu’une dizaine répartie entre les secteurs public et privé.

Avec la chirurgie et la radiothérapie, l’oncologie médicale est la troisième arme contre les cancers. De par ses variétés, la chimiothérapie, l’hormonothérapie, l’immunothérapie et les traitements ciblés, elle offre une panoplie de possibilités thérapeutiques.
Ajoutez à cela que grâce aux progrès de la biologie, qui ont permis de mieux cerner les mécanismes de la cancérisation des cellules, on a créé des médicaments spécifiques qui permettent de mieux maîtriser les altérations au niveau de ces mécanismes. La révolution aujourd’hui est la prise en charge des cancers par la disponibilité de médicaments innovants. «Etats des lieux de l’oncologie médicale au Maroc», est le thème principal du premier congrès de l’Association marocaine d’oncologie médicale, qui aura lieu à Rabat, samedi 19 mars prochain. Son président, le Pr Hassan Errihani, avoue qu’«en matière d’oncologie médicale, nous essayons de rattraper le retard. Cette spécialité est en plein développement depuis une quarantaine d’années aux USA et depuis plus de 30 ans en Europe. Et en termes de spécialistes, si  l’Algérie compte 120 oncologues, l’Egypte 300, la Tunisie 60, le Maroc  n’en compte qu’une dizaine, répartie entre les secteurs public et privé. Cependant, grâce au diplôme d’oncologie médicale instauré depuis 2004 à la Faculté de médecine de Rabat, il y a une quarantaine de spécialistes en cours de formation».
L’oncologie médicale a permis aujourd’hui de prodiguer les protocoles thérapeutiques en hôpital de jour dans 80% des cas. «Le patient assis confortablement sur un fauteuil prend sa chimiothérapie en 3 voire 7 heures, selon le protocole thérapeutique, et grâce aux traitements de support des éventuels effets secondaires, il peut regagner son foyer le même jour», indique le Pr Errihani. L’hospitalisation est nécessaire dans 20% des cas, pour certains cancers spécifiques comme les tumeurs germinales des testicules, qui sont curables après une chimiothérapie.
De même, l’hospitalisation s’impose en cas de protocoles intensifs, quand l’état du malade est altéré ou dans certaines situations d’urgence.  
Le premier congrès national d’oncologie traitera également des nouveautés thérapeutiques dans le cancer du sein en partenariat avec l’Association française de formation et de recherche en oncologie.