Les alertes du Centre antipoison du Maroc

Le khôl expose à  des intoxications au plomb
Le plastique peut être la cause de désordres hormonaux chez l’homme voire d’un cancer de la prostate.

Dans le dernier numéro de sa publication officielle «Toxicologie Maroc», le Centre antipoison du Maroc (CAPM), a lancé deux alertes contre deux produits largement utilisés dans notre pays : le khôl et le plastique. Une étude menée par le CAPM sur plusieurs échantillons de khôl vendus au Maroc a montré que le plomb était présent dans tous les échantillons. Sur trois variétés de khôl étudiées, les concentrations variaient de 2% par gramme de khôl très noir à 70% par gramme de khôl gris. L’étude montre que l’utilisation du khôl contenant du plomb peut exposer les utilisatrices et leurs familles à des intoxications chroniques par le plomb. Vu que le plomb est absorbé essentiellement par voie orale, il faut conserver les flacons de khôl loin de la portée des enfants qui ont tendance à mettre les doigts dans la bouche. Par ailleurs, le miroued servant à maquiller les yeux ne doit pas être imbibé par la salive car les quantités infimes de plomb peuvent être ingérées de cette manière. De même l’application du khôl sur l’ombilic doit être évitée pour ne pas favoriser un passage cutané. Etant donné qu’aujourd’hui on ne peut maîtriser ni la composition ni la fabrication du khôl circulant sur le marché marocain, le CAPM recommande l’éviction du khôl traditionnel. Sur un autre registre le CAPM démontre que de nombreux récipients alimentaires, bouteilles, assiettes, tasses, biberons et couches intérieures des canettes pour soda, sont à base de bisphénol (BPA), utilisé pour faire du polycarbonate, un plastique dur. Le bisphénol A est un composé chimique qui se libère au contact de la chaleur, de l’acidité ou de graisses et qui peut provoquer des effets indésirables pour la santé. Chez l’homme, il peut entraîner des désordres hormonaux et peut causer aussi des cancers de la prostate. Par ignorance, la plupart des Marocains réutilisent les bouteilles de plastique jetables pour y mettre par exemple du lben, du lait ou encore de l’huile. Et ils nettoient ensuite avec des détergents comme de l’eau de javel, ce qui peut aboutir à la libération du bisphénol A.