Les acteurs qui peuvent promouvoir l’utilisation du médicament générique au Maroc

Médecin prescripteur, pharmacien, patient consommateur, organisme gestionnaire des soins et industriel du médicament, tels sont les principaux acteurs pour une meilleure accessibilité du citoyen au médicament.   
En 2007, les  génériques ont représenté aux USA 63% du marché des médicaments, 65% au Canada, 50% au Danemark et 40% en Grande-Bretagne. Les pays développés et riches prescrivent et consomment les médicaments génériques. Les raisons sont claires. Ils sont d’une composition identique à la molécule mère, ont les mêmes indications thérapeutiques et, surtout, sont 30% à 40% moins chers. Au Maroc, dont le budget annuel par individu, pour le médicament, ne dépasse pas les 400 DH, le générique doit être un choix stratégique. Pourtant, ce n’est pas le cas. Il atteint à peine les 25%, essentiellement dans le secteur public à hauteur de 90%. Pour les gestionnaires de la santé, cinq principaux acteurs doivent réunir leurs efforts pour promouvoir la politique du générique au Maroc : le médecin prescripteur, le pharmacien, le consommateur, l’organisme de remboursement des frais médicaux et l’industriel du médicament.
Le médecin prescripteur doit donner l’exemple en annonçant sa totale confiance dans l’efficacité et la qualité du médicament générique moins cher par rapport à la molécule mère. Le pharmacien doit jouer un rôle d’éducateur sanitaire et de conseiller.  Le consommateur doit prendre conscience, grâce à des campagnes d’information, notamment celle financée par l’Agence nationale d’assurance maladie (ANAM), de l’apport coût efficacité du médicament générique.  De leur côté, les organismes de remboursement des frais médicaux, la CNOPS et la CNSS, doivent s’appuyer sur des systèmes de remboursement qui ne lèsent ni le citoyen, ni le pharmacien, ni l’industriel pharmaceutique. Ce dernier, pour qu’il puisse jouer pleinement son rôle de prompteur du médicament générique, doit être protégé par des lois contre toute concurrence déloyale, particulièrement contre les produits à très bas prix venant de l’étranger.