Le nombre croissant des officines à  Casablanca inquiète les pharmaciens

Un pharmacien pour 3 200 habitants à  Casablanca; l’OMS en préconise 1 pour 5000.

Droit de substitution d’un médicament prescrit par un médecin, dénonciation de la vente des médicaments hors du circuit des officines, particulièrement les vaccins, les produits de contraste radiologiques et les médicaments anticancéreux et la problématique des parapharmacies qui délivrent des produits cosmétiques et des additifs alimentaires en l’absence du pharmacien, telles étaient les principales thématiques discutées lors de la VIIe journée scientifique du syndicat des pharmaciens de Casablanca, tenue samedi 14 novembre. Cette rencontre a été également l’occasion pour mettre le doigt sur une situation qui met en péril l’équilibre financier et économique des pharmaciens de la métropole : le nombre croissant des officines. Aujourd’hui à Casablanca, elles sont 1 250 pharmacies pour servir une population de 4 millions d’habitants, ce qui revient à 1 pharmacien pour 3 200 habitants, alors que l’OMS préconise 1 pharmacien pour 5 000 habitants. Cette situation, ont déploré tous les participants, aura pour principales conséquences, la variabilité des officines et la paupérisation des professionnels.
A l’heure où les regards sont braqués sur le médicament, les pharmaciens interpellent le ministère de la santé pour essayer de résoudre cette problématique dans sa globalité. Et selon d’autres observateurs du marché du médicament au Maroc, cette situation risque de s’aggraver davantage avec  le développement de la vente illicite de médicaments par internet. Car, selon l’OMS, l’internet regorge de pharmacies virtuelles, vendant illégalement des médicaments, dont plus de la moitié sont des contrefaçons et dont la consommation  représente un réel danger pour la santé. La preuve,   le 19 novembre, Interpol a rendu publics les résultats d’une opération d’ampleur inédite menée en partenariat avec l’OMS pour lutter contre ces ventes illicites via internet. Ainsi, les services de police et les autorités sanitaires de 24 pays ont recensé quelque 800 sites illégaux. Le Maroc a-t-il les moyens de faire face à ce nouveau péril : la vente illicite des médicaments à travers la toile ?