Le Maghreb face au péril infectieux

Les médecins maghrébins se concertent pour développer des stratégies régionales contre les flambées épidémiques et pour renforcer les capacités
de surveillance des maladies transmissibles.

Afin de renforcer la collaboration interpays, interrégionale et mondiale en matière de lutte contre les maladies émergentes et les nouveaux risques infectieux, les pays du Maghreb, et plus particulièrement des sociétés savantes médicales, sont en cours d’élaboration de programmes structurés et bien documentés. C’est ce qu’a déclaré le professeur Said Moutaouakkil, président de la Société marocaine des sciences médicales (SMSM ) et professeur d’anesthésie réanimation à la faculté de médecine de Casablanca lors d’une réunion d’un groupe d’experts maghrébins tenue à Tunis les 27 et 28 octobre 2006.
Cette problématique de santé publique que sont les nouveaux risques infectieux sera développée également à Casablanca les 9, 10 et 11 novembre, à l’occasion du congrès national de la Société marocaine des sciences médicales ainsi que lors du Congrès maghrébin à Alger, les 15 et 17 décembre 2006.

Des pathologies comme la rougeole ou la tuberculose risquent de réapparaître du fait de l’arrêt de la vaccination
Le péril infectieux est d’autant plus réel que les mouvements transfrontières des personnes et des biens font que ces changements rapides augmentent de façon drastique le risque de transmission des maladies infectieuses nouvelles, émergentes ou réemergentes. «C’est le cas des hépatites virales C, du sida, de la fièvre Ebola, du SRAS ou syndrome respiratoire aigu, de la grippe aviaire, de la tuberculose ou de la rougeole», précise le professeur Mohammed Adnaoui, spécialiste de médecine interne et professeur de pathologie infectieuse à la faculté de médecine de Rabat.

Cette prise de conscience des médecins maghrébins vise à développer des stratégies régionales de riposte aux flambées épidémiques pour renforcer les capacités de surveillance des maladies transmissibles conformément au règlement sanitaire international de 2005.
Ces maladies dites émergentes sont provoquées par des agents microbiens non connus auparavant, souvent d’origine virale, mais qui ont beaucoup circulé avant de devenir pathogènes pour l’homme. Il peut s’agir également de pathologies déjà connues, provoquées par des microbes bien identifiés et qui vont réapparaître à l’occasion du relâchement des programmes de santé publique tel l’arrêt de la vaccination contre la tuberculose ou contre la rougeole.

De même des problèmes écologiques provoquant des modifications de sites éco-biologiques, telles la désertification ou les catastrophes comme les guerres, peuvent conduire à la réémergence d’anciennes maladies vaincues comme la typhoïde ou le choléra.