L’avenir de la formation médicale sous la loupe d’académiciens marocains et français

Appel à  la création d’un Centre méditerranéen de prévention et de contrôle
des maladies.

L’Académie du Royaume du Maroc a accueilli à Rabat, jeudi 1er  octobre, la réunion France-Maroc de l’Académie nationale de médecine en France, dont les travaux ont porté essentiellement sur l’avenir de la formation médicale. La Vie Eco présente en exclusivité les principales recommandations telles que rapportées par deux académiciens français, le Pr Patrice Queneau et le Pr Claude Chastel, et deux académiciens marocains, le Pr Driss Moussaoui et le Pr Naima Lamdaouar Bouazzaoui. En ce qui concerne la formation initiale médicale, l’accent a été mis sur la nécessité de la mise en place effective de la réforme des études médicales, la création d’une instance nationale pour l’accréditation des facultés de médecine au Maroc et d’ajouter à l’examen d’accès aux facultés de médecine une évaluation de culture générale et d’aspects humanistes avec renforcement de l’enseignement de l’éthique médicale. Pour la formation continue, les académiciens ont prôné l’obligation d’une formation médicale continue avec une évaluation des pratiques professionnelles au Maroc, qui doit être permanente, évolutive et interdisciplinaire.
L’adoption d’un système d’agrément pour les organismes publics ou privés qui organisent la formation continue avec décentralisation de ces activités et recours aux nouvelles méthodes pédagogiques, notamment l’e-learning. La formation continue du médecin doit respecter six grands principes : l’auto-évaluation, la démarche formative, l’espace de dialogue et de décision, l’intégration à l’exercice clinique, l’appropriation des outils et la valorisation des démarches existantes.
Quant à la formation médicale spécialisée, les recommandations rappellent l’urgence de l’application de la loi sur le médicat et le résidanat (cursus marocain qui régit les spécialités médicales au Maroc), de réexaminer la place de l’internat dans sa forme actuelle et repérer rapidement les résidents qui semblent prometteurs pour une bonne carrière universitaire afin de mieux les encadrer et veiller au développement du système Licence/maîtrise/doctorat (LMD) au Maroc. Sur le chapitre de la santé publique et les formations paramédicales, les académiciens mettent l’accent sur le développement de la coopération entre biologistes, épidémiologistes, médecins cliniciens et vétérinaires pour prendre en charge et prévenir les maladies infectieuses non seulement chez l’homme, mais également dans les populations animales, d’où le rôle important des vétérinaires, qui doit être accompagné par une formation transversale aux différents acteurs de la santé publique. Autres principales recommandations : renforcer la coopération entre pays développés et pays en développement à travers des organisations internationales, encourager les partenariats public-privé pour stimuler et protéger de manière adéquate l’innovation. Et, également, la création des universités des sciences de la santé, avec possibilité de passerelles entre différentes formations. Les sciences de base étant les mêmes dans les médecines de l’homme et de l’animal, une année préparatoire commune aux études médicales et aux études vétérinaires permettrait de rapprocher les différents acteurs de la santé publique, notamment par la création d’un centre méditerranéen de prévention et de contrôle des maladies émergentes.