La tuberculose au Maroc et les risques de transmission dans les transports publics

Chaque année, 100 nouveaux cas pour 100 000 habitants.
Les nombreux abandons thérapeutiques entraînent des récidives et des résistances aux thérapies disponibles.

Le risque pour un voyageur marocain sain de contracter la tuberculose en prenant le bus, le train ou un taxi, est très grand, le Maroc étant un pays d’endémie tuberculeuse. Cependant, il n’existe pas d’études marocaines précisant le taux de risque et les moyens de prévention. Qu’en est-il de ce risque dans d’autres pays et quelles précautions ont-ils pris pour réduire la transmission de cette maladie infectieuse et contagieuse, qui, hélas, tue encore sous nos cieux ? Quel risque court le passager d’un avion s’il est assis à côté ou à proximité d’un malade souffrant de tuberculose ? C’est la question à laquelle ont voulu répondre des chercheurs de l’European centre for disease prevention and control (ECDC) et de l’institut Robert Koch à Berlin.
Un des objectifs est de vérifier que les recommandations existantes – qui prescrivent de rechercher les voyageurs soumis au risque jusqu’à deux rangs autour des cas de tuberculose identifiés, si la durée de vol excède huit heures – sont suffisantes. Or, selon leurs conclusions, elles ne le sont pas. Pour leur étude, ces spécialistes ont réalisé une revue de la littérature scientifique afin de rassembler toutes les recherches de contacts avec un passager tuberculeux.

Comment un voyageur malade risque de contaminer les autres
Les chercheurs ont aussi adressé des questionnaires à des experts en santé publique dans les Etats membres de l’Union européenne pour recueillir les événements non publiés ou publiés dans une littérature moins reconnue. Ils ont identifié 27 recherches de contacts. Dans six cas, il y a eu une transmission à bord à 18 passagers. Cinq de ces 18 passagers étaient assis à plus de deux sièges du malade, et plus précisément à 12, 13, 15, 23 et 29 rangs, mais deux d’entre eux ont eu des contacts directs avec le malade durant le vol. Les auteurs jugent donc qu’il serait nécessaire d’étendre les recommandations actuelles aux passagers assis à plus de deux rangs de distance des personnes souffrant de tuberculose, notamment s’ils ont des contacts rapprochés au cours de vols de longue durée. Pour les moyens courriers, ils estiment suffisant de ne rechercher que les personnes assises dans les deux rangées autour des patients.
Qu’en est-il de ces recommandations au Maroc où la tuberculose est un problème de santé publique ? Selon les dernières statistiques du Laboratoire national de référence de la tuberculose de l’Institut national d’hygiène, le Maroc enregistre chaque année 28 000 nouveaux cas, soit 100 nouveaux cas pour 100 000 habitants. L’adulte jeune est le plus touché : dans 70% des cas, les malades ont 15 à 45 ans, dont 57% sont de sexe masculin. Autre particularité au Maroc : le nombre important des abandons thérapeutiques, ce qui engendre des rechutes et des formes très résistantes aux thérapeutiques existantes.