La première greffe de rein au Maroc

Les quelque 300 greffes rénales pratiquées jusqu’à  aujourd’hui ont pu être faites grà¢ce au don bénévole et généreux d’une sÅ“ur, d’une mère ou d’une épouse.

Le Maroc est le seul  pays parmi ceux du Moyen-Orient et du Maghreb qui n’a pas, à ce jour, réalisé une greffe de rein à partir d’un donneur cadavérique.

Des pays comme l’Algérie, la Tunisie, l’Arabie Saoudite ou la Jordanie ont déjà pratiqué cette alternative thérapeutique à la dialyse rénale. Elle transforme radicalement la qualité de vie d’un insuffisant rénal, qui ne sera plus dans l’obligation de subir 2 à 3 séances de dialyse rénale par semaine. D’autant plus que plusieurs études économiques ont établi que la greffe coûte moins cher sur le long terme. Pour le Maroc, les quelque 300 greffes rénales pratiquées jusqu’à aujourd’hui ont pu être faites grâce au don bénévole et généreux d’une sœur, d’une mère ou d’une épouse, ce qu’on qualifie de donneur vivant apparenté sur le plan histologique et immunologique. Pourtant, le Maroc, avec ses 4 000 décès suite à des accidents de circulation, ne manque pas de donneurs potentiels. Ajoutons à cela le fait qu’aussi bien la loi marocaine que la religion autorisent ce genre de prélèvement. Voulant sortir de cette léthargie, les équipes d’urologie, de néphrologie, d’immunologie et d’anésthésie réanimation des CHU Ibn Sina de Rabat et Ibn Rochd de Casablanca, travaillent d’arrache-pied pour réaliser dans les semaines à venir la première greffe rénale à partir d’un cadavre.

Une des principales difficultés que vont rencontrer ces équipes médicales réside dans la manière avec laquelle ils vont convaincre un mari, un frère ou un père d’autoriser le prélèvement d’un rein chez leur proche parent qui vient de décéder dans les services des urgences d’un établissement de soins universitaires. «Les équipes marocaines d’urologie, de néphrologie,  d’immunologie et administrative, sont parfaitement prêtes sur le plan technique et logistique pour la réalisation d’une greffe rénale à partir d’un donneur en mort cérébrale. L’étape à laquelle on se prépare aujourd’hui est comment aborder cet aspect psychologique et communicationnel auprès des familles qui viennent de perdre un proche», avoue le Pr Mohamed Faik, chef du service d’urologie de l’hôpital Ibn Sina.