La polyarthrite rhumatoïde doit bénéficier du statut d’affection de longue durée

Environ 240 000 patients atteints de polyarthrite rhumatoïde (PR) sont diagnostiqués chaque année au Maroc, dont seuls 53 700 cas bénéficient d’un traitement adéquat, constate le Dr Mohamed Saleh Bennouna, président de l’Association marocaine de lutte contre la polyarthrite rhumatoïde (AMP), à l’occasion de la tenue, fin janvier, de la journée nationale de lutte contre la polyarthrite rhumatoïde. Un travail ciblant 250 praticiens exerçant dans les régions de Casablanca, Rabat, Fès et Marrakech, sur la façon dont sont traités les patients atteints de PR, a été présenté.  Les résultats de l’étude révèlent que 240 000 patients sont diagnostiqués chaque année dont 30% chez des généralistes, 59% chez des rhumatologues et 11% chez d’autres médecins spécialistes. Pour ce qui est du volet thérapeutique, l’étude montre que dans la majorité des cas les patients ne bénéficient que d’un traitement palliatif. Les traitements de fond préconisés pour arrêter l’évolution dramatique de la PR ne sont d’usage que très rarement (53700 cas) et ce quel que soit le stade de la maladie et les catégories de praticiens retenus dans l’analyse. A cette occasion, l’AMP  interpelle  les organismes de remboursement, en particulier la CNSS, à assurer à leurs affiliés une prise en charge totale et préalable. Le président de l’AMP étaye cette demande par le fait que la PR figure parmi les affections de longue durée. Et il rajoute que toutes les études entreprises ont montré qu’elle engendre une diminution de 5 à 10 ans de l’espérance de vie et un arrêt de l’activité professionnelle estimé à 3 ans. A cela s’ajoute le fait qu’elle est à l’origine d’une altération considérable de l’autonomie des maladies avec tout ce que cela engendre comme  répercussions sur l’éducation et la santé de l’entourage des personnes qui en sont atteintes (arrêt scolaire, divorce…). Malgré toutes ces conséquences, les malades se trouvent encore contraints de supporter les 30% du ticket modérateur imposé par la CNSS, sachant que le taux de couverture a été révisé pour d’autres maladies du même type, atteignant ainsi 98%, déplore le Dr Bennouna.