La carte sanitaire, un outil de gestion et de planification

Elle donne une vision sur les besoins en soins de toute la population
L’implication du secteur libéral est fondamentale pour une véritable carte sanitaire du pays.

L’extension du panier des soins de l’Amo à l’ambulatoire, février courant, ainsi que la généralisation du Ramed à l’ensemble des citoyens démunis, programmée pour cette année, sont tributaires d’un outil de gestion fondamentale : la carte sanitaire du Maroc. Car seule la mise en place d’une véritable carte sanitaire contribuera à réduire les inégalités d’accès aux soins. Les régions sous-médicalisées surtout rurales seront ainsi pourvues en médecins généralistes et spécialistes aussi bien dans le secteur public que libéral. Elle permet d’avoir une vision assez claire, consensuelle des besoins en soins des populations et propose les voies et les moyens de les prendre en charge. La carte sanitaire permet aussi une répartition judicieuse des infrastructures, des équipes et des ressources humaines sur l’ensemble du territoire. C’est également un instrument de planification, car elle définit le nombre d’hôpitaux et de centres de santé existants, à équiper ou à construire, ainsi que le nombre et le profil de personnel à recruter pour répondre aux besoins nationaux, selon les normes de l’Organisation mondiale de la santé. Partant de cette vision stratégique, le ministère de la santé organisera les 1er, 2 et 3 mars la première concertation nationale avec tous les départements concernés, Intérieur, Finances, Equipement, Collectivités locales et Transport, sur la problématique de la mise en place d’une carte sanitaire marocaine avec des projections pour les 25 prochaines années. C’est l’occasion pour le ministère de la santé d’exposer son expérience de schéma régional d’offre de soins (SROS) qui a concerné six grandes régions du Maroc, ainsi que ses programmes d’offres de soins spécifiques, notamment celui lié à la mise en place de centres régionaux d’oncologie, en partenariat avec l’Association Lalla Salma de lutte contre le caner, celui de l’obstétrique pour une maternité sans risque et enfin celui en rapport avec la prise en charge des insuffisances rénales, en s’appuyant sur un partenariat avec le secteur libéral marocain de néphrologie, avec un budget du ministère de la santé. Ainsi, l’établissement d’une carte sanitaire donnera une vision précise sur l’ensemble des professionnels (infirmiers, médecins, pharmaciens…), leurs lieux d’exercice (hôpitaux, cliniques, laboratoires, cabinets…), et leurs équipements. La carte sanitaire donne la véritable répartition de l’offre de soins existante publique et privée par région, par préfecture et province, par commune et par milieu urbain et rural, ainsi que de la population desservie. Les chiffres qui seront présentés par le ministère de la santé sont élaborés sur la base des informations émanant du réseau de soins de santé de base, mis à jour, périodiquement, par les préfectures et provinces ainsi que des informations relatives à l’offre de soins globale existante et répertoriée par les délégations du ministère de la santé. Les données sur les infrastructures, notamment les hôpitaux, les établissements de soins de santé de base, les chirurgiens dentistes publics, les médecins de collectivités locales, les cliniques privées, les cabinets privés de radiologie, les laboratoires privés d’analyses médicales, les cabinets privés de consultation médicale et les chirurgiens dentistes privés, y seront présentées. Par ailleurs, la capacité litière hospitalière sera décortiquée en capacité existante et fonctionnelle. La fiabilité des informations concernant les équipements lourds ainsi que les prestations fournies, particulièrement pour le secteur privé, exigent l’implication de ce dernier, afin d’avoir une vision réelle de l’existant.