Grand débat national sur l’interruption volontaire de grossesse

Droit à  l’avortement et droits humains, le tolérable et l’intolérable en Islam, les failles de la loi marocaine.
Des thématiques qui seront développées lors du premier congrès national sur la problématique des grossesses non désirées au Maroc.

L’avortement et ses conséquences médico-sociales, particulièrement en matière de mortalité maternelle au Maroc ; le retentissement psychique d’une grossesse non désirée ; est-il possible d’introduire l’éducation sexuelle dans le cursus scolaire au Maroc ; quel discours peuvent avoir les parents avec leurs enfants… Ce sont quelques-unes des principales thématiques qui seront développées lors du premier congrès national sur la problématique des grossesses non désirées au Maroc, les 23 et 24 avril, à la Bibliothèque nationale du Royaume du Maroc.

Ce forum qui réunira des médecins, des juristes, des hommes de religion, des ONG de défense des droits de l’homme ainsi que des politiques, est à l’initiative de l’Association marocaine de lutte contre l’avortement clandestin. L’expérience tunisienne en matière d’interruption volontaire de grossesse, notamment le processus de sa libéralisation, sera présentée par le Dr Fethi Benmessaoud, de l’Office national tunisien de planification familiale. Une importante session sera consacrée aux différentes méthodes de contraception dont celle d’urgence, dite pilule du lendemain. «Fait inédit dans un congrès médical dont la thématique a des répercussions sociales négatives,  sont les témoignages qui seront faits par des femmes qui ont subi un avortement et qui en ont souffert», déclare le Pr Chafik Chraibi, président de l’Association marocaine de lutte contre l’avortement clandestin.

Mais le moment fort de cette rencontre est celui qui aura lieu samedi 24 avril à partir de 9h du matin. Le point de vue du juridique au Maroc en matière d’avortement que dit la loi marocaine et comment est-elle interprétée ?; le point de vue du religieux, ce qui est tolérable et ce qui ne l’est pas; quel est l’avis du ministère des habous et des affaires islamiques ?; l’avortement entre traditionalisme, ijtihad et laïcisation ; des notions liées à l’embryon et l’âme; et y a-t-il un lien entre les droits de l’homme et l’avortement, sont les autres volets de ce débat national sur l’interruption volontaire de grossesse. «La confrontation et les échanges d’opinions entre le médical, le politique, le religieux, le juridique et les différentes ONG marocaines des droits de l’homme, permettront sûrement de sortir avec des recommandations qui pourront aider les pouvoirs publics à mieux affronter cette problématique qui place aujourd’hui le Maroc loin derrière plusieurs pays arabes et islamiques en matière de lutte contre l’avortement clandestin», précise le Dr Chraibi. Cette rencontre sur la problématique de l’avortement au Maroc se distinguera par la projection du film de Hakim Nouri sur l’avortement: Nora.

D’autres questions seront soulevées lors de ce premier débat national sur l’interruption involontaire des grossesses, en l’occurrence à propos de l’enfant abandonné suite à une grossesse non désirée ; la situation de la mère célibataire au Maroc ; la vie d’un enfant abandonné dans un orphelinat, dans la rue ; les possibilités et les procédures d’adoption au Maroc.