Etat des lieux des infections nosocomiales dans huit hôpitaux universitaires de Rabat

Les infections nosocomiales sévissent essentiellement dans les services de réanimation et chirurgie.
L’appareil urinaire et respiratoire ainsi que la plaie opératoire sont les plus touchés.

Les résultats de la première étude sur la prévalence des infections nosocomiales (maladies contractées lors d’une hospitalisation)  dans huit hôpitaux universitaires de Rabat ont été présentés le 8 juin, lors d’une journée scientifique sur les  dispositifs de vigilance et de sécurité des patients au niveau du Centre hospitalier Ibn Sina. Premier constat, environ 10% des patients hospitalisés ont contracté une infection nosocomiale. C’est un chiffre élevé par rapport aux données internationales : Norvège (5,4%), France (4,5%), Italie (4,9%), Turquie (13,4%) et Sénégal  (10,9% ). Il ressort de ce travail que les secteurs hospitaliers où on contracte le plus d’infections nosocomiales sont ceux de la réanimation et de la chirurgie. L’appareil urinaire et respiratoire ainsi que le siège de la plaie opératoire sont les parties de l’organisme qui souffrent le plus de ces infections nosocomiales. L’étude a montré que les trois principaux germes rencontrés sont le  staphylocoque, l’escherichia coli et le kliebsiella pneumoniae. Par ailleurs, ce travail a mis en exergue les principaux facteurs de risque associés, qui sont l’âge avancé, la durée de séjour longue, l’existence de comorbidité (autres maladies), l’utilisation de dispositifs invasifs (cathéter vasculaire, sonde urinaire ou ventilation assistée mécanique) et surtout la prescription abusive et non ciblée d’antibiotiques, qui favorise la résistance des germes. Cette enquête de prévalence des infections nosocomiales suite à une hospitalisation au CHU Ibn Sina de Rabat s’est fixé pour principaux objectifs de mesurer la prévalence des infections nosocomiales dans chaque établissement, par secteur d’activité et par site anatomique, d’identifier les germes les plus fréquents ainsi que les facteurs de risque. La méthode adoptée a consisté en la réalisation d’enquête descriptive transversale dans 63 services relevant de huit établissements du CHIS et dont la population cible est constituée par tous les patients présents le jour de l’enquête. Le recueil de l’information s’est fait en deux jours par vingt sept médecins-enquêteurs préalablement formés munis d’une fiche d’enquête appliquée à tous les patients hospitalisés (1195) le jour de l’enquête. Les variables recueillies sont les caractéristiques sociodémographiques des patients, les caractéristiques du service hospitalier et de la prise en charge hospitalière. Et en cas de présence  d’infection nosocomiale, ont été étudiés la date de diagnostic, le site d’infection, les germes incriminés et leur degré de résistance aux antibiotiques. L’analyse statistique de cette enquête s’est faite dans le laboratoire de bio statistiques de la Faculté de médecine de Rabat. L’étude de prévalence de 2010 bien qu’élevée (10%) est bien moins importante par rapport à l’étude partielle faite en 2005 à l’hôpital Avicennes avec une prévalence de 18%. Cette étude renseigne sur les principaux indicateurs qualitatifs, c’est pour cette raison que pareille enquête sera réalisée tous les deux ans dans les établissements hospitaliers universitaires de Rabat, indique le directeur du Centre hospitalier Ibn Sina, le Pr Charif Chefchaouni.