400 médecins du travail seulement au Maroc

Sur les 3 000 entreprises marocaines, seules 400 ont un médecin du travail.

La liste des maladies professionnelles au Maroc est passée de 45 à  95.

Selon des statistiques officieuses, le nombre de médecins du travail au Maroc est estimé à 400, dont 360 diplômés d’universités françaises et 40 formés dans les facultés de médecine et de pharmacie de Rabat et de Casablanca.

Par ailleurs, 1 000 médecins, sans certificat de spécialité, exerceraient une fonction assimilée dans les entreprises marocaines.
Si on estime à 3 000 le nombre d’entreprises, les trois quarts sont dans le secteur informel et n’ont pas de médecin du travail. Pour le Dr Fatiha Berrahmoun, chef du service de médecine du travail au CHU de Rabat-Salé, tout lieu de travail comporte des risques. Elle insiste par ailleurs sur la nécessité de l’activation des décrets d’application du nouveau Code du travail.
D’après l’OMS, 160 millions de nouveaux cas de maladies professionnelles sont dus chaque année à une exposition ou à des conditions de travail dangereuses. 30 à 40% d’entre eux déboucheront sur une maladie chronique et environ 10% sur une incapacité permanente.

La médecine de travail a pour but de préserver le bien-être physique, mental et social des travailleurs dans tous les secteurs d’activité et de prévenir un mauvais état de santé dû à des conditions de travail dangereuses ou défavorables. Il s’agit aussi de protéger les travailleurs contre les facteurs pouvant nuire à leur santé.

Les maladies des travailleurs, qu’elles soient d’origine professionnelle ou non, doivent être considérées comme résultant de l’interaction de multiples causes, notamment des facteurs présents dans le milieu de travail, ceux inhérents à chaque travailleur, telle une sensibilité à des allergènes ou à des facteurs liés au comportement individuel, comme l’alcoolisme ou la toxicomanie.

Les maladies liées au travail comprennent non seulement les pathologies reconnues comme maladies professionnelles, mais aussi d’autres problèmes de santé auxquels le milieu contribue sensiblement. Il peut s’agir d’une maladie professionnelle liée étroitement et spécifiquement à une profession, où il y a un lien prouvé de cause à effet entre le risque et la maladie et, généralement, un seul agent étiologique reconnu comme tel, comme l’inhalation de poussières minérales responsable de la pneumoconiose.
Il est à signaler que l’arrêté n°919-99 du 23 décembre 1999 du ministère du développement social, de la solidarité, de l’emploi et de la formation professionnelle, paru au Bulletin officiel du 23 avril 2000, a porté de 45 à 95 le nombre des maladies professionnelles.