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Territoires

Sahara : Une terre d’opportunités pour les Français

Les régions de Dakhla-Oued Eddahab et Laâyoune-Sakia Al Hamra, qui ont abrité récemment les Journées économiques Maroc-France, se révèlent être des terreaux d’opportunités pour les opérateurs de l’Hexagone. Décryptage.

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Moins de quinze jours après la visite d’État du président Emmanuel Macron au Maroc, qui restera dans les annales de l’histoire diplomatique des deux pays partenaires, la Chambre française de commerce et d’industrie du Maroc (CFCIM), a organisé ses Journées économiques (JE) Maroc-France dans les régions de Dakhla-Oued Eddahab et Laâyoune-Sakia Al Hamra.

Au-delà de la dimension symbolique de ces JE, qui se sont déroulées dans les chefs-lieux respectifs des deux régions du Sahara, du 11 au 13 novembre, les résultats escomptés de cette initiative au timing idoine ont été au rendez-vous, selon Jean-Charles Damblin, DG de la CFCIM, sollicité par La Vie Éco.

À la découverte des opportunités
La CFCIM a conduit une importante délégation d’une cinquantaine de décideurs et de chefs d’entreprise dans les deux régions du Sahara. La présence de Christophe Lecourtier, ambassadeur de la France au Maroc, a rehaussé les JE ponctuées, entre autres par des rendez-vous d’affaires, des visites de terrain et des rencontres avec les autorités locales.

Parmi les secteurs représentés dans la délégation, il y a lieu de citer les énergies renouvelables (solaire, hydrogène), les IT, la production de médicaments (Sanofi), l’ingénierie et la banque (BMCI). «Le but des JE était d’amener les entreprises à la découverture des innombrables potentialités économiques des régions de Dakhla-Oued Eddahab et Laâyoune-Sakia Al Hamra.

À travers cette initiative concrète, la CFCIM s’emploie également à contribuer à la mise en œuvre des conventions signées fin octobre devant le président Macron et le Roi Mohammed VI», explique Jean-Charles Damblin. Autre visée derrière ces JE au Sahara : amener les entreprises à projeter d’investir au-delà de l’axe traditionnel Tanger-Kénitra.

Pour notre interlocuteur, il est difficile, pour l’heure, de dresser un bilan chiffré des JE en termes de contrats conclus ou de rendez-vous d’affaires. En revanche, selon lui, beaucoup d’entreprises ont exprimé leur intérêt pour les deux régions, propices aux investissements.

Les PDR, atouts de charme
Contacté par La Vie Éco, Edern Klein, directeur Afrique d’ID Sud, entreprise spécialisée dans l’énergie solaire et qui a pris part aux JE au Sahara, s’est réjoui de l’engagement des deux régions pour l’implémentation des différents Plans de développement régionaux (PDR).

«La présentation des différents PDR (déjà exécutés ou en cours) à Laâyoune et à Dakhla nous a permis de constater que les régions tiennent leurs engagements en matière de développement économique et social.

Ces efforts ont contribué à améliorer, au fil des années, l’environnement des affaires dans le sud du Maroc», confie-t-il. Edern Klein, persuadé que le Port Dakhla Atlantique (dont le taux de réalisation des travaux tourne autour de 27%) accélérera la construction d’un écosystème d’entreprises performant dans le sud du Maroc, n’a pas manqué d’indiquer sa ferme intention d’étendre les activités d’ID Sud au Sahara, reconnu à l’échelle mondiale pour ses grandes potentialités en énergies renouvelables.

«Nous ne manquerons pas de saisir les opportunités dans les régions du Sud, en proposant aux entreprises des solutions en énergie solaire», renseigne le directeur Afrique d’ID Sud, qui a déjà mené des opérations de prospection dans la région de Guelmim-Oued-Noun, laquelle ambitionne de devenir, à terme, une capitale mondiale de l’hydrogène vert et qui s’en donne les moyens.

Le même intérêt anime un autre membre de la délégation, en l’occurrence Jérôme Mouthon, président de Teads Moyen-Orient et Afrique (MENA), une entreprise spécialisée dans la publicité sur internet. «Les deux régions, propices à notre activité, présentent des opportunités pour Teads Moyen-Orient et Afrique qui a pour vocation d’aider les acteurs locaux du tourisme à se faire connaître à l’étranger», assure-t-il.

Et de confier : «Nous avons déjà des contacts sur place, notamment des groupes hôteliers et d’autres acteurs touristiques», a révélé celui qui est également président de French Tech Maroc.

Mise en relation et matching
Jean-Charles Damblin, qui insiste sur la réussite des JE, a également fait savoir que l’évènement a permis de mettre en relation des entreprises membres de la délégation avec des opérateurs locaux, notamment dans les domaines de l’énergie solaire, l’accompagnement financier, l’agriculture et l’agroalimentaire.

Au registre du potentiel régional, notre interlocuteur a rappelé le rôle que la CFCIM jouera en matière de marketing territorial en faveur des deux régions. Et ce, afin d’amener les entreprises à y investir, notamment dans les secteurs de l’offshoring et la valorisation des produits halieutiques (protéines maritimes, algues, etc.).

Pour notre interlocuteur, si la région Dakhla-Oued Eddahab, favorable à l’essor de la décarbonation maritime au Maroc (fret, propulsion hydrogène, etc.), a atteint un bon niveau de développement en matière touristique, celle de Laâyoune-Sakia Al Hamra devrait explorer davantage ses atouts que lui confèrent les paysages désertiques.

D’où la pertinence d’y promouvoir, selon lui, un tourisme adapté à la demande des adeptes des grandes plaines désertiques, aux activités sportives de course à pied et aux randonnées (ultra-trail).

Au final, l’attractivité du sud du Maroc est renforcée par les projets d’infrastructures structurants (voie express Tiznit-Dakhla, Port Dakhla Atlantique, etc.), à même d’assurer le désenclavement régional, ainsi qu’une meilleure connectivité avec les principaux pôles économiques du Royaume et au-delà.


Travaux des zones logistiques d’El Guerguerate et Bir Gandouz
La région de Dakhla-Oued Eddahab verra bientôt s’achever deux de ses multiples projets stratégiques pour son essor économique. Il s’agit des zones logistiques d’El Guerguerate et Bir Gandouz, deux projets dans lesquels sont impliqués la CFCIM ainsi que le Conseil régional.

Les projets affichent un taux de réalisation de près de 90%. Pour rappel, ces zones ayant pour vocation d’abriter des activités commerciales, industrielles et logistiques, conforteront la vocation de la région Dakhla-Oued Eddahab comme un hub pour les échanges commerciaux avec l’Afrique subsaharienne.