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Laâyoune-Sakia Al Hamra, un nouveau palier de développement

Le développement fulgurant de la ville, aussi bien en termes d’infrastructures que d’urbanisation, ne devrait pas cacher la métamorphose que connaît l’ensemble de l’axe Tarfaya-Boucraâ-Laâyoune.

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En intervenant, il y a quelques semaines, devant la 24e Commission de l’ONU, les élites locales (élus, acteurs associatifs et économiques) ne faisaient aucunement dans l’euphémisme en décrivant la réalité des trois régions du Sahara et réaffirmant leur attachement à leur marocanité.

Ces trois régions évoluent, se développent et progressent à la vitesse grand V. De jeunes Sahraouis, élus à Smara, Boujdour, Dakhla ou Laâyoune, entre autres communes des provinces du Sud, où le taux de participation atteint des proportions inégalables, ont témoigné de cet essor auquel, eux aussi, ont contribué.

Au terme des neuf dernières années, depuis le début de la mise en œuvre du Nouveau modèle de développement des provinces du Sud, avec le rythme effréné des travaux dont celles-ci ont été le théâtre, les infrastructures dans ces régions sont aujourd’hui au niveau des standards internationaux.

À Laâyoune, et dans la région de Laâyoune-Sakia Al Hamra (LSH) plus particulièrement, c’est une métamorphose totale. Toutes les personnalités ayant visité la ville récemment – les dernières en date, des délégations de parlementaires américains, britanniques et australiens… – ont témoigné de la dynamique de développement «remarquable» que connaît la ville de Laâyoune dans divers domaines.

Qui aurait pu imaginer, il y a encore une dizaine d’années, qu’au milieu du désert, dans la province de Boujdour au nord de la région, va émerger un projet agricole d’envergure qui consiste en la production (sur une superficie de 1.000 hectares totalement irriguée) du maïs fourrager pour l’alimentation du bétail.

Un projet qui intègre les dernières technologies en matière de fertigation développées dans le cadre d’un partenariat public-privé autour des terres agricoles du domaine privé de l’État, attribuées aux investisseurs et aux jeunes de la région Laâyoune-Sakia Al Hamra, pour un investissement total de l’ordre de 310 millions de dirhams.

Les deux premières phases, d’une superficie de 250 hectares chacune, sont déjà entrées en production. Les deux autres tranches seront lancées en 2027. Moins surprenant, mais tout aussi impressionnant, en matière de pêche maritime, le port de Laâyoune a réalisé un chiffre d’affaires de plus de 1,6 milliard de dirhams en 2023, ce qui lui a permis d’être en tête des ports du Royaume.

Un vaste tissu économique s’est développé au fil des années autour de la filière, notamment dans la zone industrielle El Mersa. Évidemment et comme les deux autres régions, Laâyoune a été dotée ces dernières années d’une infrastructure aux normes internationales, que ce soit en matière de routes, le plus long viaduc au Maroc vient d’y être construit sur la voie express Tiznit-Dakhla, portuaire et aéroportuaire.

 

Un pôle de recherche et de développement
Dans le domaine de l’enseignement, les étudiants ont déjà entamé leur long cursus des études de médecine dans la fac récemment ouverte dans la région. Le CHU (500 places), dont le projet a été lancé en parallèle, sera opérationnel avant la fin de l’année prochaine.

Cela au moment où la nouvelle Cité des métiers et des compétences (CMC 2.000 places pédagogiques par an) a déjà ouvert ses portes, et, auparavant, l’Institut africain de recherche en agriculture durable (Asari), initié par l’UM6P et la Fondation Phosboucraâ, était déjà opérationnel au sein de la technopole de Foum El Oued, et ce, en vue de la valorisation du patrimoine naturel du Sahara marocain.

Rappelons que la technopole de Foum El Oued, un projet de 2 milliards de dirhams, abritera également l’Université pluridisciplinaire MohammedVI de Laâyoune, un lycée d’excellence et un centre de compétences et de qualification.

Au total, ce sont près de 30 milliards de dirhams qui ont été investis pour la mise en œuvre d’une centaine de projets d’appui aux secteurs productifs, tels que les phosphates, l’agriculture, l’aquaculture, l’industrie, les énergies renouvelables, la pêche maritime et l’écotourisme dans la région.

Ces projets avaient peut-être été brossés en 2015 au moment de l’élaboration du Nouveau modèle de développement des régions du Sud, mais il faut reconnaître que la réalité, et surtout ce qui est prévu pour les années à venir, dépasse de loin ce qui a été planifié au départ.

Certes, des projets qui portent, entre autres, sur l’aménagement hydroagricole de 1.000 ha en favorisant la production végétale et animale dans la province de Boujdour, les centrales solaires Noor à Laâyoune et à Boujdour, d’une capacité totale de 100 mégawatts, plusieurs parcs éoliens à Tarfaya (300 MW), Foum El Oued (50 MW) et Akhfennir (100 MW), ainsi qu’un nouveau complexe industriel de production d’engrais et une station de dessalement d’eau de mer achevée en octobre 2022 pour répondre à la totalité des besoins de la ville et ses environs…, à l’époque, c’étaient des projets pharaoniques, mais aujourd’hui ils relèvent de l’ordinaire. Ce qui a néanmoins permis à la région de se préparer pour le palier suivant du développement.

Un palier dont les projets phares sont le nouveau port phosphatier de Laâyoune (5,2 milliards de dirhams d’investissement), qui sera prêt au terme de cette année, un complexe industriel de production d’ammoniac vert, une nouvelle station de dessalement, une usine d’électrolyseurs d’hydrogène, une plateforme de production d’engrais et un nouveau port à Tarfaya.

On aurait pu continuer à égrener les projets. Les multiples délégations étrangères qui s’y rendent régulièrement en ont souvent témoigné, la réalité sur le terrain est bien plus impressionnante pour être réduite au nombre de projets implantés et en montants d’investissements mobilisés.

 


Un projet intégré porté par OCP
Dans l’axe sud Tarfaya-Boucraâ-Laâyoune, le groupe OCP prévoit, dans le cadre de son nouveau programme d’investissement vert de 12 milliards de dollars pour la période 2023-2027, l’installation d’un complexe vert de production d’ammoniac, situé au sud de Tarfaya. Celui-ci aura une capacité
de 1 million de tonnes par an. Il sera alimenté par un parc solaire et éolien, d’une capacité totale de 3,8 GW. Une usine de production d’électrolyseurs viendra soutenir l’ambition de ce projet, assurant une intégration industrielle locale dans cette nouvelle chaîne de valeur.

Une usine de dessalement d’une capacité de 60 millions de m3 alimentera ces installations industrielles et contribuera ainsi à la satisfaction des besoins régionaux.