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Dakhla, une perle sous les spotlights

La ville, et par extension toute sa région, est sur la trajectoire d’un développement à grande vitesse. Il y a certes le projet du grand port, mais pas que ! La diversification des leviers de développement est aussi en marche.

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Il faut y aller pour s’en convaincre. La ville de Dakhla, et son extension régionale, est à l’heure d’une accélération sans précédent de son développement socioéconomique.

Une reconfiguration tous azimuts porteuse de toutes les promesses est en train de se dessiner.
Il faut remonter au lancement du Nouveau modèle de développement des provinces du Sud pour toucher aux origines d’une grande dynamique qui se confirme au fil des ans.

Et ce, à la faveur d’une multitude de projets réalisés ou en cours de réalisation. Si, jusqu’à il n’y a pas longtemps l’on ne parlait de cette destination que comme l’un des plus beaux spots des sports nautiques dans le monde, le kitesurf en particulier, la donne est en train de changer. Irréversiblement. Notamment, par le truchement de la diversification de ses ressorts de développement économique.

Dakhla Atlantique, la locomotive…
Or, dans cette dynamique, le grand chantier du port Dakhla Atlantique occupe la position d’un levier majeur. Chantier titanesque dans toutes les mesures, rien que le chantier est en train de refaçonner toute la région. Et il n’y a qu’à voir les différents projets tout au long de la route reliant la ville au port en construction pour s’en rendre compte.

En effet, situé à une quarantaine de kilomètres au nord de la ville, ce projet mobilise un investissement de plus de 12 milliards de dirhams. Sur place, ce sont pas moins de 1.600 personnes, entre cadres et ouvriers, qui s’y activent de jour comme de nuit. C’est que dans ce genre de projet, chaque minute compte !
Le plus est qu’il s’agit d’une infrastructure portuaire, qui en est actuellement à plus de 26% de taux de réalisation, à multiples vocations. D’autant plus qu’elle est adossée à une zone industrielle dédiée à la valorisation des produits de la pêche maritime.

Mieux encore, sa position géographique stratégique tout comme sa composante logistique sont de nature à positionner Dakhla Atlantique en tant que levier majeur de connectivité maritime du Royaume avec sa profondeur africaine, ainsi qu’avec les Amériques de l’autre côté de l’océan Atlantique.

De la même manière qu’elle jouera un rôle d’importance cardinale dans la promotion des échanges intra-africains. La Zlecaf passera aussi par là.

Plus encore, selon les composantes du projet, le port devra être doté de quais de réparation navale pour les navires de pêche, ainsi que d’un «chantier naval à échelle réduite», qui pourrait, à terme, «évoluer vers un chantier naval à dimension nationale, voire continentale». Cette infrastructure, devant être livrée en 2028, disposera d’une capacité annuelle de traitement de 30 millions de tonnes de marchandises.

À y regarder de plus près, on se rend très vite à l’évidence qu’on est en présence d’un vrai hub en devenir, qui a aussi une vocation géostratégique sur laquelle les observateurs ne se trompent pas.

Or, de par les effets d’entrainement que Dakhla Atlantique apportera, l’on comprend que cette structure devra drainer davantage d’investissements dans différents domaines. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard qu’on se projette dans la création de plus de 10.000 opportunités d’emploi à terme, rien que sur le site.

D’ores et déjà, on ressent les premiers effets. De plus en plus de personnes, en provenance de différentes régions du Royaume, optent pour s’installer dans une ville qui connaît une urbanisation galopante. Ce qui n’a pas manqué, ipso facto, d’impacter les prix dans le secteur de l’immobilier.

Le secteur touristique prend son envol
Mais, il n’y a pas que sur ce front que la région bouge. Le secteur touristique est aussi en pleine évolution.

En effet, le chef-lieu, qui ne disposait que d’une seule unité hôtelière il y a quelques années, voit sa capacité litière augmenter au fil des années. Aujourd’hui, ce sont plusieurs établissements qui y ont ouvert leurs portes et d’autres sont en construction. Dakhla, grâce notamment aux événements sportifs qu’elle abrite, est de plus en plus sur les radars.

Une visibilité qui se traduit également par le nombre de transporteurs aériens qui desservent, à longueur de semaine, l’aéroport de Dakhla, dont, outre RAM, on compte Iberia, Transavia, Qatar Airways, Binter Canarias, etc. Or, si elles sont là, ce n’est pas pour faire du surplace. Particulièrement en matière d’écotourisme où la région nourrit l’ambition de devenir une «destination d’envergure mondiale».

Par ailleurs, on constate aussi cette dynamique dans les projets d’aménagement qui se font au niveau de la ville. Des terrains de proximité sont en chantier et plusieurs espaces verts sont en construction. Sans parler des infrastructures à dimension sociale qui s’y renforcent.
Un autre chantier et non des moindres est attendu pour les semaines qui viennent. Il s’agit du réaménagement du boulevard Al-Oualae.

Considéré comme la principale artère de Dakhla, ce projet devra mobiliser une enveloppe d’investissement de plus de 280 millions de dirhams. De même que le chantier de réaménagement de la corniche figure parmi les priorités des autorités locales. Un projet qui viendra redonner ses lettres de noblesse à un site qui apportera un plus à l’attractivité de la destination.

 


Le moteur dessalement
Comme partout au Maroc, la ville de Dakhla sera dotée d’une importante station de dessalement de l’eau de mer.

Le projet, qui a été lancé en 2022, devra être livré courant 2025. Mobilisant un investissement de 2,5 milliards de dirhams, la station, située à 130 kilomètres au nord de la ville, sera d’une capacité de production de 37 millions de mètres cubes.

Dont 7 millions de mètres cubes d’eau potable et 30 millions de mètres cubes qui seront destinés à l’irrigation. C’est dire que cette station, dont le taux de réalisation dépasse 57%, non seulement elle répondra aux besoins des consommateurs, mais aura à coup sûr des effets sur le secteur agricole.
Il est à noter, en outre, que cette station, mobilisant un investissement de 1,7 milliard de dirhams et qui permettra d’irriguer quelque 5.000 hectares de «cultures agricoles à très forte valeur ajoutée», devra être alimentée en énergie par le parc éolien de Dakhla qui, lui, a nécessité un investissement de 700 millions de dirhams.