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Sécurité

Commandement des FAR : Un changement dans la continuité

Un grand chef militaire tire sa révérence et un haut gradé prend des galons… Au Maroc, les chefs militaires se succèdent mais la vision et la doctrine restent les mêmes !

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Un grand chef vient de tirer sa révérence et un haut gradé de valeur va reprendre le flambeau à la tête des FAR pour poursuivre la noble mission de défense des intérêts supérieurs de la nation. Une mission qu’il va conduire en suivant les orientations et directives du Roi Mohammed VI, Chef suprême et Chef d’État-Major des FAR.

Ainsi, même en n’étant que «le numéro2» dans la hiérarchie militaire des FAR, derrière le Souverain, le nouvel Inspecteur général dispose de larges prérogatives qui lui permettent véritablement d’imprimer sa patte sur le fonctionnement de l’armée marocaine en coordonnant les actions des Forces Royales Air, de la Marine Royale et des différentes inspections relevant de l’Armée de Terre, dont l’Arme de l’Infanterie, des Blindés et de l’Artillerie sont les fers de lance.

 

Le crépuscule d’un guerrier de réputation
Ayant assuré la fonction d’Inspecteur général des FAR depuis septembre 2021 après avoir commandé la Zone Sud durant 4 ans et demi, où il a d’ailleurs passé la majeure partie de sa carrière, le Général ElFarouk est d’abord connu par ses hommes comme le chef qui a vécu au milieu d’eux, partageant leurs conditions parfois rudes et austères dans l’environnement aride du Sahara marocain.

Toujours soucieux de leur bien-être, il s’est forgé une réputation de guerrier, redouté par ses adversaires – les miliciens du Polisario – et estimé par ses hommes. Plus récemment, il a été derrière l’opération réussie de Guergarate, qui a permis aux FAR de libérer avec succès la route reliant le Maroc à la Mauritanie sans le moindre incident. Sa décoration du Grand-Cordon du Wissam El Arch (Ordre du Trône), qui est la plus haute distinction dans cette catégorie de Wissam décernée aux personnes qui se sont distinguées par leurs mérites ou services civils ou militaires, atteste de son long et brillant parcours militaire.

D’ailleurs, le Général Belkhir El Farouk représente le symbole de toute une génération d’officiers qui ont défendu valeureusement les frontières du Royaume face aux opérations de harcèlement des milices du Polisario fortement armées par l’Algérie et la Libye dans les années 70 et 80 avant que la construction du mur de défense soit achevée.

 

La consécration d’un homme de l’ombre
Issu de l’Arme des blindés, le Général Berrid, de son côté, cultive la discrétion tout aussi bien qu’il excelle dans la planification et la conduite des opérations. Homme de l’ombre, travailleur acharné et méticuleux, il maîtrise parfaitement les rouages du domaine de la planification militaire, de la préparation des forces et de la formation ainsi que la mise en condition opérationnelle des militaires.

Après avoir occupé plusieurs postes de commandement sur le terrain, il a été affecté au 3ème Bureau de l’Etat-Major des FAR à Rabat où il a rapidement attiré l’attention de ses supérieurs pour ses qualités humaines et professionnelles, après s’être distingué durant ses études dans différentes écoles militaires, dont le Collège interarmées de défense (CID) en France. C’est donc tout naturellement qu’il dirige le 3ème Bureau en 2014, considéré comme l’organe stratégique et central de l’Etat-Major des FAR, empruntant ainsi le parcours du général Aroub qui avait commandé ce bureau durant des années avant de devenir Inspecteur général.

C’est donc fort de sa connaissance et sa maitrise des dossiers stratégiques des FAR, dont le renforcement des capacités militaires des forces armées et l’acquisition de nouveaux systèmes d’armes, que le Général Mohammed Berrid va poursuivre le chantier de la modernisation de l’armée marocaine.

Ainsi, avec un parcours différent, des compétences spécifiques avérées et probablement un style distinct, le nouvel Inspecteur général va s’atteler à la tâche pour poursuivre la montée en puissance des FAR tout en inscrivant son action dans un cadre nouveau, celui des récents partenariats militaires et stratégiques conclus avec les États-Unis et Israël.

 

Orientations en matière de défense
Au Maroc, les chefs militaires se succèdent mais la vision et la doctrine restent les mêmes ! Tout simplement parce que le garant de la sécurité du Royaume est le Roi en personne. C’est lui qui fixe les orientations en matière de défense ainsi que les axes stratégiques pour développer les capacités militaires des FAR. La doctrine en matière de défense et de politique étrangère – qui sont intimement liées – est fixée sur le long terme par le Souverain et prend en compte les intérêts géopolitiques, économiques et stratégiques du Royaume. Et la mission de l’Inspecteur général des FAR est de traduire ces orientations en actions.

Au Maroc aussi, les chefs militaires ne cherchent pas la lumière. Avant d’être nommés à la plus haute fonction dans l’armée marocaine, ils sont pour la plupart inconnus du grand public, hormis les cercles rapprochés de l’institution militaire. Ils sont voués à servir leur patrie et leur Roi dans la discrétion et le dévouement les plus absolus. Car un chef militaire n’a pas vocation à s’afficher, à communiquer. Un chef militaire se doit de préparer la guerre, à être le leader qui va conduire ses hommes au combat et à être prêt à se sacrifier pour la cause nationale.

En s’engageant dans une démarche de modernisation dans la continuité, les FAR consolident leur force sur des fondations solides. Ce qui leur permet de nouer des alliances militaires avec des partenaires de premier plan sur la scène internationale. Quand on est fort, on cherche à s’allier avec les forts ! Les USA et Israël n’auraient aucun intérêt à s’allier militairement avec le Maroc si ses forces armées n’étaient pas bien formées, entrainées, armées et équipées.

De la même manière, les forces armées de différents pays partenaires n’auraient aucun intérêt à participer à l’exercice «African Lion» si le niveau de préparation opérationnel des FAR n’était pas optimal. Sinon, ça serait une perte de temps et d’argent pour ces troupes engagées dans cet exercice combiné chaque année, alors que leur souci permanent est de se préparer au mieux aux conflits de haute intensité qui semble devenir la norme pour les conflits futurs.

 


Un poste éminemment stratégique

Les FAR vont fêter cette année le 14 mai le 67ème anniversaire de leur création. Etant une des premières grandes institutions créées juste après l’indépendance du Maroc en 1956, deux jours avant la Direction générale de la sûreté nationale, elle constitue un des piliers de la nation. C’est pour cela que le poste d’Inspecteur général des FAR est un poste éminemment stratégique. Ainsi, le Général Mohammed Berrid aura la lourde tâche de veiller à la défense et la sécurité de l’intégrité territoriale du Royaume et des intérêts supérieurs de la nation, dans la lignée des prestigieux officiers généraux qui l’ont précédé à ce poste. Mais il dispose pour le soutenir dans cette mission hautement stratégique de ressources humaines hautement qualifiées, passées par les grandes écoles militaires et les centres de formation et parfaitement entraînées et rodées pour faire face à toute menace visant le Royaume.