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Quand les eurodéputés déraillent…

Même si elles n’ont pas un caractère contraignant, les résolutions du Parlement européen visant le Maroc devraient être décortiquées, à l’aune des enjeux qu’elles dévoilent.

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Décidément, dans l’enceinte du Parlement européen (PE) à Strasbourg, certains eurodéputés ont fait preuve d’une très forte fixation sur le Maroc. En moins de deux mois, ce sont deux résolutions hostiles au Royaume qu’y ont été adoptées.
Les faits. Le 19 janvier, le PE, en s’en prenant à Rabat, adopte une «résolution» sans précédent. Avec pour écran de fumée une prétendue défense des «droits de l’Homme» et la «liberté d’expression», il s’est arrogé le droit de s’immiscer dans le fonctionnement de la Justice marocaine. Et ce, dans des termes qui sonnent comme des directives. Ainsi, le PE demande «la libération provisoire» de personnes ayant été condamnées par la Justice marocaine, à mettre fin à un prétendu «harcèlement» des journalistes et leur «surveillance». Un assemblage qui tire ses origines de rapports de certaines ONG dont l’animosité envers le Maroc n’est pas à vérifier. Qui plus est trouve les amplificateurs qu’il faut via certains médias trop pressés de s’en prendre au Maroc. A la base, cette résolution a été portée par les groupes «Renew Europe», les «Verts» et la «Gauche européenne». Or, même votée à la majorité, cette résolution était loin de susciter l’adhésion de tous les eurodéputés de gauche. A l’image des socialistes espagnols qui ont voté contre.
Derrière, on détectait des eurodéputés gravitant autour de la galaxie de l’actuel Président français. Notamment, le président du groupe «Renew» Stéphane Séjourné, «ancien» conseiller d’Emmanuel Macron et SG de «Renaissance», ex-LREM.

Ce que cachent les faits…
Et la fixation du PE sur le Royaume n’est pas près de s’arrêter, puisqu’il reviendra à la charge peu après. Le 16 février, le Maroc est, une nouvelle fois, cité dans une autre résolution. Cette dernière interdit tout simplement l’accès à l’hémicycle européen aux personnalités marocaines. Une mesure qui frappe déjà l’État du Qatar et qui a été élargie au Maroc. Un nouvel acte d’hostilité gratuit. Cela ne trompe personne, tellement elle suscite des interrogations quant à ses causes, alors que ses visées sont claires. C’est que le Maroc, selon des analystes au fait des arcanes de la politique européenne, dérange certaines chapelles politiques. Les réalisations économiques du Royaume, sa montée en puissance diplomatique, son rôle dans la lutte contre le terrorisme, mais surtout ses choix souverains de la diversification de ses partenariats stratégiques ne sont pas pour plaire à certains nostalgiques du statu quo ante. Pas besoin de rappeler l’ancrage du Royaume dans sa profondeur africaine conjugué au renforcement de ses liens politico-économiques avec ses partenaires sur le continent, qui en font une locomotive incontournable. A cela s’ajoute une alliance-modèle avec les États-Unis d’Amérique, la superpuissance qui a reconnu, explicitement et dans les faits, la souveraineté du Maroc sur ses provinces du Sud, qui embrasse tous les domaines qui vont de l’économique au politique, en passant par la dimension militaire matérialisée par l’African Lion, le plus large exercice militaire sur le continent. L’alliance multidimensionnelle, de plus en plus prononcée, avec Israël, couvrant, entre autres, la recherche scientifique, l’agriculture, la défense, l’industrie militaire, etc.

Le Maroc dérange…
Le cas des relations avec le Royaume-Uni, sur fond de l’Accord d’association signé en 2019, sont aussi à prendre en ligne de compte. Ironie de l’histoire, la semaine dernière, les deux pays ont tenu la deuxième session de leur Conseil d’association et annonce a été faite de la signature prochaine d’un accord-cadre de coopération sur le climat, l’énergie propre et la finance verte.
Certes, la liste n’est pas exhaustive, même si on y ajoute la Chine, l’Allemagne, le Japon et d’autres, mais l’on ne peut occulter la nouvelle grande dynamique impulsée, récemment, aux relations entre Rabat et Madrid. Le communiqué conjoint, sanctionnant la 12e Réunion de haut niveau est on ne peut plus clair quant à l’inscription de ce partenariat dans une perspective stratégique. Or, c’est visiblement l’ensemble de ces dynamiques qui font du Royaume cette puissance régionale montante qui n’est pas du goût de certains pays, et en particulier la France. Cette dernière, à défaut de pouvoir arrêter cet élan, essaie par tous les moyens, dont des coups bas, de le ralentir, pour paraphraser l’avis d’un ancien ambassadeur français à Rabat, cité par Maghreb Intelligence. Le même média rappelle les propos du directeur de la DGSE, ancien ambassadeur en Turquie, pour qui «il n’est pas question que le Maroc devienne la Turquie de l’Afrique du Nord». Toujours est-il que toutes les tentatives de vouloir freiner l’élan du Maroc sont à l’encontre de la marche irréversible de l’Histoire.

Une aberration nommée intergroupe !

Certains eurodéputés sont obnubilés par des questions relatives à l’ «intégrité des institutions européennes». Ils sont dans leur droit inaliénable, sauf qu’ils opèrent par une sélectivité qui dit la chose et son contraire. On apprend en fait, via le site espagnol Moncloacom, que la corruption au sein de cette institution «révèle la manipulation politique d’instruments tels que les intergroupes. Ces groupes disparates, normalement créés pour débattre d’une question bien définie, ont été instrumentalisés par des pays ou des entités en dehors de l’UE pour servir leur agenda politique et de propagande». L’«intergroupe pour le Sahara (occidental)», à la solde du Polisario et de l’Algérie en donne l’illustration. Le site étaye en notant que cet intergroupe se cantonne dans la défense des intérêts de ses mentors, en ne donnant la parole qu’aux voix d’où résonnent celles de ses maîtres. Plus encore, rappelle la même source, il n’a jamais jugé utile de s’intéresser aux questions des droits de l’Homme dans les camps de Tindouf sur le territoire algérien, où les violations sont légion, encore se serait-il appesanti sur le dossier des enfants soldats. Sans oublier que ledit intergroupe, créé en 2020, ne s’est jamais intéressé à la problématique du détournement de l’aide humanitaire européenne. La situation devra interroger l’intégrité de ceux qui parlent de l’intégrité !