Pouvoirs
Plan d’action : Cinq axes, huit initiatives en 24 mois
Assurer un emploi digne à plus de 12 millions de Marocains d’ici 2030, soit la création de plus de 1,45 million de nouveaux postes, c’est l’objectif de la feuille de route du gouvernement dotée d’un budget de 15 MMDH.
Érigé en priorité, surtout depuis le début de la deuxième moitié de son mandat, le gouvernement a pris le temps de préparer un plan d’action chiffré, budgétisé avec des mesures concrètes et des objectifs clairs. Lesquels objectifs consistent en la création, d’ici 2030, d’au moins 1,45 million de postes de travail et la réduction à 9% du taux de chômage.
C’est-à-dire que 12,1 millions de Marocains auront une occupation rémunérée qui préserve leur dignité et leur permet de subvenir à leurs besoins dans les meilleures conditions. Le plan d’action, ou la feuille de route, est décliné en cinq axes et plusieurs interventions prioritaires, dont une grande partie programmée dans les deux années à venir.
À court terme, 3 interventions auront pour objectif de permettre à l’horizon 2026 de sécuriser une création nette de 350.000 emplois pérennes.
D’abord, l’accompagnement des TPME en accélérant la mise en œuvre du dispositif de la Charte dédiée aux investissements entre 1et 50 MDH pour lancer de nouveaux projets qui porteront de 35.000 à 40.000 créations d’emploi.
Ensuite, le renforcement des Politiques actives de l’emploi (Idmaj, Tahfiz, Taehil), la généralisation de l’apprentissage et une prime à l’emploi spécifique aux TPE permettant d’atteindre un nombre d’insertions de 422.500 en 2025, avec un budget supplémentaire accordé de 2 MMDH.
Enfin, le ralentissement des pertes d’emplois agricoles par des actions favorisant le retour à une superficie emblavée en céréales supérieure à 4 millions ha et l’emploi à travers un plan d’action qui sera déterminé par le ministère de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et des forêts.
Gouvernance verrouillée
À l’horizon 2026, il faudra adresser des problématiques plus profondes de l’emploi, notamment autour de 5 priorités. La première étant la fusion des Politiques actives de l’emploi sous une prime à l’emploi unique qui stimule la création d’emploi au sein des entreprises.
La deuxième priorité est le renforcement des missions et responsabilités de l’Anapec en établissant un parcours d’intermédiation intégré qui commence par des «Career Centers» dans l’éducation nationale et qui accompagne l’ensemble des chômeurs de façon personnalisée.
La troisième consiste en la réduction des barrières à l’activité des femmes, notamment avec des modèles de crèches de proximité et une sécurisation du transport.
Pour ce qui est de la quatrième priorité, il s’agit de la réduction d’un tiers du décrochage scolaire à l’horizon 2026, pour atteindre 200.000 élèves en 2026, contre 300.000 aujourd’hui.
La dernière priorité est l’amélioration des dispositifs de formation en veillant à l’adéquation et à l’agilité des différents cursus de formation par rapport aux besoins et attentes du marché de travail.
Enfin, clé de voûte d’une mise en œuvre réussie de la feuille de route, la gouvernance retenue pour ce chantier national stratégique s’articule autour de trois volets: le pilotage et le suivi de la mise en œuvre de la feuille de route, une gouvernance de la donnée et une cellule de suivi de la mise en œuvre des interventions.
Pour mener à bien cette feuille de route, le gouvernement a débloqué un budget supplémentaire de 15 MMDH au titre de la Loi de finances de 2025.
Une enveloppe supplémentaire de 12 MMDH sera ainsi dédiée à la stimulation de l’investissement. Il s’agit de stimuler la création de la valeur et sa traduction en emplois à travers la poursuite de la mise en œuvre de la nouvelle Charte de l’investissement.
Un montant supplémentaire de 1 MMDH sera alloué au monde rural afin de limiter les effets de la sécheresse, et une enveloppe de 2MMDH sera dédiée à l’amélioration de l’efficience des programmes de promotion de l’emploi.
