Partis
RNI : Mohamed Chaouki reprend le flambeau
Le parti aura encore une fois déjoué tous les pronostics. L’annonce du successeur d’Aziz Akhannouch prouve que le fonctionnement du parti échappe à toute lecture politique classique. C’est le chef du groupe parlementaire qui sera confirmé chef du parti, le 7 février.
Le suspense a été levé par le bureau politique et le RNI aura encore une fois pris de surprise la scène politique nationale. L’identité du futur président du parti a été annoncée à l’issue de la réunion de l’organe exécutif du parti, présidée mercredi 28 janvier par Aziz Akhannouch.
«Conformément aux dispositions des statuts et du règlement intérieur du parti, et après la clôture de la période de dépôt des candidatures à la présidence du parti, le bureau politique a reçu la candidature du frère Mohamed Chaouki.
Après en avoir pris connaissance et l’avoir étudiée, il a été décidé de la transmettre au Congrès extraordinaire qui se tiendra à El-Jadida le 7 février 2026», lit-on dans le communiqué diffusé à l’issue de cette réunion. Encore une fois, le parti a privilégié le consensus.
Une candidature qui déjoue les supputations
En effet, comme le souligne bien cet observateur averti de la scène politique, «le consensus autour de Mohamed Chaouki pour succéder à Aziz Akhannouch n’a pas été une simple procédure électorale interne, il s’agit d’une véritable ‘‘mise en scène organisationnelle’’ parfaitement maîtrisée.»
Ce qui a confirmé une réalité structurelle: dans l’univers des «Indépendants», ce que l’on attend selon une lecture politique classique arrive rarement.
Une réalité que le président du parti lui-même avait confirmée un peu plus de deux semaines plus tôt en rendant publique, au terme de la réunion du bureau politique du 11 janvier, sa décision surprise de ne pas rempiler à la tête du parti. La candidature de Mohamed Chaouki s’inscrit également dans la droite ligne adoptée pendant presque une décennie par le RNI.
La présentation aux élections de nouveaux visages, qui sortent du lot et qui ont d’ailleurs remporté leur siège haut la main, la proposition inattendue de profils de ministres qui se sont démarqués dans la gestion de leurs départements consacrent cet aspect «imprévisible» dans la gestion d’un parti promu d’une formation des plus ordinaires, pour ne pas dire une structure électorale, dans le paysage marocain que l’on connaît, à un «parti-institution» qui consacre le dialogue, la concertation, le travail du terrain, l’écoute et la promotion des compétences en mode fonctionnement.
Le processus de prise de décision ayant abouti à la candidature unique de Mohamed Chaouki pour le poste du prochain leader du parti montre aussi que la décision du RNI est devenue une «décision souveraine», prise au sein de ses propres bases, loin des ingérences extérieures et à l’abri de toute forme de pression.
Cela d’autant que cet expert des marchés financiers et des stratégies d’investissement héritera ainsi, dès que sa candidature sera validée par le congrès le 7 février, d’un parti fort et structuré.
Une formation transformée, au fil des dernières années, non seulement en une machine électorale, mais aussi en une boîte à idées. Ses différentes structures et organisations parallèles mises en place progressivement sont devenues une force de proposition incontournable.
Ceux qui ont parié sur un affaiblissement ou même un début de la fin du RNI après le départ de Aziz Akhannouch seront déçus. Tous les indicateurs montrent que le parti a gagné le pari le plus difficile : sa propre institutionnalisation de la continuité de ses instances.
Le consensus autour du nouveau candidat à la présidence signifie que «l’élément surprise» restera sans doute de mise, surtout pour les prochaines élections.
La manière avec laquelle la gestion de la succession d’Akhannouch a été menée montre aussi que le parti dispose d’un «réservoir» de cadres et d’élites capables d’assurer la direction du parti avec une «référence» en matière de gestion désormais institutionnalisée.
Réputé proche du président sortant, le nouveau chef de file du RNI n’aura pas non plus de difficulté à fédérer autour de lui la direction et les cadres, mais aussi l’ensemble des militants de la formation.
Son statut de député, actuel chef du groupe parlementaire et ancien président de la Commission des finances à la première Chambre le prédispose à mener allègrement, et sans grande difficulté, la bataille électorale en vue des prochaines législatives de septembre prochain, et de jouer, lui qui est diplômé de l’Université Johnson Smith et de l’Université Al Akhawayn, un rôle clé dans le Maroc de l’après-scrutin de septembre 2026.
