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L’opposition en rangs désordonnés

Sur ce front, on a l’impression d’assister à des chocs des égos. La scène politique se mue en «spectacles de scènes de ménage». La preuve par les récentes évolutions. Éclairages.

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L’année législative, l’avant-dernière, touche à sa fin et rien ne va plus entre les partis de l’opposition. C’est d’ailleurs ce que l’on retiendra au terme des quatre années écoulées de l’actuelle législature. Certes, la tension a de tout temps été le lot des relations entre l’USFP et le PJD, notamment depuis 2016, mais la «nouveauté» vient des houles qui vont crescendo entre le parti de la Rose et son ancien allié au sein de la gauche, le PPS de Nabil Benabdellah.

En lieu et place d’un débat de nature à donner «sens» à l’action politique, on se retrouve en présence de «joutes verbales» à n’en pas finir. Qui plus est tournent au «pugilat», où tous les coups sont permis. Et où la personnalisation des attaques occupe le devant de la scène.

En effet, au cours des dernières semaines, la scène politique, notamment au sein de l’opposition, semble s’être transformée en «scènes de ménage» entre ses composantes. Pratiquement pas un jour qui passe sans qu’on assiste à des tirs croisés entre les différentes formations de l’opposition.

Plus particulièrement entre deux «grandes enseignes» de la gauche qui, pourtant, ont partagé bien de vicissitudes tout au long de l’histoire politique du pays. Aux origines des nouvelles tensions, considérées par les observateurs comme «sans précédent», le fameux projet mort-né de «la motion de censure».

C’était d’abord qui serait le «rédacteur» du texte. Ensuite, on est passé à «qui va le lire». Et puis, tout est tombé à l’eau. Notamment, au moment où l’Union socialiste décida de «suspendre» toute coordination avec les trois autres composantes de l’opposition. À savoir le PPS, le MP et le PJD.

Question de postures…
Sur fond d’«oppositions dans l’opposition», les choses auraient bien pu s’arrêter là, mais c’était sans compter avec les sensibilités des uns et des autres. Au point que certains observateurs ont fini par qualifier la situation de «chocs des égos».

L’USFP incomba la responsabilité de l’échec de la tentative au MP et au PPS qui auraient tenté de «s’approprier» un projet qu’elle considérait sien. De passage sur le plateau de «Maa Erramdani» sur 2M, le premier secrétaire du parti de la Rose décochera bien des flèches, notamment en «fustigeant» les tentatives des autres formations de lui faire porter le chapeau.

Pas besoin d’être devin pour s’attendre à leur réaction. Le MP, par la voix de son secrétaire général, Mohamed Ouzzine, ira jusqu’à estimer que l’USFP aurait «perdu la boussole politique» et le PJD l’accuse carrément d’avoir «monnayé son revirement».

Mais la palme revient, certainement, au PPS. Se sentant visé, son secrétaire général, Nabil Benabdellah, profitera de la 6e session du comité central du son parti pour s’en prendre frontalement au premier secrétaire des USFPistes. La véhémence est telle que Benabdellah sortira sa fameuse phrase : «Si on nous cherche, on va nous trouver. Moi, le premier !».

Plus de débat, mais on est plutôt en présence de «prises de bec». Et de la manière la plus frontale et la plus personnelle qui soit. Les passages des responsables des partis sur les plateaux de télévision en ont livré la démonstration en prenant le grand public à témoin.

Plus encore, les tribunes des divers meetings, notamment du parti de la Rose et de la formation du Livre, étaient pratiquement entièrement tournées en plateformes de tirs au pigeon. En tournée natio nale, Driss Lachguar ne manquera pas, lors des congrès provinciaux de sa formation en préparation de la prochaine grand-messe d’octobre, de «provoquer» ses détracteurs, particulièrement Benabdellah.

Ce dernier donnera à ses «lieutenants» le feu vert pour qu’ils reviennent à la charge. Et les colonnes des journaux en sont témoins.Dans la foulée, Mohamed Ouzzine tentera aussi de rester sur l’arène en se saisissant de chaque sortie pour faire entendre sa voix.

Voire insinuer, tout comme Benabdellah, que l’USFP serait en «connivence» avec la majorité. Sur ce front, force est de rappeler qu’entre le Livre et la Rose, les épines sont loin, très loin, de ce fameux communiqué commun entre ces deux formations qui remonte à… décembre 2023.

À la guerre comme à la paix, il semblerait qu’on est face à des positionnements où les composantes de l’opposition se déchirent sur la place publique, par réseaux sociaux interposés, devenus passage obligé !

Dans la foulée, le secrétaire général du PJD, avec ses amplificateurs, continue sur sa lancée dans la prédication et l’insulte de tous ceux qui ne partagent pas sa vision «rétrograde» de la société marocaine. Le dernier «épisode» des «cigognes» vient s’ajouter à d’autres dans le long feuilleton de ses dérives répétitives. La réponse ne s’est pas fait attendre de la part du tissu associatif.

Le MP, lui, essaie, tant bien que mal, de se positionner en «force d’opposition», «incontournable et distinguée» sur la scène. Alors même qu’il aurait pu se focaliser sur ses guerres intestines.

Avec en toile de fond ces militants, menés par Mohamed El Fadili, qui ont déposé une demande auprès des services du ministère l’Intérieur pour se constituer en parti politique. Une énième scission dans les rangs des héritiers de l’Amghar. Et qu’Ouzzine essaie de «dénier».

C’est dire qu’on est en présence d’«un front de l’opposition fissuré», dont les composantes – qui auraient dû s’occuper de décliner leurs visions quant à ce qu’elles comptent «présenter comme propositions» – sont prises dans des batailles de postures.


La majorité opte pour l’encadrement
Contrairement à ce qui se passe dans les partis de l’opposition et entre eux, les formations de la majorité sont «bien occupées». D’abord, dans l’action gouvernementale, avec une détermination partagée d’aller jusqu’au bout du mandat actuel dans la cohésion. Mais, sans oublier leur mission principale qui n’est autre que de s’activer dans l’encadrement politique des citoyennes et des citoyens.

Le week-end dernier en a donné une nouvelle démonstration. Ainsi en est-il pour le RNI. Fidèle à la démarche qui est la sienne, à savoir celle consistant à garder le contact permanent avec les Marocaines et les Marocains, en particulier les jeunes, le parti de la Colombe a réuni des dizaines de jeunes à Agadir dans une nouvelle initiative qui s’étendra à d’autres villes du Royaume.

Ce même week-end, le secrétaire général du parti de l’Istiqlal, Nizar Baraka, recevait la première promotion, composée d’une dizaine de «lauréats» de l’Académie instiqlalienne des jeunes». Une démarche dont l’objectif, nous dira ce membre de la direction du parti de la Balance, est de «préparer la relève».

Quant au PAM, il continue sur la lancée amorcée lors de son dernier congrès national. Aller dans la reconstruction tout en pensant aux générations montantes. Ce même week-end, le parti du Tracteur organisait son Université d’été.